Selon BFM Bourse, le sellier-maroquinier Hermès a enchaîné deux saisons de publications très décevantes, ce qui se traduit par une sous-performance notoire du groupe. Mais cette chute est-elle totalement justifiée ?
Le statut boursier d'Hermès a volé en éclat cette année, avec une chute de 25,7% sur l'ensemble de 2026, presque autant que LVMH (-28,93%) malgré une croissance bien plus vigoureuse et des qualités défensives éprouvées. Le groupe vient surtout d'enchaîner coup sur coup deux très lourdes punitions sur les deux dernières saisons de résultats.
Ce qu'il faut retenir
- La croissance d'Hermès a pourtant accéléré pour s'établir à 6,7%, pile en ligne avec les attentes.
- L'absence notoire d'amélioration de la dynamique du groupe en Chine a pu provoquer des dégagements.
- La direction a confirmé qu'elle comptait augmenter ses volumes de 6% dans la maroquinerie, mais en heures de production et non en unités de production.
Les explications
Charles-Louis Scotti, responsable de la recherche sur le luxe chez Kepler Cheuvreux, a expliqué à BFM Bourse que « la principale source de déception de certains investisseurs, selon moi, reste l'absence d'accélération en Asie hors Japon, cela demeure un point de crispation pour le marché ».
Bank of America a souligné que « la croissance chez nous est principalement faite d'heures car nos sacs sont faits à la main. Donc c'est une croissance d'abord en heures et après qu'est-ce que l'on fait avec cette heure ? Ce n'est pas la même chose de faire un sac en crocodile en une heure, c'est pas la même chose de faire un petit sac qu'un grand sac ».
Les perspectives
Les analystes divergent sur la question de savoir si Hermès peut rebondir après cette chute. UBS se demande si la taille de la marque, qui a vu ses revenus doubler entre 2019 et 2025, ne l'a pas rendu plus vulnérable aux cycles économiques et donc moins résiliente.
En revanche, Berbenberg a confirmé son opinion à l'achat sur le titre, seul groupe de luxe qu'il recommande d'acquérir dans son portefeuille. Deutsche Bank a également réitéré son avis à « acheter » sur le titre cette semaine.
En conclusion, la chute boursière d'Hermès est-elle exagérée ou est-elle justifiée ? Seuls les prochains résultats et les décisions de la direction pourront répondre à cette question.