Le parquet du Puy-en-Velay a annoncé, ce jeudi 23 avril 2026, l’ouverture d’une seconde enquête visant un homme de 65 ans pour « injures publiques à caractère raciste », après les faits survenus dimanche 19 avril à Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire. Selon BFM - Faits Divers, cette affaire complexe mêle violences présumées avec une carabine à plomb, témoignages contradictoires et accusations de propos racistes, relancées par la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux.
Ce qu’il faut retenir
- Un homme de 65 ans a été interpellé le 19 avril 2026 après avoir brandi une carabine à plomb devant des enfants à Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire.
- Il a reconnu avoir tiré en l’air pour faire cesser le bruit, mais dément toute intention de viser les enfants, selon le procureur du Puy-en-Velay.
- Une seconde enquête pour « injures publiques à caractère raciste » a été ouverte après des témoignages contradictoires et la diffusion d’une vidéo où l’homme revendique son racisme.
- Aucune blessure n’a été constatée, mais un certificat médical a été établi pour un enfant de 10 ans, sans ITT.
- Le mis en cause, connu pour des faits de « travail dissimulé », sera jugé en juillet 2026 pour « violences avec arme sans ITT ».
- Les autorités envisagent de le reloger pour éviter tout nouveau conflit avec ses voisins.
Une intervention policière pour des bruits d’enfants
Tout commence vers 14 heures, dimanche 19 avril 2026, lorsque la police municipale d’Espaly-Saint-Marcel est alertée de la présence d’un homme armé en bas de son immeuble, dans cette commune de 3 500 habitants située au nord du Puy-en-Velay. Les forces de l’ordre interpellent un sexagénaire qui reconnaît avoir sorti une carabine à plomb pour protester contre les nuisances sonores causées par des enfants jouant à proximité. « Le mis en cause a confirmé avoir voulu impressionner les enfants, dont il disait ne plus supporter les bruits », a déclaré mardi le procureur du Puy-en-Velay, Antoine Jocteur-Monrozier, lors d’une conférence de presse rapportée par BFM - Faits Divers.
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme a admis avoir tiré en direction du ciel, sans viser personne. « Il reconnaît avoir brandi l’arme en l’air et même qu’un coup serait parti accidentellement », a précisé une source proche du dossier à BFMTV. Les policiers ont ensuite auditionné l’enfant de 10 ans et son père, présents sur les lieux. Aucun d’eux n’a évoqué de propos racistes lors de leur déposition initiale, et « aucun tir en direction des personnes n’a été constaté », a souligné le procureur.
Des témoignages qui divergent et une vidéo qui relance la polémique
Les déclarations du père de l’enfant ont pourtant évolué. Dans un second temps, il a affirmé aux enquêteurs que l’homme avait tenu des propos racistes, notamment « Dehors les noirs et les Arabes », lors de l’incident. Une version qui ne figurait pas dans la procédure initiale. « Pour une raison que l’on ignore, cela n’apparaît absolument pas dans les premiers comptes-rendus », a expliqué une source judiciaire à BFM - Faits Divers. Le père a également indiqué que son enfant, choqué par les faits, avait été vu par un médecin qui lui a délivré un certificat médical pour trois jours d’incapacité totale de travail (ITT). Aucun jour d’ITT n’avait été initialement constaté.
C’est alors qu’un article du Progrès, publié dans la soirée du lundi 20 avril, a relancé la polémique. Citant un témoin anonyme, le quotidien local rapportait que l’homme aurait tiré sur un enfant, le blessant à un mollet. Ces allégations ont été largement relayées sur les réseaux sociaux, accompagnées de la diffusion d’une vidéo montrant l’homme revendiquer son racisme : « Je suis raciste, je suis fier de l’être », déclarait-il en colère. Des réactions politiques ont rapidement suivi, certains élus demandant que l’affaire soit requalifiée en « acte de terrorisme », comme le député Sacha Houlié (Place publique, Vienne) ou Thomas Portes (LFI, Seine-Saint-Denis).
Le parquet contre-attaque et ouvre une seconde enquête
Face à la multiplication des informations contradictoires, le procureur Antoine Jocteur-Monrozier a rappelé, dès le 21 avril, que « des informations inexactes circulent » au sujet de cette affaire. Pourtant, devant l’ampleur prise par l’affaire, le parquet du Puy-en-Velay a décidé d’ouvrir une nouvelle procédure pour « injures publiques à caractère raciste ». « À ce stade, les enquêteurs procèdent à des auditions afin de vérifier ces faits », a simplement indiqué le magistrat à BFMTV. Le sexagénaire sera entendu ultérieurement sur ce volet, et les deux procédures pourraient être jointes pour un jugement global en juillet prochain.
Les investigations menées à son domicile n’ont révélé la présence d’aucune autre arme que la carabine à plomb utilisée ce jour-là. L’achat de ce type d’arme de catégorie D ne nécessite en effet aucune autorisation préalable en France. Le mis en cause, connu par ailleurs pour des faits de « travail dissimulé », a été libéré après une garde à vue et doit comparaître devant le tribunal judiciaire du Puy-en-Velay pour « violences avec arme sans ITT ».
Un conflit de voisinage à l’origine des tensions
Selon les informations recueillies par BFM - Faits Divers, les tensions entre le sexagénaire et ses voisins ne datent pas d’hier. Des démarches sont actuellement en cours pour organiser son relogement dans les prochains mois, afin d’éviter que de nouveaux incidents ne surviennent. « Ce qui est sûr, c’est qu’il y avait un vrai conflit entre cet homme et ses voisins, et qui ne date pas de ce week-end », a confirmé une source judiciaire sous couvert d’anonymat.
Cette affaire, qui a suscité une vive émotion et attiré l’attention de la porte-parole du gouvernement lors du compte rendu du conseil des ministres mercredi 22 avril, illustre les difficultés à démêler le vrai du faux dans les faits divers, surtout lorsque les réseaux sociaux s’en mêlent. Les propos tenus par l’homme dans la vidéo préexistante à l’incident ont en effet alimenté les interprétations les plus extrêmes, avant même que les enquêtes ne permettent d’établir la chronologie exacte des événements.
Cette affaire rappelle, une fois de plus, les risques de déformation des faits dans l’ère des réseaux sociaux, où une vidéo ou un témoignage anonyme peut suffire à déclencher une polémique nationale. Elle pose également la question de la gestion des conflits de voisinage et des mesures préventives à mettre en œuvre pour éviter l’escalade des tensions.
Le parquet du Puy-en-Velay a décidé d’ouvrir cette nouvelle enquête après qu’un père d’enfant et un témoin ont évoqué des propos racistes tenus par l’homme lors de l’incident. Ces déclarations, absentes des premières auditions, ont été confirmées après la publication d’un article du Progrès et la diffusion d’une vidéo où l’homme revendique son racisme. Les enquêteurs doivent désormais vérifier la véracité de ces allégations.
Le mis en cause, actuellement libre sous convocation, doit se présenter devant le tribunal judiciaire du Puy-en-Velay en juillet 2026 pour répondre des chefs de « violences avec arme sans ITT ». Une date pour son audition concernant les nouvelles accusations d’injures racistes n’a pas encore été fixée. Les deux procédures pourraient être jointes avant le procès.