Dans une tribune publiée par la revue Sight & Sound, le cinéaste Quentin Tarantino, figure majeure du cinéma contemporain, dresse un bilan sans concession de l’industrie hollywoodienne post-Covid. Selon Euronews FR, il y dénonce une production devenue une « usine à saucisses sans saveur », minée par des erreurs de casting, des scénarios inconsistants et une démagogie assumée envers le public.

Avec des propos volontairement provocateurs, Tarantino n’hésite pas à comparer la qualité des films des six dernières années à celle des productions des années 1930. « Les défauts, les invraisemblances, la démagogie envers le public, les erreurs de casting ou de simples conneries pures et dures torpillent en général chaque nouveau film qui sort de cette usine à saucisses sans saveur qui s’appelait autrefois Hollywood », écrit-il. « De nos jours, la notion même de ce qu’est un film m’inspire davantage le mépris que l’indulgence. » Une attaque frontale qui reflète son désenchantement face à une industrie qu’il a contribué à façonner.

Ce qu'il faut retenir

  • Quentin Tarantino qualifie Hollywood de « usine à saucisses sans saveur » dans une tribune publiée par Sight & Sound.
  • Il critique les erreurs de casting, la démagogie envers le public et les scénarios inconsistants des productions récentes.
  • Le cinéaste affirme que les films des six dernières années font passer les années 1980 pour les années 1930 en termes de qualité.
  • Il salue malgré tout trois œuvres récentes : West Side Story (2021), Horizon: An American Saga (2024) et The Rip (Netflix).
  • Tarantino travaille actuellement sur une pièce de théâtre, The Popinjay Cavalier, prévue pour 2027 au West End londonien.
  • Son prochain film, The Adventures of Cliff Booth, réalisé par David Fincher, sortira en salles le 25 novembre 2026 avant d’être disponible sur Netflix le 23 décembre.

Une critique radicale de l’industrie cinématographique

Dans sa tribune, Tarantino ne se contente pas de décrire les faiblesses de Hollywood. Il les incarne par des exemples concrets, évoquant des films comme Wuthering Heights, Michael ou The Mandalorian and Grogu pour illustrer ce qu’il considère comme une déchéance. « Rien ne m’a vraiment saisi et emporté vers ce pays magique du plaisir où je me rendais régulièrement », confie-t-il. Pour lui, le cinéma contemporain a perdu sa magie, au point qu’il déclare : « Aujourd’hui, je préfère encore lire un livre. »

Cette prise de position intervient alors que le secteur du cinéma peine à retrouver son public après la crise sanitaire. Les blockbusters, souvent perçus comme des produits standardisés, dominent les salles, tandis que les salles indépendantes peinent à survivre. Tarantino, qui a marqué l’histoire du 7ᵉ art avec des œuvres cultes comme Pulp Fiction ou Kill Bill, incarne une génération de cinéastes dont la vision artistique s’est heurtée à l’évolution des pratiques industrielles.

Des exceptions qui confirment la règle

Malgré ses critiques acerbes, Tarantino admet qu’il existe encore des œuvres récentes qui ont su capter son attention. Parmi elles, West Side Story, adaptation du classique musical signée Steven Spielberg en 2021, et le diptyque Horizon: An American Saga, réalisé par Kevin Costner en 2024. Ces projets, bien que différents dans leur approche, partagent une ambition narrative et une esthétique soignée qui ont su séduire le cinéaste.

Mais c’est un troisième titre qui retient particulièrement son attention : The Rip, un film policier diffusé sur Netflix avec Matt Damon et Ben Affleck. « Un nouveau film à suspense est sorti, qui m’a accroché et m’a tenu en haleine pendant toute sa durée », explique Tarantino. Il souligne la qualité de la mise en scène de Steven Carnahan, la distribution, le travail du directeur de la photographie Juan Miguel Azpiroz, et surtout « le scénario sensationnel » coécrit par Carnahan et Michael McGrale. Un hommage rare de la part d’un réalisateur aussi exigeant.

Tarantino entre scène et écran : un agenda chargé

Alors que Hollywood semble lui inspirer un mépris croissant, Tarantino diversifie ses projets. Il travaille actuellement sur The Popinjay Cavalier, une comédie de cape et d’épée se déroulant dans l’Europe des années 1930. Cette pièce de théâtre, qui marquera sa première incursion sur les planches, est prévue pour une première mondiale dans le West End londonien en 2027. Une occasion pour lui de renouer avec une forme d’art qu’il n’a que rarement explorée.

Côté cinéma, son prochain film, The Adventures of Cliff Booth, s’annonce comme un événement. Suite directe de Once Upon a Time in Hollywood (2019), ce projet sera réalisé par David Fincher et scénarisé par Tarantino lui-même. La sortie en salles est prévue pour le 25 novembre 2026, suivie d’une diffusion sur Netflix le 23 décembre de la même année. Un calendrier qui rappelle les stratégies hybrides adoptées par les studios pour toucher différents publics.

Et maintenant ?

La sortie prochaine de The Adventures of Cliff Booth pourrait offrir un nouvel éclairage sur l’évolution des rapports entre Tarantino et Hollywood. Si le film rencontre le succès critique ou public, il pourrait relancer le débat sur la qualité des productions contemporaines. À l’inverse, un accueil mitigé risquerait de renforcer les positions les plus pessimistes du cinéaste. Dans les deux cas, son projet théâtral et cette suite filmique confirment son refus de se retirer totalement de la scène artistique, malgré ses critiques virulentes.

Quant à l’industrie hollywoodienne, les réactions à la tribune de Tarantino pourraient servir de catalyseur pour une réflexion sur les pratiques de production. Alors que les algorithmes et les formules toutes faites dominent de plus en plus les choix créatifs, le désarroi exprimé par un réalisateur emblématique du cinéma d’auteur met en lumière les tensions persistantes entre art et commerce.

Tarantino travaille actuellement sur une pièce de théâtre intitulée The Popinjay Cavalier, prévue pour 2027 au West End londonien. Côté cinéma, il prépare The Adventures of Cliff Booth, une suite de Once Upon a Time in Hollywood, réalisée par David Fincher et dont la sortie en salles est prévue pour le 25 novembre 2026, avant une diffusion sur Netflix le 23 décembre.

Le cinéaste a exprimé son admiration pour West Side Story (2021) de Steven Spielberg, le diptyque Horizon: An American Saga (2024) de Kevin Costner, et le film policier The Rip (Netflix) avec Matt Damon et Ben Affleck.