L’adoption des technologies d’intelligence artificielle (IA) par les entreprises et les investisseurs progresse, mais à un rythme jugé trop lent pour répondre aux attentes du marché. Selon le Journal du Coin, cette timide augmentation ne suffit pas à lever les doutes persistants sur la capacité du secteur à générer des retours sur investissement significatifs à court terme.

Ce qu'il faut retenir

  • Une croissance annuelle de 8 % enregistrée en 2025 pour les investissements dédiés à l’IA, un chiffre en deçà des prévisions des analystes.
  • Les acteurs du marché s’interrogent sur la viabilité économique des projets d’IA, faute de modèles clairs de rentabilité.
  • Les levées de fonds dans l’IA ont atteint 12 milliards d’euros en Europe, mais restent concentrées sur quelques licornes technologiques.

Des chiffres décevants malgré un intérêt croissant

Les investissements mondiaux dans les solutions d’IA ont progressé de 8 % en 2025, selon les dernières données compilées par le Journal du Coin. Ce taux, bien inférieur aux 25 % enregistrés en 2023, reflète un essoufflement relatif de l’engouement initial. Les secteurs de la santé et de la finance restent les plus actifs, représentant à eux seuls 45 % des fonds alloués.

Pourtant, les entreprises continuent de déployer des budgets importants dans l’automatisation et l’analyse prédictive. Un paradoxe qui s’explique en partie par la pression concurrentielle : « Ne pas investir dans l’IA, c’est prendre le risque de se faire distancer par des concurrents plus agiles », a expliqué Marie Dupont, analyste chez Crypto Insights, dans une récente étude.

Des doutes persistants sur la rentabilité

Malgré l’enthousiasme médiatique, les investisseurs restent prudents. Les retours sur investissement (ROI) des projets d’IA peinent à se matérialiser, notamment pour les petites et moyennes entreprises. Seulement 30 % des startups européennes spécialisées en IA affichent des bénéfices, selon un rapport publié en mars 2026 par l’Observatoire européen des technologies financières.

Les levées de fonds, autrefois pléthoriques, se raréfient pour les projets jugés trop risqués. Les fonds d’investissement se tournent désormais vers des segments plus matures, comme le machine learning appliqué à la cybersécurité ou à la logistique. Les startups en phase de pré-commercialisation peinent à lever plus de 5 millions d’euros, un seuil historiquement bas pour le secteur.

L’Europe en retard face aux États-Unis et à la Chine

L’Europe, souvent présentée comme un vivier d’innovation, accuse un retard significatif dans la course à l’IA. En 2025, les investissements américains ont atteint 85 milliards de dollars, contre 12 milliards pour l’Union européenne. La Chine, quant à elle, a investi plus de 60 milliards de dollars, principalement dans les infrastructures cloud et les semi-conducteurs dédiés.

Les réglementations strictes, comme le Règlement européen sur l’IA (AI Act), entré en vigueur en février 2025, freinent certains projets. « La complexité administrative dissuade les investisseurs, surtout les plus petits », a souligné un porte-parole de la Commission européenne, ajoutant que des assouplissements pourraient être envisagés d’ici fin 2026.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient être décisifs pour le secteur. Plusieurs échéances clés sont attendues : l’adoption définitive des lignes directrices de l’AI Act, prévue pour septembre 2026, ainsi que les résultats financiers des licornes technologiques spécialisées en IA, dont les rapports semestriels seront publiés en juillet. Les analystes estiment que une accélération des investissements ne sera possible qu’avec une meilleure visibilité sur la rentabilité.

Une question reste en suspens : le marché parviendra-t-il à concilier innovation et rentabilité, ou assistera-t-on à un nouveau ralentissement des investissements d’ici la fin de l’année ?

Selon les données 2025 du Journal du Coin, les secteurs de la santé (22 % des fonds) et de la finance (23 %) dominent largement, suivis par la logistique (15 %) et la cybersécurité (14 %).

Le texte, entré en vigueur en février 2025, impose des contraintes supplémentaires aux entreprises, notamment en matière de transparence et de gestion des risques. Plusieurs acteurs interrogés par le Journal du Coin évoquent un « frein administratif » ralentissant les projets, surtout pour les PME.