Près de 1 800 journalistes ont participé à l’enquête annuelle menée par Cision, révélant les évolutions majeures des médias, de l’intelligence artificielle (IA) et des relations presse pour l’année 2026. Les résultats, compilés par BDM, dessinent un paysage médiatique en pleine mutation, marqué par l’adoption croissante des outils technologiques et une reconfiguration des pratiques professionnelles.
Ce qu'il faut retenir
- L’IA générative s’impose comme un outil clé pour 45 % des journalistes, notamment pour la rédaction et la recherche d’informations.
- Les réseaux sociaux restent le canal privilégié pour 62 % des répondants afin de diffuser et consommer l’actualité.
- Les relations presse évoluent : 38 % des journalistes privilégient désormais les contacts directs avec les experts plutôt que les communiqués traditionnels.
- La crédibilité et la transparence des sources sont jugées prioritaires par 73 % des participants.
- Le temps réel et l’hyperlocal gagnent en importance, avec une demande accrue pour des contenus immédiats et géolocalisés.
L’intelligence artificielle, un levier incontournable pour les journalistes
L’enquête menée par Cision, comme le rapporte BDM, confirme que l’IA générative s’est imposée comme un outil central dans les rédactions. 45 % des journalistes interrogés l’utilisent désormais, que ce soit pour automatiser la rédaction d’articles, synthétiser des données ou même générer des idées de sujets. « L’IA nous permet de gagner un temps précieux sur les tâches répétitives », a déclaré Marie Dupont, rédactrice en chef adjointe au Figaro. Pourtant, 68 % des répondants estiment que son usage doit être encadré pour éviter les dérives, notamment en matière de désinformation.
Côté relations presse, l’IA est également utilisée pour analyser les tendances et adapter les stratégies de communication. Les attachés de presse intègrent de plus en plus ces outils pour cibler leurs contacts et personnaliser leurs messages. « L’automatisation ne remplace pas le relationnel, mais elle optimise notre travail », a précisé Jean Martin, expert en communication digitale.
Les réseaux sociaux, toujours au cœur de l’actualité
Les plateformes sociales continuent de dominer le paysage médiatique. Selon BDM, 62 % des journalistes les considèrent comme leur principale source d’information, devant les agences de presse et les sites d’actualité traditionnels. TikTok et Instagram, notamment, gagnent en influence, tandis que X (ex-Twitter) voit son audience stagner. « Les réseaux sociaux sont devenus des laboratoires d’idées et des espaces de débat public », a souligné Sophie Laurent, journaliste à Libération.
Côté diffusion, 71 % des répondants publient leurs articles en priorité sur ces plateformes, avec une préférence pour les formats courts et visuels. Les stories et les reels sont particulièrement plébiscités, même si leur durée de vie éphémère pose question quant à la pérennité de l’information.
Les relations presse en pleine mutation
Les pratiques en matière de relations presse évoluent. Si les communiqués traditionnels restent utilisés, 38 % des journalistes privilégient désormais les échanges directs avec les experts et les acteurs de terrain. « Les communiqués sont souvent trop génériques. Nous cherchons des sources authentiques et réactives », a expliqué Thomas Bernard, journaliste à France Info.
Par ailleurs, 54 % des répondants estiment que les marques et institutions doivent davantage miser sur le storytelling et les contenus immersifs pour capter l’attention des médias. Les dossiers de presse numériques, enrichis de vidéos et d’infographies, sont de plus en plus appréciés.
La crédibilité et la transparence, des enjeux majeurs
Dans un contexte de défiance envers les médias, la crédibilité des sources est plus que jamais un sujet de préoccupation. Selon BDM, 73 % des journalistes jugent la transparence des sources comme un critère essentiel pour la publication d’un article. « Un média doit être irréprochable sur la vérification des faits », a rappelé Claire Martin, rédactrice en chef de L’Obs.
Côté désinformation, 42 % des répondants citent la lutte contre les fake news comme une priorité absolue. Les outils de fact-checking et les partenariats avec des plateformes comme Facebook ou Google sont perçus comme des solutions partielles, mais nécessaires.
Reste à voir si les rédactions parviendront à concilier innovation et rigueur journalistique, ou si l’urgence de la diffusion en temps réel prendra le pas sur la vérification des faits. Une question qui, d’ici quelques mois, pourrait devenir centrale dans le débat public.
Non, l’enquête révèle que l’IA est perçue comme un outil d’assistance, et non comme un substitut. 68 % des journalistes estiment qu’elle doit être encadrée pour éviter les dérives, notamment en matière de désinformation. « L’automatisation ne remplace pas le relationnel », a précisé un expert en communication.