Selon BFM Business, la filiale française de Hitachi Rail, qui a pris une nouvelle dimension avec le rachat de l'activité Transports de Thales il y a deux ans, entend bien monter en puissance, notamment grâce aux services digitaux à haute valeur ajoutée.
Ces trains à grande vitesse sont de plus en plus visibles en Europe. A l'image des fameuses Frecciarossa, les flèches rouges de Trenitalia, qui circulent en Italie et en France et qui sont de plus en plus nombreuses à travers de massives commandes de l'opérateur historique transalpin (la dernière est de 74 unités pour 2 milliards d'euros). Cet industriel, c'est le japonais Hitachi Rail à qui on doit également les mythiques Shinkansen au pays du soleil levant où il existe depuis 120 ans.
Ce qu'il faut retenir
- Hitachi Rail veut 'pénétrer le marché français' pour se mesurer à Alstom.
- La filiale française de Hitachi Rail a pris une nouvelle dimension avec le rachat de l'activité Transports de Thales il y a deux ans.
- Les services digitaux à haute valeur ajoutée seront un levier clé pour la montée en puissance de Hitachi Rail en France.
- Hitachi Rail est présent en France depuis 110 ans mais sa montée en puissance est plus récente.
- Le groupe est devenu le numéro 4 mondial du ferroviaire avec désormais 1.000 salariés en France.
Hitachi Rail entend venir titiller l'acteur ultra-dominant qu'est Alstom. Mais en choisissant bien ses armes.
La volonté de pénétrer le marché français est réelle, assure Christophe Jeanney, CEO d'Hitachi Rail France, qui souligne que 'Hitachi Rail en Italie, c'est comme Alstom en France (le groupe y possède plusieurs usines pour fabriquer son ETR1000, NDLR). On souhaite pénétrer le marché français, on va essayer'.
L'entreprise mise d'abord sur les services digitaux ferroviaires clés en main, un secteur en pleine explosion et qui affiche une rentabilité bien plus facile à atteindre que le matériel roulant qui exige des investissements industriels colossaux.
'Nous gagnons des appels d'offres sur les lots de supervision ferroviaire et de billettique notamment pour le Grand Paris Express (200 à 300 millions d'euros). Nous modernisons le réseau ferré via le programme de signalisation ARGOS avec SNCF Réseau et Alstom, proposons des solutions technologiques frugales pour les réseaux régionaux', poursuit le dirigeant.
Hitachi essaye également de tirer son épingle du jeu dans les solutions de billettique. Les portiques, les distributeurs et le back office du Grand Paris Express sont fournies par l'entreprise 'et il y a le marché des régions' où les systèmes de distribution sont ouverts à la concurrence.
Le service et le digital représentent la clé des revenus et de la rentabilité. Chez Alstom par exemple, ils représentent désormais la moitié de l'activité (+40% en trois ans à 4,5 milliards d'euros) et l'industriel français investit pas moins de 500 millions d'euros par an dans le digital...
Hitachi Rail se positionne donc dans tous les domaines autour du matériel roulant. Mais comme toute entreprise liée au ferroviaire, 'ma première ambition est de délivrer en temps et en heure les contrats dans le cadre de marchés publics complexes et un peu figés', souligne Christophe Jeanney.
Et faire augmenter les revenus qui atteignent 100 millions d'euros en France sur les 4 milliards générés dans le monde avec près de 25.000 salariés.
