Selon nos confrères de Euronews FR, l’achat d’un appartement en centre-ville en Europe reste un luxe dans plusieurs grandes métropoles. Une étude récente, publiée le 30 août 2026 par l’institut de recherche de Deutsche Bank, révèle les écarts de prix au mètre carré dans 28 villes européennes, parmi 69 analysées à l’échelle mondiale. L’immobilier en Suisse truste les premières places, tandis que les capitales d’Europe de l’Est ou du Sud restent plus abordables.

Ce qu'il faut retenir

  • La Suisse domine le classement, avec 22 910 €/m² à Zurich et 19 439 €/m² à Genève — des prix qui dépassent largement ceux de Londres ou Paris.
  • Un appartement de 80 m² coûte 1,83 million d’euros à Zurich et 1,55 million à Genève.
  • Londres arrive en troisième position (17 241 €/m²), soit 35 % plus cher que Paris (12 771 €/m²).
  • Prague (8 352 €/m²) est plus chère que Madrid (7 831 €/m²) ou Berlin (7 613 €/m²).
  • Istanbul (2 646 €/m²) et Athènes (3 442 €/m²) figurent parmi les villes les moins chères.
  • La moyenne européenne s’établit à 9 090 €/m², avec un prix moyen de 727 000 € pour un logement de 80 m².

La Suisse, terre de l’immobilier le plus cher d’Europe

Le rapport « Mapping the World’s Prices 2026 » place la Suisse en tête des pays les plus onéreux pour l’achat d’un bien immobilier en centre-ville. Avec des prix atteignant 22 910 € le mètre carré à Zurich et 19 439 € à Genève, les Suisses paient leur logement près de deux fois plus cher qu’à Paris ou Londres. Ces chiffres s’expliquent en partie par la forte demande, la rareté des terrains constructibles et la stabilité économique du pays. Pour un appartement de 80 m², l’acquéreur doit débourser 1,83 million d’euros à Zurich, soit le double du prix moyen européen.

Autant dire que l’accès à la propriété en Suisse relève de l’exception pour les ménages locaux. D’autres villes helvétiques, comme Bâle ou Lausanne, bien que non citées dans le top 10, affichent des tarifs comparables, confirmant la tendance d’un marché immobilier suisse parmi les plus tendus d’Europe.

Londres et Paris, les capitales occidentales face à face

Londres occupe la troisième place du classement, avec un prix moyen de 17 241 €/m². Selon les données converties en euros, cela représente un budget d’environ 1,38 million d’euros pour un logement de 80 m². Le rapport souligne que la capitale britannique reste 35 % plus chère que Paris, où le mètre carré s’affiche à 12 771 €. Cette différence s’explique par plusieurs facteurs : la spéculation financière sur l’immobilier londonien, la forte attractivité internationale et des contraintes réglementaires moins strictes qu’en France.

Vienne, avec 12 483 €/m², complète le top 5, devant Munich (11 435 €/m²), ville la plus chère d’Allemagne. Ces écarts reflètent la concentration des richesses dans les grandes métropoles, où la demande dépasse largement l’offre, tirant mécaniquement les prix vers le haut.

Le trio nordique et les surprises du classement

Trois capitales scandinaves figurent dans le top 10 : Copenhague (10 191 €/m²), Stockholm (10 037 €/m²) et Oslo (9 785 €/m²). Leur présence s’explique par des salaires élevés, une forte concentration de populations aisées et des politiques urbaines favorisant la rénovation plutôt que l’étalement. Helsinki, bien que moins chère (8 431 €/m²), se classe 13e, talonnée par Milan (9 378 €/m²) et Amsterdam (9 273 €/m²).

Côté surprises, Prague (8 352 €/m²) devance Madrid (7 831 €/m²) et Berlin (7 613 €/m²), confirmant l’attractivité croissante des capitales d’Europe centrale. Rome (7 328 €/m²), Dublin (7 185 €/m²) et Francfort (7 162 €/m²) complètent la liste des villes où le prix dépasse les 7 000 €/m².

Les villes les moins chères : Istanbul et Athènes en tête

À l’autre extrémité du classement, Istanbul (2 646 €/m²) et Athènes (3 442 €/m²) offrent les prix les plus bas d’Europe. Bruxelles (4 380 €/m²), capitale de l’UE, se situe juste derrière, devant Birmingham (4 671 €/m²). Budapest (5 243 €/m²), Varsovie (5 443 €/m²) et Édimbourg (5 708 €/m²) affichent également des tarifs bien inférieurs à la moyenne européenne.

Ces écarts illustrent les disparités économiques entre l’Europe de l’Ouest et les pays d’Europe de l’Est ou du Sud, où les revenus moyens et la demande immobilière restent limités. Bruxelles, malgré son statut de siège des institutions européennes, présente des prix comparables à ceux de certaines villes françaises de taille moyenne.

Et maintenant ?

Les perspectives pour 2027 dépendront largement de l’évolution des taux d’intérêt et de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Si les taux devaient baisser, une légère détente des prix pourrait s’amorcer dans les villes les plus chères, comme Zurich ou Londres. En revanche, dans les capitales où la demande reste forte, comme Paris ou Vienne, les prix pourraient continuer à progresser, creusant davantage l’écart avec les autres villes. La crise du logement, déjà prégnante dans plusieurs pays, risque de s’aggraver si aucune mesure structurelle n’est prise pour augmenter l’offre.

Le rapport rappelle que les écarts de prix reflètent aussi des différences de qualité de vie, de fiscalité et de dynamisme économique. Pour les acquéreurs étrangers, ces disparités offrent des opportunités, mais aussi des défis, notamment en matière de financement et de réglementation.

Selon le rapport, Prague (8 352 €/m²) présente un équilibre intéressant entre prix et attractivité, devant des villes comme Madrid (7 831 €/m²) ou Berlin (7 613 €/m²). Son marché reste dynamique, mais bien moins spéculatif que ceux de Zurich ou Londres.

Cela dépendra de l’évolution des taux d’intérêt et de la demande. Si la BCE assouplit sa politique monétaire, une baisse modérée des prix pourrait survenir dans les villes les plus chères. En revanche, dans les capitales où la demande reste forte, comme Paris ou Vienne, une stabilité, voire une hausse, est probable.