Selon BFM Business, Pascal Boulanger, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI), était l’invité ce mardi 26 mai de l’émission Good Morning Business pour évoquer les conséquences du conflit en Iran sur le secteur de l’immobilier neuf. Les frappes américaines et la montée des tensions régionales pèsent sur la confiance des ménages et des investisseurs, entraînant une chute des ventes dans ce segment.

Ce qu'il faut retenir

  • Pascal Boulanger, président de la FPI, a détaillé l’impact de la guerre en Iran sur l’immobilier neuf, notamment une baisse des ventes.
  • Les tensions géopolitiques et les frappes américaines en Iran ont créé un climat d’incertitude économique.
  • Le secteur de l’immobilier neuf est particulièrement sensible aux crises géopolitiques en raison de la durée des projets.
  • Boulanger a évoqué les difficultés rencontrées par les promoteurs face à la méfiance des acheteurs potentiels.
  • L’émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, a permis de faire le point sur ce dossier ce matin.

Un contexte géopolitique dégradé pour l’immobilier

Ce mardi 26 mai, Pascal Boulanger a analysé les répercussions directes de l’escalade militaire entre l’Iran et les États-Unis sur le marché de l’immobilier neuf. Selon lui, la guerre en Iran perturbe les anticipations des ménages et des investisseurs, qui reportent leurs décisions d’achat en raison de l’incertitude économique. « Les projets immobiliers nécessitent de la visibilité sur le moyen terme, or, dans un contexte de tensions géopolitiques, cette stabilité disparaît », a-t-il expliqué. Les promoteurs, confrontés à une demande en berne, doivent désormais composer avec des délais de commercialisation plus longs et des prix ajustés à la baisse.

Les frappes américaines en Iran, qualifiées de « préventives » par Washington, ont en effet provoqué une onde de choc sur les marchés financiers et immobiliers. En Europe, où de nombreux promoteurs immobiliers français opèrent, les craintes d’un ralentissement économique se confirment. « Les banques sont plus réticentes à financer des projets longs, et les acheteurs, eux, privilégient l’attentisme », précise Boulanger. Autant dire que le secteur, déjà fragilisé par la hausse des coûts de construction et la baisse du pouvoir d’achat, voit ses perspectives s’assombrir.

Une chute des ventes déjà perceptible

Les chiffres disponibles pour les trois premiers mois de l’année 2026 confirment cette tendance. Selon les données de la FPI, les réservations dans le neuf ont reculé de 12 % en glissement annuel au premier trimestre, une baisse attribuée en grande partie à l’environnement géopolitique. Les promoteurs en région parisienne et dans les grandes métropoles, où la demande était traditionnellement soutenue, enregistrent les plus fortes baisses. « Les investisseurs institutionnels, comme les fonds de pension ou les assurances, réduisent leurs engagements », a souligné Boulanger, ajoutant que certains projets en cours pourraient être reportés sine die.

Côté particuliers, la méfiance s’installe. Les acquéreurs, inquiets pour leur emploi ou leurs revenus, préfèrent attendre une clarification du contexte international avant de s’engager. « On observe un report des achats sur le neuf au profit de l’ancien, perçu comme moins risqué », note-t-il. Cette dynamique pénalise particulièrement les promoteurs spécialisés dans les programmes en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), où les délais de livraison s’étalent sur plusieurs années.

Des perspectives incertaines malgré des leviers d’action

Face à ce tableau, Pascal Boulanger a rappelé que le secteur disposait de quelques leviers pour limiter la casse. « Les dispositifs fiscaux comme le PTZ ou le Pinel restent des atouts, mais leur efficacité dépendra de la capacité des ménages à y accéder », a-t-il indiqué. La FPI plaide également pour un assouplissement des normes environnementales, jugées trop contraignantes en période de crise, afin de réduire les coûts de construction. « Il faut éviter que la réglementation ne devienne un frein supplémentaire », a-t-il martelé.

Autre piste évoquée : le recours à des partenariats public-privé pour relancer certains projets. « Les collectivités locales pourraient jouer un rôle clé en facilitant l’accès au foncier, notamment dans les zones tendues », a-t-il suggéré. Cependant, ces mesures, si elles sont nécessaires, ne suffiront pas à inverser la tendance sans une stabilisation durable du contexte géopolitique.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur réelle de la crise dans l’immobilier neuf. Les promoteurs attendent avec impatience les signaux envoyés par les banques centrales, qui pourraient assouplir leur politique monétaire pour soutenir l’économie. La tenue du sommet du G20 fin juin sera scrutée de près, car toute avancée diplomatique pourrait rasséréner les marchés. Pour l’heure, la FPI table sur une stabilisation des ventes d’ici la fin de l’année, à condition que les tensions en Iran ne s’aggravent pas davantage.

En attendant, les ménages et les investisseurs restent dans l’expectative. « La situation reste très volatile », a conclu Boulanger. Pour l’immobilier neuf, 2026 s’annonce comme une année de défis, où la prudence sera de mise.