« On est fatigués physiquement, moralement… Il n'y a plus rien. » Cette phrase résume l'état d'esprit des habitants de Cotignac, dans le Var, dix jours après le passage d'un incendie qui a ravagé une partie du village. Vingt-sept maisons ont été entièrement détruites, selon Franceinfo – Faits divers, laissant derrière elles des familles sous le choc face à l'ampleur des destructions.

Ce qu'il faut retenir

  • 4 500 hectares de végétation détruits par l'incendie qui a frappé l'arrière-pays de Saint-Tropez.
  • Dans la commune de Cotignac, 27 habitations ont été entièrement consumées, et une soixantaine d'autres endommagées.
  • Les habitants, évacués pendant dix jours, ont pu regagner leurs domiciles ce vendredi 31 juillet 2026 pour constater l'étendue des dégâts.
  • Sylvie et Marc Roger, dont la maison a entièrement brûlé, témoignent de leur désarroi face à la perte de leurs biens et de leurs souvenirs.
  • Le maire de Cotignac, Jean-Pierre Veran, évoque un « traumatisme abominable » pour les sinistrés, certains ayant passé des décennies à construire leur foyer.

Le retour des habitants à Cotignac s'est fait sous un ciel encore chargé de cendres. Le sentier qui mène à leur domicile, autrefois bordé de végétation, n'est plus qu'un parcours de désolation : arbres calcinés, sol recouvert d'une fine couche grise, et l'odeur âcre de la fumée encore perceptible. Sylvie Roger, l'une des premières à franchir ce chemin, décrit avec une voix tremblante ce qu'elle a découvert : « Ça, c'est la maison avec le salon, deux chambres, une salle de bains… Il y avait une grande véranda, voilà ce qu'il en reste. »

Pour cette famille, l'incendie n'a laissé que des ruines. « On n'a plus rien, plus un papier, plus de photos… Toute une vie qui part comme ça, en un claquement de doigts », confie-t-elle, les yeux humides. Sylvie et son mari, Marc, avaient acheté cette maison il y a cinq ans. Cinq années de labeur pour aménager un foyer, réduites à néant en quelques heures. « Après, ça fait cinq ans qu'on l'a acheté et cinq ans qu'on travaille comme des fous », ajoute-t-elle, visiblement affectée.

Marc Roger, bénévole au comité des feux de forêt, a dû quitter les lieux en urgence le jour de l'incendie pour prêter main-forte aux pompiers. « Je culpabilise parce qu'on n'était pas là, j'étais pas là au bon moment et c'est peut-être aussi certainement ce qui m'a sauvé la vie. On pense constamment à ça, on est hagard un petit peu, on est fatigués physiquement, moralement… Il n'y a plus rien », déclare-t-il, la voix chargée d'émotion. Son implication dans la lutte contre les incendies contraste cruellement avec la perte de sa propre demeure.

À ses côtés, le maire de Cotignac, Jean-Pierre Veran, tente de mesurer l'ampleur du traumatisme qui frappe sa commune. « Quelqu'un qui a construit sa maison, qui a mis 10, 20, 30, 40 ans pour construire la maison et qui aujourd'hui se trouve sans plus rien, sans toit… Vous vous rendez compte ? Tout ce que vous avez fait, c'est parti. Alors le traumatisme, il est abominable ! », s'indigne-t-il. Pour l'édile, la reconstruction ne sera pas seulement matérielle, mais aussi psychologique, un défi de taille pour une communauté soudée par l'épreuve.

Le médecin généraliste du village, le docteur Jean-Claude Auguste, a quant à lui annulé ses vacances pour accueillir les sinistrés dans son cabinet. Une vingtaine de personnes sont venues consulter, témoignant d'un besoin urgent de parler. « Pour eux, c'est totalement irréel. J'ai deux patients qui m'ont dit : 'J'ai compris 48 heures après'. Des patients qui ont été évacués, qui m'ont dit : 'Mais c'était un mauvais film, enfin je n'y croyais pas.' Je les ai revus deux, trois jours après, ils ont compris ce qu'il s'est passé, mais avec le recul », explique-t-il. Le praticien souligne la difficulté pour les victimes à réaliser immédiatement l'ampleur de la catastrophe, le choc se révélant dans les jours qui suivent.

Côté solidarité, les dons affluent à Cotignac. Vêtements, couvertures, produits de première nécessité… Les habitants et les associations locales se mobilisent pour venir en aide aux familles sinistrées. Un réconfort bienvenu, même si l'urgence reste la recherche des origines du départ de feu. Une équipe d'experts a été mobilisée pour déterminer les causes exactes de l'incendie, une étape cruciale pour comprendre ce qui a pu déclencher une telle catastrophe.

Alors que les premières estimations évoquent un bilan matériel lourd, les conséquences économiques et touristiques commencent aussi à se dessiner. Cotignac, village prisé de l'arrière-pays varois, pourrait voir son attractivité durablement affectée. Les acteurs locaux devront composer avec cette réalité, tout en accompagnant les habitants dans leur reconstruction.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour les sinistrés de Cotignac. Les experts doivent rendre leur rapport sur les causes de l'incendie d'ici la fin du mois d'août, ce qui pourrait éclairer les responsabilités et ouvrir la voie à des mesures préventives. Par ailleurs, les associations locales et les services sociaux restent mobilisés pour aider les familles à rebondir, notamment sur le plan psychologique. La mairie, de son côté, a annoncé la mise en place d'un fonds d'urgence pour soutenir les reconstructions, mais le processus s'annonce long et complexe.

En attendant, les habitants de Cotignac doivent faire face à une réalité brutale : leur cadre de vie a été profondément altéré. Entre les souvenirs perdus et l'incertitude quant à l'avenir, la résilience sera leur meilleur allié. Comme le souligne le maire Veran, « reconstruire prendra du temps, mais nous le ferons ensemble. »

Les familles sinistrées doivent d'abord sécuriser les lieux avant d'envisager une reconstruction. La mairie a annoncé la création d'un fonds d'urgence pour les aider financièrement. Une équipe d'experts travaille également à déterminer l'origine de l'incendie, une information cruciale pour les assurances et les éventuelles actions en justice.