Dans un entretien accordé à l’agence de presse japonaise Kyodo, l’écrivain Haruki Murakami a réaffirmé, à l’occasion de la sortie de son dernier roman, que l’intelligence artificielle générative ne pourrait jamais égaler la singularité de son œuvre. Comme le rapporte Franceinfo - Culture, ce nouvel ouvrage, intitulé The Tale of Kaho (titre français : L’Histoire de Kaho), est disponible en librairie depuis la nuit du 2 au 3 juillet 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Haruki Murakami estime que l’IA ne peut reproduire le processus créatif d’un romancier, selon une interview publiée le 3 juillet 2026.
  • The Tale of Kaho, premier roman de Murakami centré sur un personnage féminin, est sorti dans la nuit du 2 au 3 juillet 2026.
  • L’auteur japonais souligne que l’écriture naît d’une inspiration soudaine et personnelle, inaccessible aux algorithmes.
  • Murakami a séjourné au Wellesley College, une université américaine réservée aux femmes, avant d’écrire ce livre.
  • Son œuvre, traduite en une cinquantaine de langues, explore souvent l’absurdité et la solitude de la vie moderne.

Un romancier face à l’IA : une différence de nature

Haruki Murakami n’a pas caché son scepticisme quant aux capacités de l’intelligence artificielle à produire des œuvres littéraires comparables aux siennes. Dans une interview publiée le 3 juillet 2026, il a expliqué que les modèles d’IA générative s’appuient sur des analogies avec des données existantes, alors que son propre processus créatif repose sur une inspiration immédiate et imprévisible. « L’IA prend en compte tout ce qui s’est passé jusqu’à présent et établit des analogies. Le processus par lequel j’écris des romans est complètement différent », a-t-il déclaré. Pour lui, la véritable création littéraire naît d’une « chose qui vous traverse soudainement l’esprit », un phénomène que les algorithmes ne pourraient pas reproduire.

Cette position n’est pas nouvelle chez Murakami, dont l’œuvre, marquée par des récits complexes et une exploration des émotions humaines, s’oppose à la logique de compilation des IA. L’écrivain, dont les livres comme La Ballade de l’impossible ou Kafka sur le rivage sont des références mondiales, a toujours défendu l’idée que l’art ne pouvait être réduit à une formule.

Un roman inédit : Kaho, un personnage féminin inédit

The Tale of Kaho marque une première pour Murakami : c’est son premier roman dont le personnage principal est une femme. Comme l’a indiqué son éditeur japonais Shinchosha, cette orientation narrative a été inspirée par une immersion dans un univers féminin. « J’avais le sentiment de voir le monde à travers des yeux différents de ceux que j’utilise habituellement », a expliqué l’auteur dans un entretien accordé au quotidien Asahi, publié le jour de la sortie du livre. « Bien sûr, je ne peux qu’imaginer comment les femmes voient le monde. Mais lorsque j’ai écrit Kafka sur le rivage, je regardais le monde à travers les yeux d’un garçon de 15 ans. En ce sens, un romancier peut devenir n’importe quoi. »

Pour nourrir cette perspective, Murakami a passé plusieurs semaines au Wellesley College, un établissement universitaire américain réservé aux femmes, avant de se lancer dans l’écriture. « Actuellement, les points de vue des femmes sont très valorisés, et je pense que le fait de baigner dans cette atmosphère a aussi influencé Kaho cette fois-ci », a-t-il précisé. Cette expérience illustre sa volonté de s’imprégner de nouveaux horizons pour enrichir sa narration.

Une carrière littéraire marquée par l’innovation et la traduction

À 77 ans, Haruki Murakami reste l’un des écrivains japonais les plus lus et traduits dans le monde. Ses romans, souvent qualifiés de « réalisme magique », mêlent absurdité, mélancolie et quête de sens, des thèmes universels qui ont séduit des millions de lecteurs. Traduit en une cinquantaine de langues, son œuvre a été saluée par la critique internationale, notamment pour sa capacité à capturer l’essence des émotions humaines dans un style épuré et accessible.

Son dernier roman s’inscrit dans cette lignée, tout en explorant une facette inédite de son talent. La sortie de The Tale of Kaho a d’ailleurs été saluée par les libraires japonais, comme en témoigne un message sur X (ex-Twitter) : « Le nouveau livre de Murakami, 夏帆 The Tale of KAHO, est sorti aujourd’hui. Plusieurs exemplaires se sont déjà vendus. »

« L’IA ne peut probablement pas [faire surgir quelque chose de nouveau qui vous traverse soudainement l’esprit]. »
— Haruki Murakami, dans une interview à Kyodo, 3 juillet 2026

Et maintenant ?

La sortie de The Tale of Kaho devrait alimenter les débats sur la place de l’intelligence artificielle dans la création artistique, un sujet déjà au cœur des préoccupations des milieux littéraires. Murakami, dont l’influence reste majeure, pourrait bien servir de référence pour ceux qui défendent une vision humaniste de l’art. La prochaine étape ? Une éventuelle traduction en français de ce nouvel ouvrage, qui devrait figurer parmi les sorties estivales des librairies. Reste à voir si les algorithmes tenteront, un jour, de s’en inspirer.

En attendant, les lecteurs pourront découvrir cette nouvelle œuvre, qui confirme, si besoin était, que le talent de Murakami réside bien dans ce que les machines ne pourront jamais imiter : l’imprévisible alchimie de l’inspiration.