« C’est génial, et forcément, on attend tous qu’une chose, c’est que les deux se retrouvent en finale. » L’enthousiasme de Raphaëlle Tervel, entraîneure de Brest, résume à lui seul l’effervescence qui règne ce week-end à Budapest, où deux clubs français, le Brest Bretagne Handball et le Metz Handball, sont qualifiés pour le Final 4 de la Ligue des champions féminine de handball 2026. Selon RMC Sport, c’est une première dans l’histoire du handball féminin tricolore : jamais deux équipes de France n’avaient atteint simultanément ce stade de la compétition européenne.

Ce qu'il faut retenir

  • Brest et Metz disputent les demi-finales ce 7 juin 2026 au MVM Dome de Budapest, évitant ainsi un duel franco-français dès ce stade.
  • Le tirage au sort a placé les Bretonnes face aux Hongroises de Győri ETO KC, tenants du titre, tandis que Metz affronte le club roumain de CSM Bucarest.
  • La finale, prévue demain 8 juin 2026, pourrait être 100% française, une première dans l’histoire de la compétition.
  • Aucune équipe féminine française n’a jamais remporté la Ligue des champions, un titre qui échapperait au handball tricolore depuis sa création.
  • Le championnat de France est dominé par ces deux formations, terminant la saison 2025-2026 avec 16 points d’avance sur le troisième.

Une première historique pour le handball féminin français

Pour la première fois de son histoire, le handball féminin français compte deux représentants en demi-finales de la plus prestigieuse compétition européenne. Selon RMC Sport, Brest et Metz ont réalisé un parcours remarquable cette saison, culminant avec leur qualification pour le Final 4, organisé à Budapest du 6 au 8 juin 2026. Les deux clubs évoluent dans le même hôtel sur l’île Marguerite, au nord de la capitale hongroise, où ils se côtoient sans pour autant s’affronter avant la finale.

Le tirage au sort a effectivement évité une confrontation dès les demi-finales, laissant la possibilité d’une finale 100% française. Un scénario inédit, alors qu’aucune équipe tricolore n’a jamais remporté la compétition. « C’est la preuve que c’est possible, on n’a pas 25 étrangères comme certains clubs, on a quand même ce côté *french handball* qui est là ! », a souligné Raphaëlle Tervel, entraîneure de Brest. Pour elle, cette double qualification est « le fruit d’une professionnalisation qui a commencé il y a une dizaine d’années ».

Brest et Metz, locomotives d’un championnat déséquilibré

Les deux formations dominent outrageusement le championnat de France cette saison. Selon les données de RMC Sport, Brest et Metz ont terminé la Ligue Butagaz Énergie à égalité de points, avec 16 points d’avance sur le troisième, Dijon. Les Bretonnes ont finalement remporté le titre à la faveur des buts marqués à l’extérieur lors de leurs confrontations directes cette saison. « C’est quand même extraordinaire, les garçons l’avaient fait il y a quelques années, mais je ne suis pas convaincu qu’on puisse en tirer des conclusions évidentes sur le niveau du championnat », a nuancé Emmanuel Mayonnade, entraîneur de Metz, en poste depuis une décennie.

La pivot de Metz, Sarah Bouktit, abonde dans ce sens : « Notre double présence au Final 4 ne représente pas forcément le niveau de la Ligue féminine parce qu’il y a quand même un gros écart entre Metz, Brest et les autres. » Pour elle, « cela prouve que le handball est un sport important en France et qu’il ne fait qu’évoluer », un constat partagé par la présidente de la Ligue Féminine de Handball (LFH), Nodjialem Myaro : « Je suis déjà très fière du beau parcours de nos clubs, c’est le signe qu’ils sont d’une très bonne qualité handballistique. »

Un contexte économique fragile, mais des structures solides

Si le hand féminin français brille en Europe, il évolue dans un contexte économique parfois fragile. Nodjialem Myaro a tenu à souligner cette dualité : « C’est aussi une complémentarité entre ce que font les clubs et les performances de notre équipe de France, parce que toute la saison, les joueuses veulent atteindre ce très haut niveau en club pour ensuite continuer dans cette dynamique-là en Bleues. » Pour elle, cette synergie entre les clubs et la sélection nationale est un gage de réussite. « On a des joueuses qui performent et des clubs bien structurés, même si le contexte économique général peut être fragile. »

Cette saison, le handball féminin tricolore a également brillé au niveau continental : la JDA Dijon a remporté la Ligue européenne (deuxième Coupe d’Europe) il y a quelques semaines, complétant ainsi le tableau flatteur pour le hand français. « C’est le signe qu’on a des clubs en haut de tableau qui sont bien structurés », a ajouté Myaro.

Un Final 4 sous haute tension à Budapest

Les demi-finales de ce week-end s’annoncent sous haute tension. Brest, qui affronte les Hongroises de Győri ETO KC, joue à domicile dans les faits, le MVM Dome n’étant qu’à 5 kilomètres de la Puskás Aréna, où le PSG a remporté sa deuxième Ligue des champions masculine il y a seulement une semaine. Pauline Coatanéa, ailière droite de Brest, a souligné : « Ça montre la qualité du championnat de France et la difficulté d’être championnes de France, il faut le souligner. »

De son côté, Metz affronte le CSM Bucarest, un club roumain solide mais qui ne semble pas à la hauteur des ambitions lorraines. Sarah Bouktit, la pivot messine, a avoué avec un sourire : « Je suis une grande supportrice du PSG donc j’aimerais beaucoup que ça marche autant pour nous que cela a marché pour eux. » Une déclaration qui illustre l’ambition des deux clubs tricolores de décrocher enfin le titre continental.

Et maintenant ?

Si Brest et Metz parviennent à se qualifier pour la finale, elles s’affronteront demain 8 juin 2026 au MVM Dome de Budapest. Une victoire dans cette compétition marquerait un tournant historique pour le handball féminin français, qui n’a encore jamais remporté la Ligue des champions. Les observateurs s’interrogent déjà sur l’impact d’un tel succès sur le développement du handball en France, notamment en termes de popularité et de structuration des clubs. Reste à voir si cette dynamique pourra se prolonger lors de la prochaine édition, prévue pour la saison 2026-2027.

Pour l’heure, les deux équipes se préparent intensément à ce rendez-vous européen, conscientes que chaque détail comptera dans cette quête du graal continental. Une chose est sûre : le handball féminin français n’a jamais été aussi proche de réaliser l’exploit.

La prochaine édition de la Ligue des champions féminine de handball débutera à l’automne 2026, avec les phases de groupes prévues à partir du mois de septembre. Les clubs français, s’ils réalisent de bons parcours, pourraient défendre leurs chances dès cette nouvelle campagne.

Aucun club français n’a encore remporté la Ligue des champions féminine de handball depuis sa création. Les deux finalistes les plus proches furent Brest en 2021 et Metz en 2024 et 2025, sans succès.