Alors que le conflit entre dans sa quatrième année et demie, les frappes russes se multiplient sur le territoire ukrainien. Selon nos confrères de 20 Minutes - Politique, ce vendredi 28 août, au 1 647e jour de guerre, les attaques ont causé la mort de quatre civils en Ukraine, dont trois dans des régions frontalières. À Karkhiv, un civil a été tué, tandis qu’à Kherson, une ville de 280 000 habitants avant le conflit, un homme de 61 ans a également perdu la vie. Dans la région de Dnipropetrovsk, deux autres décès sont à déplorer.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre morts civils enregistrés en une seule journée, dont trois dans des zones frontalières (Karkhiv, Kherson et Dnipropetrovsk).
- Les autorités de Kherson, ville du sud de l’Ukraine, appellent à l’évacuation face à l’intensification des frappes russes, risquant de priver la ville d’électricité et de chauffage avant l’hiver.
- Les Forces de défense ukrainiennes ont frappé une raffinerie russe située à 1 000 km de la ligne de front, dans la région de Iaroslavl, selon les déclarations du président Zelensky.
- Une autre raffinerie majeure, celle de Kstov (région de Nijni Novgorod), traitant 17 millions de tonnes de pétrole par an, serait désormais « fermée », d’après les renseignements ukrainiens.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky salue la position américaine, qualifiant de « réaliste » l’approche des États-Unis face à la guerre.
- La Fédération automobile d’Ukraine dépose une plainte devant la FIA contre la réintégration des pilotes russes et biélorusses dans les compétitions internationales.
Les autorités locales de Kherson ont lancé un appel urgent à l’évacuation de la population. La ville, située sur la rive droite du fleuve Dniepr, est désormais sous la menace directe des forces russes, positionnées sur la rive opposée. « La situation est particulièrement préoccupante avec l’arrivée de l’hiver, car les infrastructures énergétiques pourraient être gravement endommagées », a expliqué un responsable municipal, soulignant que « l’électricité et le chauffage risquent d’être coupés avant la saison froide ».
Côté russe, les autorités n’ont pas réagi officiellement à ces frappes. Cependant, les services de renseignement ukrainiens ont annoncé avoir « des preuves » de la fermeture de la raffinerie de Kstov, l’une des plus importantes du pays. Cette installation, qui traite annuellement 17 millions de tonnes de pétrole, représente un enjeu stratégique pour l’économie russe, déjà fragilisée par les sanctions internationales. Les forces ukrainiennes revendiquent également avoir visé avec succès une raffinerie dans la région de Iaroslavl, située à plus de 1 000 km des lignes de front. « Ces attaques montrent que la capacité de frappe ukrainienne s’étend bien au-delà des zones traditionnelles de combat », a indiqué un expert militaire sous couvert d’anonymat.
La réaction de Zelensky et le soutien américain
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est exprimé via Telegram ce vendredi pour saluer la cohérence de la position américaine. « Nous apprécions la cohérence des mesures prises et le fait que l’Amérique défende une vision parfaitement réaliste des actions à entreprendre », a-t-il déclaré. Zelensky a précisé avoir été informé par les États-Unis du contenu des discussions tenues à Moscou mardi entre le directeur de la CIA et les autorités russes, sans pour autant divulguer de détails. « La Russie doit mettre fin à la guerre, nous devons créer toutes les conditions nécessaires à cet effet », a-t-il insisté, réaffirmant l’objectif ukrainien d’une résolution négociée du conflit.
Ces déclarations surviennent alors que les tensions entre Washington et Moscou restent vives. Les États-Unis, principaux soutiens militaires et financiers de l’Ukraine, maintiennent leur ligne dure envers Moscou, tout en explorant des canaux de dialogue pour tenter de mettre fin aux hostilités. « La position américaine reste ferme : aucune normalisation des relations avec la Russie n’est envisageable tant que l’invasion se poursuit », a rappelé un haut responsable du Département d’État sous couvert d’anonymat.
Le sport automobile au cœur d’une polémique internationale
Un autre front s’ouvre sur le plan sportif. La Fédération automobile d’Ukraine (FAU) a annoncé ce vendredi avoir déposé une plainte formelle devant le comité d’éthique de la Fédération internationale de l’automobile (FIA). L’objectif ? Contester la réintégration des pilotes russes et biélorusses dans les compétitions internationales, décidée par le Conseil mondial du sport automobile (CMSA) le 3 août dernier. Cette levée des restrictions concerne aussi bien les pilotes en compétition individuelle que les équipes nationales, ainsi que l’utilisation des symboles et hymnes russes et biélorusses.
Pour la FAU, cette décision est « prématurée » compte tenu de l’absence de changement dans la situation en Ukraine. « Quatre ans et demi après l’invasion du 24 février 2022, les conflits persistent. Lever ces sanctions envoie un mauvais signal », a expliqué l’avocat français de la FAU, Robin Binsard. La plainte demande une enquête urgente de la FIA, seule autorité sportive nationale ukrainienne reconnue par l’instance internationale. « Nous ne pouvons accepter que des athlètes représentant des pays sous sanctions participent à des compétitions alors que la guerre fait toujours rage », a souligné un porte-parole de la FAU.
Ce 1 647e jour de guerre rappelle que le conflit, entré dans sa cinquième année, continue de faire des victimes civiles et de peser sur l’économie mondiale. Entre frappes ciblées, pression diplomatique et enjeux sportifs, l’Ukraine tente de maintenir la pression sur un adversaire russe qui, malgré les sanctions, conserve une capacité de nuisance intacte. Autant dire que la route vers la paix reste longue et semée d’embûches.
Kherson, située sur la rive droite du fleuve Dniepr, est désormais exposée aux tirs russes depuis que les forces de Moscou se sont installées sur l’autre rive. Les autorités locales craignent des coupures d’électricité et de chauffage avant l’hiver en raison des dégâts potentiels aux infrastructures énergétiques. La ville, qui comptait 280 000 habitants avant la guerre, a lancé un appel à l’évacuation face à cette menace.