Une découverte récente en Allemagne et les déclarations de la directrice générale de la sécurité intérieure française (DGSI) illustrent une menace croissante d’actions hostiles sur le sol européen. Selon le Figaro, Céline Berthon a estimé que la France devait envisager des scénarios de guerre hybride plus violents sur son territoire, après la découverte d’un drone explosif à Leipzig début août.
Ce qu'il faut retenir
- Un drone explosif a été retrouvé début août dans la zone sécurisée d’un aéroport allemand, à proximité d’avions-cargos ukrainiens, selon le Figaro.
- La directrice générale de la sécurité intérieure française (DGSI), Céline Berthon, a averti que la France devait se préparer à des actions hostiles plus violentes sur son sol.
- Les cibles potentielles incluent les entreprises de la base industrielle et technologique de défense (BITD), les sous-traitants, ainsi que les secteurs stratégiques comme l’énergie ou les communications.
- Les actions de guerre hybride attribuées à la Russie en Europe peuvent prendre des formes variées, allant des campagnes de désinformation aux tentatives de sabotage ou d’assassinat.
Un drone explosif à Leipzig, un signal d’alerte pour l’Europe
Le 6 août 2026, un drone chargé d’explosifs a été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret de l’aéroport de Leipzig, en Allemagne. Selon le Figaro, cet engin visait vraisemblablement un avion-cargo ukrainien participant au soutien logistique de l’armée ukrainienne. Quelques minutes plus tard, un second drone a heurté un appareil de la compagnie DHL, sans faire de victime. Dix jours plus tard, un troisième drone, également chargé d’explosifs, a été retrouvé dans un champ situé à l’ouest de l’aéroport, à Kabelsketal.
Cette série d’incidents a été perçue comme une escalade des opérations de guerre hybride en Europe. Si les autorités allemandes n’ont pas officiellement attribué ces actes à la Russie, Moscou est régulièrement pointé du doigt par les pays européens pour son implication présumée dans ce type d’actions. Ces méthodes, qui s’étendent des cyberattaques aux campagnes de désinformation, visent à déstabiliser les États sans déclencher de conflit ouvert.
La France en ligne de mire : quelles cibles pour les actions hostiles ?
Lors d’un débat organisé par le Medef, Céline Berthon, directrice générale de la sécurité intérieure (DGSI), a souligné que la France devait se préparer à des menaces plus directes et violentes. « La découverte d’un drone explosif à Leipzig qui devait selon toute vraisemblance viser un appareil ayant vocation à soutenir l’armée ukrainienne est un signal sur le fait que nous devons considérer comme possible des actions hostiles plus directes, violentes, pouvant survenir sur notre territoire national », a-t-elle déclaré. Selon elle, les entreprises françaises du secteur de la défense et leurs sous-traitants, ainsi que les secteurs stratégiques comme l’énergie ou les communications, pourraient être visés.
La cheffe du renseignement intérieur a également mis en garde contre un durcissement de la posture russe. « Dans le contexte de durcissement de la posture russe notamment, il nous faut intégrer l’hypothèse d’un durcissement et d’une aggravation des menaces qui pèsent sur les entreprises », a-t-elle précisé. En France, les actions attribuées à la Russie jusqu’à présent se sont surtout limitées à des opérations non violentes, comme la propagation de fausses nouvelles ou des survols de sites militaires par des drones, sans que Moscou ne soit directement désigné comme responsable.
La guerre hybride, une menace protéiforme
Les opérations de guerre hybride désignent un ensemble de méthodes utilisées pour déstabiliser un adversaire sans recourir à la force militaire conventionnelle. Selon le Figaro, ces actions peuvent inclure des cyberattaques, des campagnes de désinformation, des sabotages, ou encore des tentatives d’assassinat. En Europe, la Russie est régulièrement accusée d’en être à l’origine, bien que Moscou démente systématiquement ces allégations.
En France, les exemples concrets restent limités, mais certains incidents ont marqué les esprits. En 2024, des pochoirs représentant des mains rouges avaient été tagués sur le mémorial de la Shoah à Paris, un acte attribué à des groupes pro-russes. Plus récemment, des drones ont survolé des sites militaires sensibles, sans que les autorités ne fassent de lien direct avec Moscou. Ces événements illustrent la diversité des menaces auxquelles la France et ses partenaires européens doivent faire face.
Pour l’instant, aucune arrestation ni revendication n’a été officiellement liée à ces incidents en Allemagne. Les enquêtes se poursuivent, mais les autorités allemandes et françaises restent prudentes dans leurs déclarations, tout en appelant à une vigilance accrue. La question reste entière : ces actions sont-elles le prélude à une intensification des hostilités en Europe, ou s’agit-il d’une stratégie délibérée pour tester les réactions des pays occidentaux ?
La guerre hybride désigne l’utilisation combinée de méthodes conventionnelles, irrégulières et cyber pour déstabiliser un adversaire. Cela inclut des actions de sabotage, des campagnes de désinformation, des cyberattaques, des pressions économiques ou politiques, et des opérations de déstabilisation sociale. Contrairement à une guerre traditionnelle, ces méthodes visent à atteindre des objectifs stratégiques sans déclencher un conflit armé ouvert.