Le Parlement hongrois a massivement rejeté, ce 27 mai 2026, le projet de loi visant à retirer le pays de la Cour pénale internationale (CPI). Une décision qui met fin aux ambitions de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán, lequel souhaitait soutenir son allié israélien, Benyamin Nétanyahou, visé par un mandat d’arrêt international. Le texte a été rejeté par une large majorité de députés, selon un décompte confirmé par plusieurs médias internationaux.

Ce qu'il faut retenir

  • Le projet de loi hongrois, présenté en 2025, proposait une sortie de la CPI et une prise de position en faveur de Benyamin Nétanyahou.
  • Le Parlement a rejeté le texte à une large majorité, mettant fin aux velléités de Viktor Orbán.
  • Benyamin Nétanyahou est visé par un mandat d’arrêt international émis par la CPI pour crimes de guerre présumés.
  • Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions entre la Hongrie et les institutions européennes sur le respect de l’État de droit.

Un projet de loi controversé porté par Viktor Orbán

Le texte, déposé en 2025 par l’exécutif d’alors, visait à retirer la Hongrie de la juridiction de la CPI. Orbán avait justifié cette initiative par la nécessité de soutenir Benyamin Nétanyahou, dont le gouvernement est accusé de violations du droit international. Le Premier ministre israélien fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, émis en 2023 pour des crimes de guerre présumés commis dans les Territoires palestiniens. La Hongrie, dirigée à l’époque par Orbán, avait alors adopté une position ferme en faveur de Jérusalem.

Selon Le Monde, la proposition de loi avait suscité une vive opposition au sein du Parlement hongrois, notamment parmi les partis d’opposition et les défenseurs des droits humains. Les critiques dénonçaient une tentative de contourner les mécanismes internationaux de justice, tout en renforçant les liens diplomatiques avec Israël.

Une large majorité contre la sortie de la CPI

Le vote, organisé ce 27 mai 2026, a abouti à un rejet clair du projet. Plus de 60 % des députés ont voté contre, selon les résultats officiels. Cette décision marque un coup d’arrêt aux ambitions d’Orbán, qui avait fait de la défense de Nétanyahou une priorité diplomatique. «

La Hongrie reste attachée à ses engagements internationaux et à la lutte contre l’impunité », a déclaré Márta Demeter, porte-parole du groupe parlementaire du parti au pouvoir, le Fidesz.

Les observateurs soulignent que ce rejet intervient dans un contexte où Budapest est déjà sous surveillance accrue de l’Union européenne pour des réformes judiciaires jugées régressives. La Hongrie est le seul État membre de l’UE à avoir menacé de quitter la CPI, une position qui l’isole davantage sur la scène internationale.

Quels enjeux pour la CPI et la Hongrie ?

Cette décision ouvre la voie à une normalisation des relations entre la Hongrie et la CPI, après des années de tensions. La Cour, basée à La Haye, reste un pilier de la justice internationale, et son mandat inclut la poursuite des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. La Hongrie, signataire du Statut de Rome depuis 2002, avait pourtant joué un rôle actif dans les négociations initiales.

Pour les défenseurs des droits humains, ce vote représente une victoire. «

La Hongrie envoie un signal fort en restant dans le giron de la CPI, malgré les pressions politiques
», a réagi András Kádár, co-président de l’ONG Hungarian Helsinki Committee. Cependant, le gouvernement actuel, bien que moins eurosceptique qu’Orbán, maintient une ligne ferme sur la souveraineté nationale, ce qui pourrait limiter les avancées futures.

Et maintenant ?

Cette décision pourrait renforcer la position de la Hongrie au sein de l’UE, alors que les négociations sur l’État de droit restent bloquées. Les prochaines étapes dépendront de la capacité du gouvernement à concilier ses engagements internationaux avec les attentes de ses électeurs. Une révision de la législation hongroise pour se conformer aux standards européens pourrait être envisagée d’ici la fin de l’année, mais aucune annonce officielle n’a été faite pour l’instant.

Pour l’heure, la CPI peut poursuivre ses enquêtes sans entrave en Hongrie, et Benyamin Nétanyahou reste sous la menace d’un mandat d’arrêt en cas de déplacement en Europe. La question de l’immunité des dirigeants israéliens reste donc entière, tandis que Budapest tente de retrouver une place centrale dans les débats européens.

Orbán avait présenté ce projet de loi pour soutenir Benyamin Nétanyahou, visé par un mandat d’arrêt international de la CPI. Il estimait que la Hongrie devait adopter une position ferme en faveur d’Israël, malgré les accusations de crimes de guerre portées contre le gouvernement israélien.