Alors que le bilan de la catastrophe survenue dans la décharge de Dar es Salaam, située près de la capitale guinéenne Conakry, s’alourdit chaque jour, le gouvernement a envoyé deux de ses membres pour apporter un soutien direct aux populations sinistrées. Trente-quatre morts et trente-trois blessés sont désormais recensés selon les dernières estimations transmises par les autorités locales. Ces chiffres, encore provisoires, pourraient évoluer dans les prochaines heures, comme l’a indiqué un responsable de la protection civile guinéenne à nos confrères de RFI.
Ce qu'il faut retenir
- L’éboulement survenu dans la décharge de Dar es Salaam a causé 34 morts et 33 blessés, selon les dernières estimations.
- Les autorités tentent de reloger les populations vivant aux abords du site, considéré comme dangereux.
- La ministre de la Santé et celle de l’Administration du territoire se sont rendues sur place mardi 25 août pour visiter les sinistrés.
- Les opérations de secours se poursuivent pour mettre à l’abri les riverains encore exposés.
Une décharge devenue un piège mortel
La décharge de Dar es Salaam, située en périphérie de Conakry, est devenue le théâtre d’une tragédie qui rappelle les risques liés à la gestion des déchets en Afrique de l’Ouest. Selon les premiers rapports, l’éboulement aurait été provoqué par des pluies diluviennes qui ont fragilisé les structures de stockage. Le site, déjà saturé, accumulait des tonnes de déchets depuis des années, un scénario que les experts qualifient de « bombe à retardement ». — *D’après des spécialistes locaux cités par RFI.*
Les secours, composés de pompiers et de membres de la protection civile, peinent à intervenir en raison de l’instabilité du terrain. Les opérations sont compliquées par la présence de familles entières qui, faute de solutions alternatives, continuent de squatter les abords du site. Les autorités ont lancé un appel au calme, tout en insistant sur la nécessité d’évacuer les zones à risque « sans délai ».
Les ministres sur le terrain pour évaluer la situation
Mardi 25 août, deux membres du gouvernement guinéen se sont rendus auprès des sinistrés pour prendre la mesure de la crise. La ministre de la Santé, Edwige Diané, et la ministre de l’Administration du territoire, Mariama Camara, ont visité les centres de relogement provisoires où sont accueillies les familles évacuées. «
Nous sommes ici pour garantir que chaque famille dispose d’un toit et d’un accès aux soins», a déclaré la ministre de la Santé à RFI. De son côté, Mariama Camara a rappelé que «
l’État ne peut tolérer que des citoyens vivent dans des conditions aussi précaires».
Les deux responsables ont également annoncé le déploiement de mesures d’urgence, dont la distribution de kits sanitaires et de vivres. Pourtant, des voix s’élèvent pour dénoncer le manque de transparence sur les causes exactes de l’éboulement. Des riverains interrogés par RFI évoquent « une gestion calamiteuse » du site, soulignant que les alertes avaient été ignorées pendant des mois.
Un drame qui rappelle les failles structurelles
Cette catastrophe met en lumière les défis auxquels font face les grandes villes africaines en matière de gestion des déchets. À Conakry, comme dans d’autres métropoles, les décharges à ciel ouvert restent une solution par défaut, faute de moyens pour moderniser les infrastructures. Selon la Banque mondiale, seulement 40 % des déchets urbains en Guinée sont collectés de manière sécurisée, un chiffre qui place le pays parmi les moins performants de la région.
Dans l’immédiat, les priorités des autorités semblent se concentrer sur deux axes : la sécurisation des zones à risque et l’amélioration des conditions de vie des populations déplacées. Mais pour les observateurs, cette crise est aussi l’occasion de repenser en profondeur la politique nationale de gestion des déchets. Autant dire que les décisions qui seront prises dans les semaines à venir pourraient avoir des répercussions bien au-delà de ce drame.
Les familles endeuillées, elles, attendent désormais réponses et réparations. Leurs revendications, portées par des associations locales, pourraient devenir le fer de lance d’une mobilisation plus large contre l’insalubrité chronique de la capitale guinéenne.
Selon les autorités locales citées par RFI, l’éboulement serait lié à des pluies diluviennes qui ont fragilisé les structures de stockage. Cependant, des riverains et des associations dénoncent une gestion défaillante du site, accumulant des déchets depuis des années sans mesures préventives.