Alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’amorce, les débats sur le financement des comptes publics reviennent sur le devant de la scène. Selon nos confrères du Figaro, la gauche mise sur une refonte de la fiscalité successorale, présentée sous le nom de « grande transmission ». Cette mesure vise à prélever davantage sur les héritages les plus élevés pour combler le déficit de l’État. Une stratégie que l’économiste Olivier Babeau, co-auteur avec Laurent Alexandre du livre Ne faites plus d’études (Buchet-Chastel, 2025), qualifie de « grande prédation » dans une tribune publiée par le quotidien.
Ce qu'il faut retenir
- La gauche propose de taxer davantage les successions les plus élevées, avec des seuils et des taux variables selon les partis.
- Raphaël Glucksmann souhaite prélever 15 milliards d’euros par an en taxant à partir de 2 millions d’euros d’héritage.
- Les Écologistes proposent une contribution de 10 % au-delà de 4 millions et de 20 % au-delà de 13 millions, tout en remettant en cause le pacte Dutreil.
- La France insoumise envisage un héritage maximal de 12 millions d’euros, avec un prélèvement à 100 % au-delà de ce seuil.
- Ces propositions reflètent une volonté commune de financer l’État social sans réduire les dépenses publiques.
Une fiscalité successorale au cœur des débats économiques
Pour rétablir les comptes publics, deux leviers s’offrent traditionnellement aux gouvernements : réduire les dépenses ou augmenter les recettes. Comme le rapporte le Figaro, la gauche privilégie la seconde option en ciblant les héritages les plus importants. Olivier Babeau, spécialiste de l’économie et co-auteur d’un essai critique sur le système éducatif, dénonce une approche qu’il juge « prédatrice ». Dans sa tribune, il souligne que cette stratégie consiste à « vider une poche pour remplir une autre », sans remettre en cause la structure de l’État social.
Cette proposition s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires accrues. Les projections de déficit pour 2026 et les engagements financiers de l’État rendent nécessaire une réflexion sur le financement des services publics. Pourtant, les modalités proposées par les différents partis de gauche divergent sur des points essentiels, notamment les seuils de taxation et les taux appliqués.
Les propositions des partis de gauche détaillées
Le Parti socialiste, porté par Raphaël Glucksmann, avance un projet ambitieux : taxer davantage les 1 % de successions les plus élevées, à partir de 2 millions d’euros. Le Figaro indique que ce dispositif permettrait de générer 15 milliards d’euros par an. Les Écologistes, de leur côté, proposent une contribution progressive : 10 % au-delà de 4 millions d’euros, puis 20 % au-delà de 13 millions d’euros. Leur programme inclut également la remise en cause du pacte Dutreil, un dispositif fiscal avantageux pour les transmissions d’entreprises.
La France insoumise, avec Jean-Luc Mélenchon en figure de proue, va encore plus loin. Son projet prévoit un héritage maximal de 12 millions d’euros, avec un prélèvement à 100 % au-delà de ce seuil. Une mesure radicale qui vise à réduire les inégalités en limitant la concentration des patrimoines. Cependant, les critiques, à l’image d’Olivier Babeau, soulignent les risques d’une telle politique : découragement de l’épargne, fuite des capitaux ou encore affaiblissement des transmissions familiales.
Un projet critiqué pour son manque de vision à long terme
Pour ses détracteurs, cette focalisation sur la fiscalité successorale reflète une vision à court terme des finances publiques. Selon nos confrères du Figaro, les opposants à ces mesures estiment qu’elles ne résoudront pas les problèmes structurels de l’économie française. L’économiste Olivier Babeau, dans sa critique, met en garde contre une « logique de prédation » qui pourrait, à terme, pénaliser la croissance et l’attractivité du pays. « Plutôt que de chercher à prélever davantage, il faudrait réformer en profondeur le modèle social », a-t-il déclaré dans une interview récente.
Les partisans de la « grande transmission » justifient leur approche par la nécessité de financer des services publics essentiels, comme la santé ou l’éducation. Ils rappellent que les inégalités de patrimoine se creusent en France, et que taxer davantage les plus aisés permettrait de redistribuer les richesses. Cependant, les débats restent vifs sur l’efficacité réelle de ces mesures et leurs conséquences économiques.
Enfin, cette discussion s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur l’équité fiscale et la soutenabilité des finances publiques. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si la gauche parviendra à fédérer autour d’un projet commun, ou si les divergences persisteront. Une chose est sûre : le sujet des successions promet de rester au cœur des débats politiques.
Le pacte Dutreil est un dispositif fiscal français qui permet, sous certaines conditions, de réduire les droits de succession lors de la transmission d’une entreprise familiale. Il vise à faciliter la pérennité des PME en limitant la pression fiscale. Les Écologistes et d’autres partis de gauche souhaitent le remettre en cause, estimant qu’il favorise les héritiers de grandes fortunes au détriment de l’équité fiscale.