Le défenseur central de l’équipe de France et de Liverpool, Ibrahima Konaté, s’est confié sans détour sur sa santé mentale dans un entretien diffusé ce mercredi 3 juin 2026 sur France Inter, selon RMC Sport. À quelques jours de la Coupe du monde 2026 avec les Bleus, il a évoqué avec gravité la dépression qui l’a frappé lors de la saison 2025-2026, marquée par deux deuils majeurs : la mort de son coéquipier Diogo Jota en juillet 2025 et celle de son père en début d’année 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Ibrahima Konaté, 27 ans, a révélé avoir traversé une période de dépression après les décès successifs de Diogo Jota (décédé le 3 juillet 2025) et de son père (début 2026).
  • Le défenseur, en fin de contrat à Liverpool, a reconnu avoir perdu « goût à rien » pendant plusieurs mois, notamment après l’accident de son coéquipier, dont il était très proche.
  • Konaté a souligné l’importance de parler de sa santé mentale, critiquant ceux qui minimisent la dépression chez les footballeurs, « gagnants ou perdants ».
  • Le joueur a confirmé son accord de principe avec le Real Madrid pour la saison prochaine, où il espère tourner la page de cette période difficile.

Une saison 2025-2026 endeuillée par deux pertes cruelles

Ibrahima Konaté, formé à Sochaux avant de rejoindre Liverpool en 2021, a vécu une saison 2025-2026 particulièrement éprouvante sur le plan personnel. Le 3 juillet 2025, il a appris le décès de Diogo Jota, son coéquipier et ami, dans un accident de voiture aux États-Unis alors qu’il se trouvait à Los Angeles. « Même aujourd’hui, c’est dur à réaliser », a-t-il confié. « En toute honnêteté, il y a toujours son casier dans le vestiaire. Chaque jour à l’entraînement, il nous accompagne toujours. Ça a été brutal. »

Konaté, qui partageait un logement avec Jota, a décrit l’impact immédiat de cette perte : « C’est quelque chose qui m’a dévasté, je n’avais plus goût à rien à ce moment-là. » Il a rappelé que Jota, « quelqu’un qui s’en foutait de tout », était apprécié pour son authenticité et sa proximité avec l’ensemble de l’équipe, des plus jeunes aux vétérans. « C’était un gars exceptionnel. Franchement, c’était un gars exceptionnel. Il pouvait parler avec tout le monde, le plus jeune comme le plus âgé, c’était dingue de l’avoir dans son équipe. Moi c’était aussi mon voisin, donc je partageais un peu plus de moments avec lui. »

Le décès de son père, une nouvelle épreuve insurmontable

Quelques mois plus tard, Konaté a dû affronter une nouvelle épreuve : la maladie puis le décès de son père en début d’année 2026. « On n’est jamais prêt et on ne savait pas que ça allait arriver aussi rapidement », a-t-il expliqué. Selon ses propos rapportés par RMC Sport, son père avait été hospitalisé pendant plusieurs semaines, mais son état s’est dégradé rapidement. Le défenseur a admis avoir gardé ses émotions pour lui, hésitant à quitter Liverpool pour soutenir sa famille par crainte d’abandonner l’équipe, alors en difficulté sportive.

« Je ne savais pas si je devais rentrer et arrêter de jouer, parce que l’équipe avait aussi besoin de moi. Je ne savais pas avec qui en discuter et je gardais tout pour moi. » Konaté a depuis partagé ce conseil : « Quand on a un mal-être ou quelque chose qui se passe, il faut en parler autour de soi. Ça peut vous aider et vous faire du bien. » Il a lui-même suivi une thérapie pour surmonter cette période, reconnaissant avoir été « un peu absent » et « là sans être là » à son retour sur les terrains.

La dépression dans le football : un tabou à briser

Lors de son entretien sur France Inter, Konaté a tenu à lever le voile sur la dépression, une maladie qu’il décrit comme « intime » et « profonde ». « Il y a des descentes, il y a de la dépression. Et je pense que la dépression, c’est quelque chose de beaucoup plus profond et que c’est une maladie que des gens vivent au quotidien », a-t-il affirmé. « On peut aussi avoir une dépression dans le foot, il ne faut pas avoir honte de le dire. »

Le défenseur a critiqué les stéréotypes selon lesquels les footballeurs, souvent perçus comme des « gagnants » grâce à leur salaire, ne pourraient pas souffrir de dépression. « C’est vrai que j’ai souvent entendu des joueurs qui disaient être en dépression et que les fans ou des gens de l’extérieur ne comprenaient pas puisqu’ils gagnaient beaucoup d’argent. Mais non, ça ce sont des conneries et il ne faut pas dire ça. La dépression, c’est intime, c’est au fond de soi. » Pour lui, « quand on a une dépression, ça part du cœur, ça monte au cerveau et ça prend tout le corps. Pour moi, c’est ça qui est dur et il faut en parler. »

« Quand on a une dépression, ça part du cœur, ça monte au cerveau et ça prend tout le corps. Pour moi, c’est ça qui est dur et il faut en parler. »
Ibrahima Konaté

Un nouveau départ au Real Madrid et une page à tourner

À 27 ans, Konaté est en fin de contrat à Liverpool et a trouvé un accord de principe avec le Real Madrid pour la saison 2026-2027. Son départ du club anglais, où il a passé cinq saisons, intervient alors qu’il prépare activement la Coupe du monde 2026 avec l’équipe de France. « Ibra » a confirmé vouloir tourner définitivement la page d’une saison 2025-2026 marquée par des épreuves personnelles et professionnelles difficiles.

Cette transition s’annonce comme une opportunité pour le défenseur de se reconstruire loin de Liverpool, où les souvenirs de Jota et les circonstances de son départ resteront à jamais associés. Konaté a d’ailleurs rendu hommage à son coéquipier lors de son retour en compétition après le décès de son père, en disputant un match contre Newcastle malgré son état d’esprit fragile. Les dirigeants de Liverpool, dont le nouvel entraîneur Arne Slot, avaient salué sa force mentale à cette occasion.

Et maintenant ?

Konaté devrait officiellement signer avec le Real Madrid d’ici la fin du mois de juin, une fois les formalités administratives finalisées. Son intégration dans l’effectif madrilène pourrait être suivie de près par les observateurs, d’autant que le club espagnol prévoit un mercato actif pour renforcer son équipe après une saison en demi-teinte. Côté Bleus, le défenseur sera l’un des cadres attendus lors de la Coupe du monde 2026, où son expérience et son leadership pourraient s’avérer déterminants. Reste à voir si son récit public servira d’exemple pour d’autres sportifs confrontés à des défis similaires.

Une prise de parole qui interroge

Cette confession intervient dans un contexte où la santé mentale des athlètes suscite un intérêt croissant dans le monde du sport. Konaté rejoint ainsi d’autres figures publiques ayant choisi de partager leur combat contre la dépression, comme le nageur Michael Phelps ou le tennisman Novak Djokovic. Son intervention pourrait contribuer à normaliser les discussions autour de ce sujet souvent tabou dans le milieu sportif.

Alors que la saison 2026-2027 s’annonce sous de nouveaux auspices pour Konaté, son parcours rappelle que les défis personnels peuvent toucher chacun, indépendamment de la réussite professionnelle ou du statut social. Une chose est sûre : son histoire, désormais publique, pourrait inspirer d’autres footballeurs à briser le silence sur leurs propres épreuves.

Konaté a trouvé un accord de principe avec le Real Madrid pour rejoindre le club à l’issue de son contrat à Liverpool. Bien que son rôle exact n’ait pas été officiellement détaillé, il devrait intégrer la défense centrale, un secteur où le club madrilène cherche à renforcer son effectif. Son expérience et son profil polyvalent pourraient en faire un titulaire régulier sous la direction de l’entraîneur Carlo Ancelotti.

La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. L’équipe de France, qualifiée d’office en tant que pays hôte, entamera sa compétition par des matchs de phase de groupes à partir du 13 juin.