La Guinée a officiellement sollicité la France pour la restitution des restes mortuaires de Bokar Biro et de trois de ses proches, selon RFI. Le ministre guinéen de la Culture, Moussa Moïse Sylla, a annoncé cette demande le 27 juillet 2026, dans le cadre d’un processus visant à réhabiliter la mémoire historique du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Bokar Biro était le dernier Almamy de l’État théocratique du Fouta-Djalon, cumulant les rôles de chef politique et religieux dans cette région historique de Guinée.
  • La demande de restitution porte sur son crâne ainsi que ceux de son frère, de son père et de son chef de guerre, quatre figures majeures de la résistance locale.
  • La demande a été officiellement déposée le 27 juillet 2026, marquant une étape concrète dans les revendications mémorielles guinéennes.
  • Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de restitution des biens culturels africains, porté par plusieurs pays du continent.

Un héritage historique contesté

Bokar Biro a dirigé le Fouta-Djalon à la fin du XIXe siècle, une période marquée par des conflits entre les pouvoirs locaux et les forces coloniales. Son statut d’Almamy, à la fois chef spirituel et temporel, en fait une figure centrale de l’histoire guinéenne. La restitution de ses restes, ainsi que ceux de ses proches, s’inscrit dans une démarche de réappropriation de l’histoire nationale, comme le souligne le ministre Moussa Moïse Sylla.

Le Fouta-Djalon, aujourd’hui intégré à la Guinée, était un État théocratique où le pouvoir était exercé au nom de l’islam. Bokar Biro y a joué un rôle clé avant sa défaite face aux troupes coloniales françaises, qui ont conservé certains de ses restes après la bataille.

Un dossier porté par la diplomatie culturelle

La demande guinéenne s’ajoute à une série de restitutions demandées par plusieurs pays africains, souvent sous l’impulsion de mouvements militants et d’institutions culturelles. Selon RFI, cette démarche s’appuie sur des textes internationaux, comme la convention de l’UNESCO de 1970 sur les biens culturels, tout en s’inscrivant dans une logique de justice historique.

Le ministre a précisé que cette restitution « constitue un acte fort de reconnaissance des souffrances endurées » par les populations locales. Il a également rappelé que ces restes ne sont pas seulement des objets archéologiques, mais des symboles d’une histoire encore vive dans la mémoire collective.

« La restitution de ces crânes est une étape essentielle pour la réconciliation avec notre passé et la consolidation de notre identité nationale. »
— Moussa Moïse Sylla, ministre guinéen de la Culture

Et maintenant ?

Si la demande a été officiellement transmise, les prochaines étapes dépendront des négociations entre les deux pays. Paris pourrait étudier la demande sous l’angle des conventions culturelles, mais aussi des enjeux diplomatiques liés à la coopération franco-africaine. Une réponse officielle est attendue d’ici la fin de l’année 2026, sans que l’on sache encore si la France donnera suite à cette requête.

Un mouvement plus large de restitution en Afrique

Cette demande s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays africains réclament le retour d’objets et de restes humains conservés dans des musées européens. En 2018, le Sénégal avait obtenu la restitution de 26 œuvres des collections du musée du Quai Branly, tandis que le Bénin négociait le retour de 26 trésors royaux. La Guinée, elle, mise sur la pression médiatique et diplomatique pour faire avancer son dossier.

Reste à savoir si la France, qui a déjà engagé des discussions avec plusieurs pays africains, répondra favorablement à cette demande. Pour l’heure, le dossier reste ouvert, sans garantie de succès. Une chose est sûre : la question des restitutions culturelles devrait continuer à animer le débat international dans les années à venir.

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La Guinée cherche à réhabiliter la mémoire de Bokar Biro et de ses proches, considérés comme des martyrs de la résistance contre la colonisation. Leur restitution symboliserait une forme de justice historique pour les populations du Fouta-Djalon.

La France a adopté une loi en 2020 autorisant la restitution de biens culturels à certains pays africains, comme le Sénégal et le Bénin. Cependant, chaque demande est étudiée au cas par cas, sans garantie automatique de réponse positive.