Un médicament expérimental, le baxdrostat, pourrait offrir une nouvelle piste thérapeutique pour les patients souffrant à la fois d’hypertension résistante et de maladie rénale chronique. Selon Futura Sciences, les résultats d’un essai clinique de phase 2, publiés dans le Journal of the American Society of Nephrology, révèlent une baisse significative de la pression artérielle et une réduction d’un marqueur clé de l’atteinte rénale chez des participants traités avec ce produit.
Ce qu’il faut retenir
- Le baxdrostat, un inhibiteur de l’aldostérone synthase, a réduit la pression systolique de 8,1 mmHg en moyenne par rapport au placebo après 26 semaines de traitement.
- Chez les patients traités, le taux d’albumine urinaire – un indicateur de souffrance rénale – a chuté de 55 % par rapport au groupe témoin.
- L’étude a porté sur 195 participants, tous atteints d’insuffisance rénale chronique et d’hypertension non contrôlée malgré un traitement standard.
- Le médicament, toujours en développement, n’est pas encore approuvé par les autorités sanitaires américaines.
- Une élévation du potassium sanguin, effet secondaire connu, a été observée chez 41 % des participants sous baxdrostat, contre 5 % sous placebo.
Un cercle vicieux aux conséquences graves
L’hypertension non contrôlée et la maladie rénale chronique forment un duo dévastateur. Quand la tension artérielle reste élevée, les lésions rénales s’aggravent. À l’inverse, la dégradation de la fonction rénale entraîne une hausse supplémentaire de la pression sanguine. Ce cercle vicieux augmente considérablement le risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’insuffisance cardiaque ou de défaillance rénale.
« L’hypertension peut détériorer la fonction rénale, et le déclin rénal peut à son tour élever la tension, avec des conséquences qui bouleversent la vie des patients », explique le docteur Jamie Dwyer, professeur de médecine à l’université de l’Utah et auteur principal de l’étude. Selon Futura Sciences, près de 80 % des patients atteints d’insuffisance rénale chronique souffrent également d’hypertension.
L’aldostérone, hormone clé dans ce mécanisme
Le baxdrostat agit en inhibant la production d’aldostérone, une hormone produite par les glandes surrénales. Cette hormone régule l’équilibre en sel et en eau dans l’organisme. Un excès d’aldostérone favorise la rétention de sodium et d’eau, ce qui augmente la pression artérielle. Par ailleurs, elle endommage les vaisseaux sanguins, rigidifie le système cardiovasculaire et contribue à la fibrose rénale. Bloquer sa synthèse pourrait donc briser ce cycle délétère.
« Produite par les glandes surrénales, l’aldostérone aide l’organisme à réguler le sel et l’eau. Lorsque ses niveaux sont trop élevés ou mal contrôlés, elle pousse le corps à retenir le sodium, ce qui entraîne une rétention d’eau et une hausse de la tension », précise le chercheur. Le baxdrostat appartient à la classe des inhibiteurs de l’aldostérone synthase, une famille de médicaments testés contre l’hypertension, l’insuffisance rénale chronique et l’insuffisance cardiaque.
Des résultats encourageants, mais à confirmer
L’essai clinique de phase 2 a inclus 195 participants, dont 192 répartis aléatoirement entre trois groupes : une dose faible de baxdrostat, une dose élevée ou un placebo. Tous présentaient une maladie rénale suffisamment avancée pour risquer une défaillance rénale ou une greffe à long terme, ainsi qu’une hypertension persistante malgré un traitement standard. Leur pression systolique moyenne était de 151 mmHg au départ.
Après 26 semaines, les résultats ont montré une baisse moyenne de la pression systolique supérieure de 8,1 mmHg dans le groupe traité, soit une réduction d’environ 5 %. « Cette baisse de l’albuminurie nous donne l’espoir que le baxdrostat puisse aussi aider à retarder les lésions rénales », souligne le docteur Dwyer. Selon Futura Sciences, cette réduction de l’albuminurie – protéine présente dans les urines en cas de souffrance rénale – est comparable à celle observée avec des médicaments déjà utilisés pour ralentir la progression de la maladie.
Un médicament prometteur, mais pas sans risques
Si les bénéfices potentiels du baxdrostat sont réels, les chercheurs appellent à la prudence. Une élévation du potassium dans le sang (hyperkaliémie) a été observée chez 41 % des participants traités, contre seulement 5 % sous placebo. La majorité de ces cas ont été décrits comme légers ou modérés. Aucun décès ni événement indésirable inattendu n’a été recensé pendant l’étude, mais 9 % des patients sous baxdrostat ont présenté des effets indésirables graves, contre 3 % dans le groupe placebo.
« Le bilan global reste rassurant sur d’autres points, mais cette vigilance est nécessaire », tempère le chercheur. Selon Futura Sciences, le développement du médicament est financé par le laboratoire AstraZeneca. Pour l’instant, il n’est approuvé ni en Europe ni aux États-Unis, et n’est disponible que dans le cadre d’essais cliniques.
Une population longtemps négligée par la recherche
La docteure Jordana Cohen, de l’université de Pennsylvanie – qui n’a pas participé à l’étude –, salue ces résultats. Selon Futura Sciences, elle rappelle que les patients atteints d’insuffisance rénale chronique ont souvent été exclus des essais cliniques, alors qu’ils représentent une part importante des personnes souffrant d’hypertension résistante. « Ces nouvelles données sont rassurantes quant au fait que cette nouvelle classe d’antihypertenseurs aura probablement des bénéfices à la fois rénaux et cardiovasculaires », estime-t-elle. Selon elle, il est particulièrement encourageant que ces patients aient été représentés dans leur propre étude et aient bien toléré le médicament.
D’autres essais de phase 3, plus vastes, sont désormais en cours pour évaluer l’efficacité et la sécurité du baxdrostat à plus grande échelle. Deux d’entre eux, publiés dans le New England Journal of Medicine, ont déjà montré une baisse significative de la pression systolique chez des patients souffrant d’hypertension résistante.
Cette piste thérapeutique ouvre également des perspectives pour d’autres maladies liées à l’aldostérone, comme l’insuffisance cardiaque. Reste à confirmer, dans les mois à venir, que le baxdrostat tient ses promesses sur le long terme.
Le baxdrostat agit directement sur la production d’aldostérone, une hormone impliquée dans l’hypertension et la dégradation des reins. Selon Futura Sciences, son principal atout est de réduire à la fois la pression artérielle et un marqueur de souffrance rénale (l’albuminurie), ce qui pourrait ralentir l’évolution de la maladie. Jusqu’ici, les patients souffrant à la fois d’hypertension résistante et d’insuffisance rénale chronique étaient souvent exclus des essais cliniques, laissant peu d’options thérapeutiques.
Le principal risque identifié est une élévation du potassium dans le sang (hyperkaliémie), observée chez 41 % des participants traités contre 5 % sous placebo. Selon Futura Sciences, ces cas étaient majoritairement légers ou modérés. Aucun décès ni effet indésirable inattendu n’a été rapporté, mais 9 % des patients sous baxdrostat ont présenté des effets indésirables graves, contre 3 % dans le groupe placebo. Ces effets doivent être surveillés de près lors des futurs essais.