« On a été brutalement confinés », confie l’un des quatre passagers français du MV Hondius, placés en quarantaine renforcée depuis le 11 mai à l’hôpital Bichat à Paris. Selon BMF - International, ces croisiéristes, identifiés comme cas contacts après l’épidémie d’hantavirus à bord du navire, ne présentent pourtant aucun symptôme et restent « en pleine forme », d’après les tests réalisés. Aucun d’eux n’a jusqu’à présent révélé de trace du virus.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre Français cas contacts sont isolés à l’hôpital Bichat depuis le 11 mai, sans présenter de symptôme d’hantavirus.
- Un passager français, testé positif, reste hospitalisé en réanimation à l’hôpital Bichat, tandis que les 26 cas contacts identifiés en France ont tous été testés négatifs.
- Sur les 11 cas d’hantavirus recensés dans le monde, huit sont confirmés porteurs de la souche Andes, dont deux décès.
- Le navire de croisière MV Hondius, à l’origine du foyer, a quitté les Canaries le 12 mai en direction des Pays-Bas, où il doit subir un nettoyage complet.
- Les autorités sanitaires françaises et internationales assurent que le risque de circulation du virus en France reste faible.
Un confinement imposé après un diagnostic positif à bord
Les quatre Français concernés ont été évacués sous haute protection des Canaries, où le navire avait fait escale après la détection du foyer. Leur arrivée en France s’est accompagnée d’un protocole strict : isolement en chambre à pression négative à l’hôpital Bichat, tests répétés et surveillance médicale quotidienne. « Aucun élément ne laisse penser à l’apparition d’un variant plus dangereux », a souligné la ministre de la Santé Stéphanie Rist le 14 mai, après que l’Institut Pasteur a réalisé le séquençage complet de la souche Andes détectée chez une passagère française. Une analyse rassurante, alors que les craintes d’une propagation interhumaine persistent.
Un bilan sanitaire contrasté en France et à l’international
En France, la situation reste maîtrisée. La passagère de 65 ans, seule Française testée positive à l’hantavirus, est toujours en réanimation à l’hôpital Bichat. Ses quatre enfants, également identifiés comme cas contacts, ont été testés négatifs. Selon BMF - International, les 26 cas contacts actuellement isolés en France ne présentent « aucun symptôme », et les derniers tests réalisés ce 14 mai confirment leur statut négatif. Pourtant, le gouvernement a maintenu les mesures d’isolement renforcé par précaution. « Il n’y a pas d’élément en faveur d’une circulation diffuse du virus sur le territoire national », a réaffirmé Stéphanie Rist lors d’une conférence de presse le 12 mai, en présence de six spécialistes.
À l’échelle mondiale, le bilan est plus préoccupant. Sur les 11 cas confirmés dans plusieurs pays (Canada, Pays-Bas, Taïwan, États-Unis, Royaume-Uni), huit sont porteurs de la souche Andes, responsable de deux décès. Aux Pays-Bas, un hôpital a dû mettre en quarantaine une partie de son personnel après des erreurs de procédure lors du traitement d’un patient infecté. Aux États-Unis, un Américain rapatrié du MV Hondius a été testé positif, tandis qu’un autre présente des symptômes légers. En Polynésie française, une passagère américaine a été placée en quarantaine sur l’île de Pitcairn après avoir transité par plusieurs avions et bateaux.
Des origines encore floues et une mission scientifique en Argentine
La ville d’Ushuaïa, en Argentine, d’où le MV Hondius a appareillé, rejette toute responsabilité dans l’épidémie. Pourtant, des rumeurs persistent quant à une possible origine locale, impliquant des rongeurs vecteurs du virus. Une mission scientifique doit se rendre sur place la semaine prochaine pour tenter de retracer le parcours des passagers et identifier d’éventuelles traces de contamination. « Des pièges ont été installés pour essayer de prouver le contraire », a indiqué une source locale à BMF - International.
En Argentine, des scientifiques ont étudié l’épidémie de 2019, qui avait fait 11 morts. Leurs travaux montrent que les mesures d’isolement avaient limité la propagation et que la plupart des transmissions interhumaines avaient eu lieu lorsque le patient présentait de la fièvre. Une leçon qui pourrait inspirer les protocoles actuels en Europe et en Amérique du Nord, où le port du masque et les gestes barrières restent recommandés par précaution.
Des débats politiques et des préparations sanitaires en question
La gestion de la crise a suscité des critiques, notamment de la part du député Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement national), qui accuse le gouvernement d’avoir « utilisé la crise de l’hantavirus pour gagner une semaine » sur les annonces d’aides au carburant. Une polémique relayée par certains médias, alors que la CGT du CHU de Rouen a dénoncé avoir appris l’hospitalisation d’un cas contact « par voie de presse ».
Côté préparations, le stock de masques en France est jugé « suffisant pour protéger le pays pendant minimum trois mois » en cas d’épidémie, selon Matignon. Une amélioration notable par rapport à la crise du Covid-19 en 2020, où les pénuries avaient marqué les esprits. L’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn a d’ailleurs estimé que le monde « est mieux préparé » face à de nouvelles pandémies, tout en soulignant que les leçons du Covid-19 avaient été tirées. Un sondage Elabe pour BFMTV publié le 13 mai révèle que 55 % des Français pensent avoir appris de la crise sanitaire précédente pour affronter une éventuelle nouvelle épidémie.
Pour l’instant, ni l’Organisation mondiale de la santé ni le gouvernement français n’envisagent un scénario de pandémie. Le professeur Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon, a d’ailleurs balayé cette hypothèse, jugeant que « beaucoup d’éléments vont contre l’idée d’une pandémie ». Reste à savoir si les prochaines semaines confirmeront cette analyse.