Dès la rentrée universitaire de septembre 2026, les étudiants hongrois pourront à nouveau participer au programme Erasmus, après près de quatre ans d’exclusion. Selon Courrier International, cette décision fait suite à un accord conclu le 29 mai à Bruxelles, mettant fin au blocage des fonds européens imposé à la Hongrie.
« Nous allons ramener l’enseignement supérieur hongrois en Europe », avait déclaré Judit Lannert, ministre de l’Éducation nationale du nouveau gouvernement de Peter Magyar, le 12 mai dernier. Cet accord prévoit également la restauration de l’autonomie des universités hongroises, ainsi que la suppression des fondations d’intérêt public créées sous le gouvernement précédent. Ces structures, jugées peu transparentes et politiquement influencées, avaient entraîné l’exclusion des établissements concernés des programmes Erasmus et Horizon Europe dès fin 2022.
Ce qu'il faut retenir
- Les étudiants des 21 universités hongroises exclues d’Erasmus depuis 2022 pourront participer au programme dès septembre 2026.
- L’accord de Bruxelles impose à Budapest de restaurer l’autonomie des universités et de supprimer les fondations d’intérêt public mises en place sous Viktor Orbán.
- Le blocage des fonds européens, dont 6,3 milliards d’euros de cohésion, avait été décidé par le Conseil des 27 en décembre 2022 pour non-respect de l’État de droit.
- Les universités hongroises étaient exclues d’Erasmus et d’Horizon Europe en raison du manque de transparence des fondations et des liens politiques de leurs dirigeants.
Un retour attendu depuis des années
La réintégration d’Erasmus intervient après une période d’isolement académique pour les universités hongroises. Selon les informations rapportées par Telex et confirmées par plusieurs médias, ces établissements n’ont plus pu bénéficier des échanges étudiants ni des financements européens depuis la fin 2022. La décision européenne s’appuyait sur un constat clair : l’ingérence politique dans la gestion des universités via les fondations d’intérêt public, jugées opaques et sous influence gouvernementale.
Parmi les établissements concernés figure l’université d’art appliqué Moholy-Nagy, à Budapest, dont un étudiant a été photographié en mai 2023, illustrant symboliquement l’absence d’échanges pendant cette période. Cette université, comme les 20 autres, avait vu ses subventions gelées et ses programmes d’échange suspendus, privant des milliers d’étudiants hongrois d’opportunités de mobilité.
Un compromis sous conditions
L’accord conclu à Bruxelles marque un tournant dans les relations entre la Hongrie et l’Union européenne. En échange du déblocage des fonds et de la réintégration d’Erasmus, Budapest s’est engagée à réformer son système universitaire. La suppression des fondations d’intérêt public, souvent critiquées pour leur manque d’indépendance, constitue l’une des principales mesures imposées par Bruxelles.
Ces fondations, créées sous l’ère Orbán, avaient pris le contrôle de plusieurs universités, notamment en plaçant des proches du pouvoir à leur tête. Selon HVG, cette situation avait conduit à des « liens politiques » dans les conseils d’administration, incompatible avec les exigences d’autonomie et de transparence de l’UE. Les universités concernées, désormais libérées de cette tutelle, devraient retrouver une gestion plus indépendante.
Erasmus, un symbole de la réintégration européenne
Le retour d’Erasmus en Hongrie est perçu comme un geste fort de réconciliation avec Bruxelles. Le programme, symbole de la coopération académique européenne, avait été suspendu en représailles aux manquements hongrois en matière d’État de droit. Pour Eduline, cette réintégration envoie un signal positif aux étudiants et aux partenaires internationaux.
Judith Lannert a souligné que cette décision permettrait de « normaliser » la position de la Hongrie dans l’espace européen de l’éducation. « Nous devons montrer que notre pays est prêt à respecter les standards européens », a-t-elle expliqué. Cette réouverture intervient alors que le gouvernement de Peter Magyar tente de rétablir la confiance avec les institutions bruxelloises, après des années de tensions.
Une question se pose désormais : dans quelle mesure ces changements dureront-ils, une fois l’attention médiatique retombée ? Une chose est sûre, pour des milliers d’étudiants hongrois, septembre 2026 ne pourra pas arriver assez vite.
Les 21 universités hongroises gérées par des fondations d’intérêt public, dont l’université d’art appliqué Moholy-Nagy à Budapest, étaient exclues du programme Erasmus depuis fin 2022.
L’exclusion était due au non-respect par la Hongrie des normes européennes en matière d’État de droit, notamment en raison de l’influence politique sur les universités via des fondations opaques.