La saison 2025-2026 de la Ligue féminine de handball (LFH) s’est achevée hier soir à Créteil avec la remise des trophées individuels et collectifs, quelques heures après le sacre européen de Metz. Selon RMC Sport, cette cérémonie a confirmé la domination des deux clubs phares du hand français : le Metz Handball, champion d’Europe, et le Brest Bretagne Handball, sacré champion de France pour la première fois depuis quatre ans. Pourtant, les deux formations n’étaient pas représentées à la Maison du Handball, où leurs joueuses et entraîneures ont été célébrées en parallèle dans leurs villes respectives.
Ce qu'il faut retenir
- Sarah Bouktit, pivot de Metz, a été désignée meilleure joueuse de la saison pour la troisième année consécutive, avec 151 buts inscrits.
- Raphaëlle Tervel, entraîneure du Brest Bretagne Handball, a remporté le titre de meilleure entraîneure de Ligue Butagaz Énergie, malgré ses réserves sur les distinctions individuelles.
- L’équipe type de la saison reflète la suprématie de Metz, avec six joueuses sélectionnées, dont quatre membres du club champion d’Europe.
- Metz et Brest trustent la majorité des trophées, avec respectivement six et quatre distinctions.
- La révélation Eva Mbata, 21 ans, a été sacrée meilleure jeune joueuse pour ses performances avec Saint-Amand.
Cette saison restera comme celle d’un double basculement : d’abord sportive, avec le sacre continental de Metz qui met fin à l’hégémonie des Lorraines en LFH, puis institutionnelle, marquée par le départ de figures majeures du handball hexagonal. Sarah Bouktit, MVP du Final Four de la Ligue des champions et pivot emblématique, a confirmé sa place parmi les meilleures joueuses du monde en quittant Metz pour le club hongrois de Györ, finaliste malheureux de la compétition européenne. « C’est toujours un immense honneur de recevoir ce trophée de meilleure pivot pour la troisième saison consécutive », a-t-elle déclaré dans une vidéo diffusée lors de la cérémonie, avant d’ajouter : « Cela récompense des années de travail et de passion pour ce sport. »
Côté staff, Raphaëlle Tervel, entraîneure du BBH, a été élue meilleure technicienne de la saison malgré son scepticisme affiché envers ce type de distinctions. « Je ne suis pas fan de ces trophées individuels, et je ne comprends pas très bien pourquoi ce n’est pas Emmanuel Mayonnade, mon homologue de Metz, qui a reçu ce titre après le Final Four que l’on vient de vivre à Budapest », a-t-elle souligné dans une intervention vidéo. Pragmatique, elle a conclu : « Merci à ceux qui ont voté pour moi, et bon vent à tous ! » La saison de Tervel au BBH s’achève sur un titre de champion de France, mais aussi sur des adieux prématurés à la tête de l’équipe bretonne.
Une saison marquée par la rivalité Metz-Brest
Le palmarès 2025-2026 illustre la domination sans partage des deux clubs en Ligue Butagaz Énergie. Selon les chiffres communiqués par la LFH, Metz remporte six trophées, dont celui de meilleure joueuse et de meilleure demi-centre avec Léna Grandveau, tandis que Brest en décroche quatre, dont celui de meilleure arrière droite attribué à Anna Vyakhireva. Les votes, issus d’un panel composé de joueuses, d’entraîneures, de présidentes de clubs et de journalistes, ont permis d’établir une équipe type dominée par les Messines, avec six représentantes sur sept postes.
Parmi les surprises, la gardienne Léa Fargues (Strasbourg Achenheim Truchtersheim) et l’ailière gauche Suzanne Wajoka, toutes deux issues de clubs moins titrés, ont été récompensées. « Cette saison a montré que le handball féminin français peut compter sur une profondeur de talent exceptionnelle », a commenté un responsable de la LFH sous couvert d’anonymat. Le jury a également mis en lumière la jeune Eva Mbata, 21 ans, arrière droite de Saint-Amand, qui a inscrit 89 buts lors de sa saison rookie, un total qui en fait la révélation de l’année.
Un palmarès qui reflète les enjeux du handball français
La cérémonie de Créteil a aussi été l’occasion de dresser un bilan plus large de la saison. Avec 16 distinctions remises, la LFH a récompensé l’excellence sportive, mais aussi la diversité des parcours. Les votes, combinant avis des joueuses, des entraîneures et des médias, ont souligné l’équilibre du championnat français, où Metz et Brest ont alterné domination offensive et solidité défensive. « Cette saison a prouvé que la Ligue féminine est l’une des plus compétitives d’Europe », a rappelé un membre du comité de sélection des trophées.
Pourtant, cette saison 2025-2026 restera aussi celle des transitions. En plus des départs de Bouktit et Tervel, plusieurs joueuses clés ont annoncé leur retraite ou leur transfert à l’étranger, comme c’est le cas de Stine Nørklit Lønborg (Dijon), élue meilleure arrière gauche. « Le handball féminin français entre dans une nouvelle ère, où la jeunesse et l’internationalisation deviennent des atouts majeurs », a analysé un observateur du secteur. Les clubs devront désormais composer avec ces mouvements pour conserver leur compétitivité en LFH et en compétitions européennes.
Les défis à venir pour la LFH
Les remises de trophées ont aussi été l’occasion de rappeler les défis structurels et sportifs qui attendent la Ligue féminine. D’abord, la question de la fidélisation des talents : avec des joueuses comme Bouktit ou Vyakhireva attirées par des clubs étrangers mieux dotés, la LFH doit repenser ses modèles économiques pour éviter une hémorragie de ses cadres. Ensuite, la professionnalisation des staffs techniques, un point souligné par Tervel dans ses déclarations. « Un bon entraîneur ne se mesure pas seulement à son palmarès, mais aussi à sa capacité à former et à accompagner des joueuses », a-t-elle précisé.
Enfin, la LFH devra gérer l’héritage de cette saison exceptionnelle, où le handball féminin français a brillé sur la scène continentale. « L’objectif est désormais de convertir cette dynamique en stabilité », a indiqué un dirigeant de la fédération. Les prochains mois seront cruciaux pour les clubs, qui devront préparer leurs effectifs pour la saison 2026-2027, notamment en recrutant des joueuses capables de prendre la relève des figures parties.
Cette saison 2025-2026 restera donc comme un tournant pour le handball féminin tricolore, entre exploits sportifs et défis organisationnels. Si la domination de Metz et Brest a été confirmée, la question de leur pérennité et de celle de la LFH dans son ensemble reste entière. Une chose est sûre : le handball hexagonal n’a jamais été aussi médiatisé et compétitif qu’en cette année charnière.
Selon RMC Sport, Sarah Bouktit a signé un contrat avec le Győri Audi ETO KC, club hongrois qui évolue en première division et qui est un habitué des premières places en Europe. Son départ s’inscrit dans une logique d’expérience internationale, Györ étant l’un des clubs les plus prestigieux du handball féminin, avec à son actif 15 titres de Ligue des champions. Cette opportunité lui permettra également de découvrir un nouveau championnat et de continuer à progresser avant les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028.
Les lauréats des trophées LFH sont désignés par un vote combinant quatre collèges : le grand public (30 %), les joueuses de LFH (25 %), les entraîneures (25 %) et les présidentes de clubs (20 %). Chaque votant établit son propre classement par poste, et les points sont attribués selon le système de la première place (5 points), deuxième place (3 points) et troisième place (1 point). Les résultats sont ensuite additionnés pour déterminer les vainqueurs dans chaque catégorie.