Thomas Ménagé, député du Loiret et porte-parole du groupe Rassemblement national (RN) à l'Assemblée nationale, était l'invité du 8h30 franceinfo ce dimanche 12 avril 2026. Il a partagé son analyse sur plusieurs dossiers brûlants de l'actualité internationale, entre tensions au Moyen-Orient, guerre au Liban et élections en Hongrie. Selon Franceinfo - Politique, le député a notamment critiqué la stratégie de Donald Trump dans la région, tout en saluant la position diplomatique française.
Ce qu'il faut retenir
- 21 heures de négociations entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad ont échoué à trouver un accord de paix au Moyen-Orient.
- 43 jours de guerre en Iran, où Donald Trump est accusé d'avoir « peut-être péché par orgueil » et d'avoir été « mal informé ».
- Au Liban, plus de 2 000 morts — dont 248 femmes, 165 enfants et 85 membres du personnel médical — depuis le début des frappes israéliennes le 2 mars 2026.
- Thomas Ménagé salue la position « tout juste » d'Emmanuel Macron dans le conflit, tout en critiquant la gestion interne de la crise en France.
- En Hongrie, les élections législatives de ce dimanche pourraient mettre fin à 16 ans de règne de Viktor Orbán, selon les sondages.
- Marine Le Pen a qualifié Orbán d'« allié », mais le RN précise qu'il existe des désaccords, notamment sur le droit des LGBT.
Donald Trump et la crise au Moyen-Orient : une stratégie jugée défavorable à la France
Thomas Ménagé a estimé que les positions de Donald Trump nuisaient aux intérêts de la France au Moyen-Orient. Après l'échec des négociations entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad — 21 heures de discussions infructueuses — le député du Loiret a pointé du doigt la gestion américaine du conflit. « Donald Trump ne s'attendait pas à ça, il a peut-être péché par orgueil, il a été mal informé, mal conseillé », a-t-il déclaré. Selon lui, cette implication des États-Unis dans la région emmène l'Europe, et la France en particulier, « dans une situation qui n'est pas utile, qui n'est pas favorable ».
Ce jugement rejoint les critiques formulées par le RN sur les droits de douane américains, perçus comme une menace pour l'économie française. Pourtant, Thomas Ménagé a rappelé que le Rassemblement national avait longtemps revendiqué une proximité avec le président américain, « un homme qui défend les intérêts de son parti, de son pays ». Il a cependant souligné que la stratégie actuelle de Trump en Iran, après 43 jours de guerre, risquait de s'avérer contre-productive pour les alliés européens.
La France et Israël : entre soutien et interrogations sur le droit humanitaire
Sur le dossier des frappes israéliennes au Liban, Thomas Ménagé a reconnu que le peuple libanais était « une fois de plus la victime collatérale de ces crises ». Selon les chiffres du gouvernement libanais, plus de 2 000 morts ont été recensés depuis le début des hostilités le 2 mars 2026, parmi lesquels 248 femmes, 165 enfants et 85 membres du personnel médical ou de secours. « Il y a une question qui doit se poser, c'est de savoir si Israël respecte totalement le droit de la guerre, le droit humanitaire, si les cibles sont les bonnes », a-t-il indiqué, tout en précisant ne pas avoir les éléments pour trancher.
Le député a appelé Israël à « être irréprochable » dans sa lutte contre le Hezbollah, tout en saluant la position d'Emmanuel Macron sur ce dossier. « Pour moi, [Macron] a tout juste », a-t-il affirmé. Il a ajouté que, si le RN était au pouvoir, « force est de constater qu'il n'y aurait pas énormément de choses supplémentaires » à entreprendre sur la scène internationale. « Ce n'est pas parce qu'on est dans l'opposition [...] qu'on doit toujours s'inscrire en opposition », a-t-il nuancé, tout en critiquant la gestion interne de la crise par le gouvernement français.
Hongrie : Viktor Orbán, allié controversé du RN face à un scrutin historique
Les Hongrois étaient appelés aux urnes ce dimanche 12 avril 2026 pour des élections législatives qui pourraient marquer la fin de 16 ans de pouvoir de Viktor Orbán. Selon les sondages des instituts indépendants, le parti Tisza du conservateur pro-européen Peter Magyar est en tête, ayant réussi en deux ans à fédérer une opposition capable de rivaliser avec le Premier ministre nationaliste. La popularité d'Orbán a décliné en même temps que celle de l'économie hongroise, ce qui a ouvert la voie à un changement politique.
Interrogé sur la visite récente de Marine Le Pen à Budapest, lors de laquelle elle a qualifié Orbán d'« allié », Thomas Ménagé a rappelé que le RN partageait avec le Premier hongrois une opposition commune à une « Europe qui prend de plus en plus de place ». « Orbán est un rempart à Von der Leyen », a-t-il affirmé. Cependant, il a précisé que des désaccords subsistaient, notamment sur le droit des LGBT. « On a souvent été interrogés sur ce sujet, et on a toujours dit qu'on est en opposition à Viktor Orbán », a-t-il rappelé. « Le peuple hongrois est plus conservateur, mais il n'a pas les mêmes positions » que le RN.
Une diplomatie française en équilibre, mais des critiques sur la gestion interne
Thomas Ménagé a salué la position d'équilibre adoptée par la France dans le conflit au Moyen-Orient, incarnée selon lui par Emmanuel Macron. « La position de la France aujourd'hui est plutôt celle d'Emmanuel Macron, mais pas celle de [Sébastien] Lecornu », a-t-il précisé. Il a reconnu que le gouvernement français faisait face à un « monde complexe », notamment avec Donald Trump, mais a estimé que Paris disposait des « clés » pour agir efficacement en interne.
Le député a pointé du doigt « l'impact et la gestion des impacts de cette crise en interne ». « Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu font avec des personnalités complexes, mais en France, ils ont la capacité d'agir », a-t-il souligné. Cette analyse reflète les tensions au sein de la majorité présidentielle sur la gestion des conséquences économiques et sociales de la crise internationale.
Thomas Ménagé a rappelé que, malgré les désaccords politiques, le RN cherchait à défendre les intérêts français sur la scène internationale. Reste à voir si cette ligne, à la fois critique envers l'Europe et prudente sur les alliances, trouvera un écho auprès de l'électorat dans les mois à venir.
Selon les autorités libanaises, plus de 2 000 morts — dont 248 femmes, 165 enfants et 85 membres du personnel médical ou de secours — ont été recensés depuis le début des frappes israéliennes le 2 mars 2026.
Le député du RN estime que l'implication américaine dans la région, après l'échec des négociations avec l'Iran, « emmène l'Europe et la France dans une situation qui n'est pas utile, qui n'est pas favorable ». Il accuse également Trump d'avoir « péché par orgueil » et d'avoir été « mal informé ».
