Le mouvement islamiste libanais Hezbollah a jugé « offensante » une vidéo diffusée par la chaîne de télévision LBCI, qui caricature ses combattants et son chef, Naïm Qassem, sous les traits de personnages du jeu vidéo Angry Birds.
Selon Le Figaro, cette vidéo, publiée vendredi 1er mai 2026 sur les réseaux sociaux, met en scène des oiseaux dodus représentant les membres du Hezbollah, certains équipés de gilets explosifs et armés de lance-pierres. Face à eux, des cochons incarnent les Israéliens, pilotant des drones ou menant des frappes aériennes.
Ce qu'il faut retenir
- Le Hezbollah a dénoncé une vidéo publiée par LBCI qui caricature ses combattants et son secrétaire général, Naïm Qassem, en personnages d’Angry Birds.
- La chaîne LBCI, fondée dans les années 1980 par les Forces libanaises, a pris ses distances avec ce parti politique il y a plusieurs années.
- Le mouvement islamiste a qualifié la vidéo d’« insultante » et de « rabaissement du débat politique ».
- Cette polémique a provoqué une vague de réactions sur les réseaux sociaux, incluant des attaques contre le patriarche maronite Béchara Raï.
- Le président libanais Joseph Aoun a condamné toute atteinte aux figures religieuses et appelé à la retenue dans un contexte de tensions régionales.
- Le Liban traverse une crise majeure depuis le 2 mars 2026, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque contre Israël, déclenchant une escalade militaire qui a déjà fait plus de 2 600 morts.
Une vidéo jugée dégradante pour le Hezbollah
Dans un communiqué publié samedi 2 mai 2026, le Hezbollah a vivement réagi à la diffusion de cette vidéo par LBCI. Le mouvement a dénoncé des « insultes offensantes » qui, selon lui, « rabaissent le débat politique à un niveau répugnant ».
La parodie, qui circule depuis vendredi, représente les combattants du Hezbollah sous forme d’oiseaux verts, souvent associés à des gilets explosifs, tandis que les Israéliens sont incarnés par des cochons. Certains personnages israéliens pilotent des drones ou lancent des frappes aériennes, renforçant l’aspect belliqueux de la caricature.
Cette représentation a immédiatement suscité l’indignation du mouvement islamiste, qui n’a pas tardé à réagir publiquement. Le Hezbollah, proche de l’Iran et engagé dans un conflit ouvert avec Israël depuis le 2 mars 2026, considère cette vidéo comme une provocation inacceptable.
LBCI : une chaîne aux origines controversées
Fondée dans les années 1980 par les Forces libanaises, un parti chrétien historiquement opposé au Hezbollah, LBCI a progressivement pris ses distances avec cette formation politique. Malgré ce changement d’orientation, la chaîne reste perçue comme proche des milieux chrétiens conservateurs, ce qui n’a pas empêché la diffusion de cette vidéo controversée.
Si LBCI n’a pas encore réagi officiellement à la polémique, la publication de cette vidéo intervient dans un contexte médiatique libanais déjà tendu. Le pays du Cèdre, connu pour sa relative liberté d’expression comparée à d’autres nations arabes, voit régulièrement ses médias et artistes ciblés pour des propos jugés offensants envers des figures politiques ou religieuses.
La diffusion de cette caricature s’ajoute à une série d’incidents similaires qui ont émaillé la vie publique libanaise ces dernières années, reflétant les tensions communautaires persistantes.
Réactions en cascade et condamnation présidentielle
La publication de cette vidéo a provoqué une vague de réactions sur les réseaux sociaux. Des partisans du Hezbollah ont riposté en partageant des images insultantes du patriarche maronite Béchara Raï, plus haute autorité de l’Église maronite au Liban. Ces attaques ont suscité une vive émotion dans les milieux politiques et religieux.
Face à cette escalade verbale, le président libanais Joseph Aoun est intervenu publiquement pour condamner toute atteinte aux chefs des communautés religieuses, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes. Dans un communiqué diffusé samedi, il a appelé à « s’abstenir d’insultes personnelles », soulignant que le Liban traverse une période exigeant « une grande solidarité nationale ».
Cette prise de position reflète les craintes d’une aggravation des divisions internes dans un pays déjà fragilisé par une crise économique sans précédent et une instabilité politique chronique.
Un contexte régional explosif
Cette polémique s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu. Depuis le 2 mars 2026, le Liban est engagé dans un conflit ouvert avec Israël après que le Hezbollah a lancé une attaque transfrontalière. En représailles, Israël mène des frappes aériennes sur le territoire libanais, causant selon les autorités locales plus de 2 600 morts.
Malgré l’entrée en vigueur d’une trêve le 17 avril 2026, les violences se poursuivent sporadiquement, alimentant les craintes d’une escalade incontrôlable. Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, et Israël, allié des États-Unis, se livrent une guerre par procuration qui dépasse largement les frontières libanaises.
Dans ce climat de tensions extrêmes, les provocations médiatiques, comme cette vidéo, risquent d’attiser davantage les braises d’un conflit déjà difficile à maîtriser.
Cette affaire illustre une fois de plus la fragilité du Liban, tiraillé entre ses divisions internes et les pressions extérieures. Alors que le pays cherche désespérément à éviter une guerre totale, chaque incident, même mineur, peut avoir des répercussions imprévisibles.
Le Hezbollah considère que cette vidéo, en représentant ses combattants et son secrétaire général sous les traits de personnages de jeu vidéo, porte atteinte à son image et à sa crédibilité. Pour un mouvement qui se présente comme une force de résistance face à Israël, une telle caricature est perçue comme une provocation inacceptable, d’autant plus dans le contexte actuel de guerre ouverte avec l’État hébreu.
LBCI, fondée dans les années 1980 par les Forces libanaises, a pris ses distances avec ce parti politique il y a plusieurs années. La chaîne n’a pas encore réagi officiellement à la polémique, mais la diffusion de cette vidéo reflète les tensions persistantes entre les différentes communautés libanaises. Elle pourrait faire l’objet d’une enquête interne pour comprendre les raisons de la publication de ce contenu.