Cet article a été publié dans le Monde de l'éducation, et selon nos confrères de Le Monde, il s'agit d'une tribune qui pose des questions importantes sur le système éducatif français.
Ce qu'il faut retenir
- Les cabinets de conseil et banques d'investissement licencient massivement leurs analystes juniors en raison de l'intelligence artificielle.
- Le système éducatif français produit un déclin général en mathématiques, mais forme une élite reconnue mondialement.
- La capacité mathématique devient critique pour tous, mais seulement 7% des élèves atteignent les niveaux les plus élevés.
- La France est l'un des pays les plus inégalitaires en matière d'éducation.
- Le système éducatif français sélectionne une aristocratie restreinte et abandonne le reste.
Le problème n'est pas que les mathématiques servent de critère de sélection, mais qu'elles sont devenues le seul signal standardisé disponible pour évaluer le potentiel intellectuel.
Le tri dans le système éducatif français
Le système français ne forme pas une population mathématiquement compétente. Il sélectionne une aristocratie restreinte et abandonne le reste. Selon Le Monde, quelque 29% de nos élèves n'atteignent pas le seuil minimal de compétence en mathématiques, tandis que seulement 7% excellent aux niveaux les plus élevés – moins que la moyenne de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (9%).
Ce décalage entre élèves favorisés et défavorisés nous place parmi les pays les plus inégalitaires. Le problème n'est pas que les mathématiques servent de critère de sélection. Le problème est qu'elles sont devenues le seul signal standardisé disponible pour évaluer le potentiel intellectuel.
La domination des mathématiques
Depuis la réforme du baccalauréat, 65% des lycéens de première générale choisissent la spécialité mathématique. Ce chiffre témoigne moins d'un engouement que d'une lucidité stratégique. Quelque 20% abandonnent cette spécialité dès la fin de la 1re. Les 45% restants ne sont pas mauvais en mathématiques dans l'absolu – ils sont simplement moyens selon un étalon arbitraire.
Un lycéen qui excelle en philosophie ou en histoire apprend à 16 ans que son intelligence n'existe pas institutionnellement.
La nécessaire évolution
Il ne faut pas abolir les mathématiques comme critère de sélection, mais briser leur monopole. Il faut trouver des signaux concurrents plus prédictifs pour évaluer le potentiel intellectuel.
Ce sujet nécessite une attention immédiate, car les conséquences d'un système éducatif inégal peuvent être graves pour la société française.
