Le film documentaire «Holy Destructors», réalisé par la cinéaste lituanienne Aiste Zegulyte, propose une réflexion visuelle et poétique sur le passage du temps en s’appuyant sur le champignon comme métaphore centrale. Selon Libération, l’œuvre dévoile un univers où la mort n’est pas perçue comme une fin absolue, mais comme une transformation nécessaire, une renaissance permanente.

Ce qu'il faut retenir

  • «Holy Destructors» est un film documentaire lituanien réalisé par Aiste Zegulyte, sorti en 2026.
  • Le film utilise le champignon comme métaphore du passage du temps et de la transformation.
  • L’œuvre aborde la mort non comme une fin, mais comme un processus de renaissance.
  • La cinéaste explore une vision cyclique de la vie, inspirée par des observations de la nature.
  • Le documentaire a été salué pour son approche visuelle et poétique de thèmes universels.

Une œuvre ancrée dans une démarche artistique exigeante

Réalisé par Aiste Zegulyte, «Holy Destructors» s’inscrit dans une tradition cinématographique où le documentaire transcende le simple reportage pour devenir une expérience esthétique et philosophique. Comme le rapporte Libération, la cinéaste lituanienne, connue pour son travail sur les liens entre l’homme et la nature, a choisi d’utiliser le champignon comme fil conducteur de son récit. Ce choix n’est pas anodin : les champignons, organismes à la fois destructeurs et régénérateurs, symbolisent parfaitement le cycle perpétuel de la vie et de la mort.

Le film s’appuie sur des images tournées dans des forêts lituaniennes, où Zegulyte a capté la lenteur des processus naturels. «Le champignon est un miroir de notre propre existence», explique-t-elle dans une interview accordée à Libération. «Il se nourrit de ce qui meurt pour faire naître autre chose». Cette vision, à la fois scientifique et spirituelle, confère au documentaire une dimension presque mystique, tout en restant ancrée dans une démarche documentaire rigoureuse.

Une réflexion sur la mort comme étape d’un cycle éternel

L’originalité de «Holy Destructors» réside dans sa capacité à transformer une idée abstraite — la mort — en une expérience sensorielle et visuelle. Selon Libération, le film évite tout pathos pour privilégier une approche contemplative, où les images de décomposition côtoient celles de germination. Les spectateurs sont ainsi invités à méditer sur l’idée que la fin d’une vie ouvre la voie à une nouvelle existence, que ce soit à travers la décomposition organique ou la régénération des écosystèmes.

Le documentaire s’appuie sur des interviews de scientifiques et de philosophes, qui viennent éclairer les observations de la cinéaste. Parmi eux, le mycologue lituanien Vytautas Rančelis y apporte un éclairage sur le rôle des champignons dans les cycles biologiques. «Ces organismes sont les architectes invisibles de la vie», souligne-t-il. «Sans eux, la Terre serait recouverte de cadavres et de déchets». Une affirmation qui résume à elle seule la philosophie du film : la mort n’est pas une rupture, mais une étape.

Une esthétique immersive au service d’un message universel

Visuellement, «Holy Destructors» se distingue par sa photographie soignée, où les plans serrés sur les champignons en décomposition côtoient des vues aériennes de forêts en pleine régénération. La bande-son, composée de bruits naturels et de compositions minimalistes, renforce l’immersion du spectateur dans ce monde où la beauté émerge souvent de la destruction. Libération souligne que le film évite les clichés écologistes pour proposer une méditation plus large sur le temps et la permanence.

Le documentaire a été présenté en avant-première au Festival international du film documentaire de Jihlava en octobre 2025, où il a reçu un accueil chaleureux de la part du public et de la critique. Plusieurs projections sont prévues en France et en Europe au cours de l’année 2026, avec des débats organisés autour des thèmes abordés. Pour Aiste Zegulyte, ce projet représente une étape importante dans sa carrière : «Je voulais montrer que la nature n’est pas un décor, mais un acteur à part entière de notre existence», confie-t-elle.

Et maintenant ?

Après sa sortie en salles et sa diffusion dans les festivals, «Holy Destructors» devrait faire l’objet de discussions dans le milieu académique, notamment dans les cursus de philosophie et d’écologie. Une version restaurée en 4K est également prévue pour une sortie en Blu-ray à l’automne 2026, tandis qu’un livre d’accompagnement, réunissant les textes des intervenants du film et des photographies inédites, est en cours de préparation. Enfin, la cinéaste a évoqué la possibilité d’une suite, explorant d’autres métaphores naturelles, mais rien n’a encore été confirmé.

Avec «Holy Destructors», Aiste Zegulyte signe un film qui dépasse le cadre du documentaire traditionnel pour devenir une expérience cinématographique à part entière. Entre beauté visuelle et profondeur philosophique, l’œuvre invite à repenser notre rapport à la mort, non plus comme une fin, mais comme une transformation — une idée aussi ancienne que le monde, mais que le cinéma n’avait encore jamais explorée avec autant de poésie.

D’après Libération, la cinéaste lituanienne s’est intéressée aux champignons après avoir observé leur rôle central dans les écosystèmes locaux. Son inspiration vient également d’une réflexion personnelle sur le temps et la disparition, thèmes récurrents dans son travail.