Une proposition formulée mardi 16 juin 2026 lors des Assises du financement des universités, organisées pour repenser les ressources des établissements d’enseignement supérieur, suscite une vive opposition. Selon Le Monde – Education, l’une des pistes envisagées consisterait à porter les frais d’inscription à un niveau équivalant à 10 % des recettes globales des universités, une mesure qui pourrait profondément modifier le paysage de l’accès aux études supérieures en France.

Ce qu'il faut retenir

  • Les Assises du financement des universités se sont tenues le 16 juin 2026.
  • Une proposition vise à augmenter les frais d’inscription pour qu’ils représentent 10 % des recettes des établissements.
  • Cette mesure est critiquée par les organisations étudiantes, qui y voient une menace pour l’accessibilité aux études.
  • Les Assises réunissent des acteurs du monde universitaire et politique pour discuter du budget des universités.
  • Le gouvernement n’a pas encore pris de décision officielle sur ce sujet.

Les Assises du financement des universités, réunies le 16 juin 2026, avaient pour objectif d’explorer des solutions pour répondre aux difficultés budgétaires persistantes des établissements. Parmi les pistes évoquées, l’augmentation des frais d’inscription a rapidement cristallisé les tensions. Selon les projections présentées, cette hausse permettrait de dégager des recettes supplémentaires équivalant à 10 % du budget global des universités. Aujourd’hui, les frais d’inscription en licence s’élèvent en moyenne à 170 euros par an, un montant bien inférieur à celui pratiqué dans d’autres pays européens.

Cette proposition a immédiatement déclenché une levée de boucliers chez les représentants étudiants. « Augmenter les frais d’inscription, c’est prendre le risque d’exclure les étudiants les plus modestes », a réagi Lina Benali, porte-parole de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), contactée par Le Monde – Education. Les syndicats étudiants craignent que cette mesure ne renforce les inégalités sociales dans l’accès à l’enseignement supérieur, déjà fragilisé par la précarité croissante des jeunes. « Nous ne sommes pas opposés à un financement accru des universités, a ajouté Benali, mais cette solution serait contre-productive ».

Du côté des établissements, certains responsables reconnaissent la nécessité de trouver de nouvelles sources de financement. « Les universités sont sous-financées depuis des années, et cette piste mérite d’être étudiée sérieusement », a déclaré à Le Monde – Education le président de la Conférence des présidents d’université (CPU), Jean-Luc Dubois. Pour autant, il a souligné que « toute mesure doit être accompagnée de garanties pour éviter d’aggraver les disparités ». La CPU a d’ailleurs appelé à une concertation large avant toute décision.

Le gouvernement, de son côté, n’a pas encore tranché. Interrogé sur le sujet lors d’un point presse mercredi 17 juin, le ministre de l’Enseignement supérieur, Marc Durand, a indiqué que « aucune décision n’a été prise pour l’instant ». Il a rappelé que les Assises devaient remettre leurs conclusions d’ici la fin du mois, avant que le gouvernement ne se prononce. « Nous étudions toutes les options, y compris celles qui pourraient concerner les frais d’inscription, mais nous restons attentifs aux conséquences sociales », a-t-il précisé.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des conclusions des Assises, attendues d’ici fin juin 2026. Si la proposition d’une hausse des frais d’inscription devait être retenue, elle devrait faire l’objet d’un débat parlementaire avant une éventuelle application à la rentrée 2027. D’ici là, les organisations étudiantes ont d’ores et déjà annoncé leur intention de mobiliser leurs réseaux pour faire entendre leurs revendications.

Reste à savoir si cette mesure, si elle était adoptée, suffirait à résoudre les problèmes de financement des universités, ou si elle ne ferait qu’aggraver les inégalités déjà présentes dans le système éducatif français. Une chose est sûre : le débat est loin d’être clos.

Selon les discussions en cours lors des Assises, d’autres pistes incluent l’augmentation des subventions de l’État, la recherche de partenariats publics-privés, ou encore la mutualisation des ressources entre établissements. Aucune décision n’a encore été prise sur ces alternatives.