Selon Le Figaro, les conflits récents en Ukraine et en Iran illustrent une réalité géopolitique souvent sous-estimée : dans les guerres asymétriques, la puissance militaire conventionnelle ne garantit pas nécessairement une victoire rapide ou totale. Entre 2022 et 2026, deux grandes puissances, la Russie et les États-Unis, ont tenté de renverser des régimes adverses en tablant sur une supériorité tactique écrasante. Pourtant, ni Moscou ni Washington n’ont obtenu les résultats escomptés, démontrant que la résistance locale, le soutien international et la capacité d’adaptation jouent un rôle déterminant dans l’issue des conflits.
Ce qu'il faut retenir
- En février 2022, la Russie envahissait l’Ukraine en tablant sur une victoire éclair, mais plus de quatre ans plus tard, l’armée ukrainienne résiste toujours et reprend du terrain.
- En février 2026, une coalition dirigée par les États-Unis, incluant Israël, a lancé des frappes contre l’Iran dans l’espoir de provoquer l’effondrement du régime, sans succès pour l’instant.
- Les échecs de Moscou et Washington soulignent que les guerres modernes ne se gagnent plus uniquement par la force brute, mais aussi par la légitimité politique et la résilience des populations.
- En Ukraine, l’Occident a d’abord sous-estimé la capacité de résistance de Kiev, tandis qu’en Iran, les stratèges américains ont mal évalué la solidité du régime de Téhéran.
L’Ukraine, ou l’art de transformer une faiblesse militaire en atout politique
En février 2022, Vladimir Poutine lance une offensive générale contre l’Ukraine, convaincu que Kiev tomberait en quelques jours. Avec une armée russe quatre fois plus nombreuse et un équipement moderne, les stratèges du Kremlin tablaient sur une victoire rapide. Pourtant, comme le rapporte Le Figaro, la réalité s’est révélée bien différente. Face à l’invasion, le président ukrainien Volodymyr Zelensky refuse de quitter la capitale, galvanisant une résistance inattendue. Les Occidentaux, eux aussi sceptiques au départ, finissent par soutenir massivement Kiev, lui fournissant armes et renseignements. Résultat : plus de quatre ans après le début de la guerre, l’Ukraine non seulement tient, mais reprend progressivement des territoires occupés, notamment dans la région de Kharkiv et de Kherson en 2024.
Cette capacité à tenir et à contre-attaquer tient moins à une supériorité militaire qu’à une combinaison de facteurs : la mobilisation populaire, le soutien logistique occidental et l’incapacité russe à s’adapter à un conflit prolongé. « L’Ukraine propose désormais de mettre fin à cette guerre via un engagement direct entre les deux chefs d’État », a indiqué Zelensky dans une lettre adressée à son homologue russe, selon Le Figaro. Une proposition qui reste sans réponse à ce jour, mais qui illustre la volonté de Kiev de négocier depuis une position de force relative.
L’Iran, un régime qui résiste aux assauts extérieurs malgré les frappes
Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est au tour des États-Unis, épaulés par Israël, de tenter une manœuvre similaire en Iran. En février 2026, une série de frappes aériennes vise le régime iranien, dans l’espoir d’éliminer son guide suprême, Ali Khamenei, et de provoquer un changement de régime. Washington s’inspire alors du modèle vénézuélien, où l’assassinat du président Maduro en 2023 avait, selon certains analystes, précipité la chute de son gouvernement. Pourtant, comme le souligne Le Figaro, la réalité iranienne s’avère bien plus complexe.
Contrairement aux attentes, le régime de Téhéran ne s’effondre pas. Malgré des pertes humaines et matérielles, les autorités iraniennes maintiennent leur emprise, grâce à un appareil sécuritaire solide et à une propagande efficace. « La résistance du régime parvient à embarrasser Washington », explique un expert cité par Le Figaro. Le pays a même riposté en renforçant ses alliances régionales, notamment avec le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen, créant un front indirect contre Israël et ses alliés. Par ailleurs, des sources indiquent que Tsahal, l’armée israélienne, a tissé un réseau de positions clandestines dans plusieurs pays voisins de l’Iran, parfois à l’insu de leurs gouvernements. Ces bases, initialement conçues pour des missions d’urgence, servent désormais de postes de renseignement avancés.
Quand la supériorité tactique se heurte à la résilience stratégique
Ces deux conflits révèlent une tendance lourde des guerres modernes : la supériorité militaire ne suffit plus à garantir la victoire. En Ukraine, la Russie a sous-estimé la capacité de résistance d’une nation déterminée à défendre son indépendance. En Iran, les États-Unis ont ignoré la complexité d’un régime profondément ancré, où le pouvoir repose autant sur la répression que sur la légitimité populaire. Selon Le Figaro, ces échecs rappellent que dans les conflits asymétriques, la victoire dépend autant des capacités militaires que de la capacité à gagner le soutien de la population et des alliés internationaux.
Un autre facteur clé réside dans la durée. Les guerres prolongées épuisent les ressources, même des grandes puissances. La Russie, confrontée à des sanctions économiques et à une mobilisation partielle de sa population, voit son économie s’essouffler. De son côté, l’Iran, malgré son isolement, parvient à contourner partiellement les embargos grâce à des réseaux commerciaux informels. « Avec la guerre en Ukraine, un équilibre a été rompu entre le pouvoir et la population russe », analyse l’expert Grigory Vaïpan dans les colonnes du Figaro. Une observation qui pourrait s’appliquer à d’autres régimes en difficulté.
En conclusion, ces deux guerres illustrent une leçon simple mais souvent oubliée : dans un monde où les conflits sont de plus en plus asymétriques, la victoire ne se mesure pas seulement en termes de chars détruits ou de villes prises, mais aussi en termes de légitimité, de résilience et de capacité à mobiliser. Une réalité qui pourrait bien redéfinir les stratégies militaires des décennies à venir.
Selon Le Figaro, ces deux pays ont commis la même erreur : surévaluer leur supériorité militaire tout en sous-estimant la capacité de résistance de leurs adversaires. En Ukraine, Moscou a ignoré la détermination d’une nation en quête d’indépendance, tandis qu’à Washington, les stratèges ont cru que la chute d’un dirigeant suffirait à faire basculer le régime iranien, comme ce fut partiellement le cas au Venezuela. Ces erreurs s’expliquent par une vision trop linéaire des conflits, où la force brute prime sur les facteurs politiques et sociaux.
En Ukraine, les prochains mois seront marqués par des offensives locales pour reprendre des territoires occupés, tandis que la question de l’adhésion à l’OTAN pourrait revenir sur le devant de la scène. En Iran, la situation reste tendue, avec des risques de nouvelles escalades régionales, notamment en cas de frappe israélienne ciblée. Selon Le Figaro, Téhéran pourrait aussi chercher à renforcer ses alliances avec la Russie et la Chine pour contrebalancer les pressions occidentales.