Un frère et une sœur, victimes de l’incendie qui a ravagé le bar « Le Constellation » à Crans-Montana le 31 décembre 2025, ont porté plainte contre les gérants de l’établissement et plusieurs responsables politiques locaux. Selon BMF - International, Fabienne et Gilles, originaires du canton de Vaud, réclament ensemble la somme de 56 millions de francs suisses (soit plus de 60 millions d’euros) pour préjudices physiques et psychologiques.
L’incendie, déclenché par des fusées étincelantes mises en contact avec la mousse phonique du plafond, a causé la mort de 41 personnes et blessé plus d’une centaine d’autres. Les deux victimes, présentes dans l’établissement peu après minuit ce soir-là, en sont sorties une heure plus tard gravement brûlées et traumatisées. Leur action en justice cible notamment le couple gérant l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, ainsi que Nicolas Féraud, président de la commune de Crans-Montana, aux côtés de plusieurs fonctionnaires locaux.
Ce qu'il faut retenir
- Fabienne et Gilles, victimes de l’incendie du 31 décembre 2025 à Crans-Montana, réclament 56 millions de francs suisses de dommages et intérêts.
- L’incendie, causé par des fusées étincelantes, a fait 41 morts et plus de 100 blessés.
- Les victimes attaquent les gérants de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, ainsi que Nicolas Féraud, président de Crans-Montana, et plusieurs fonctionnaires.
- Fabienne réclame 25 millions de francs pour ses brûlures (10 % du corps) et les séquelles psychologiques.
- Gilles demande 25 millions de francs pour ses brûlures (30 % du corps) et les opérations subies à Zurich, Lucerne et Lausanne.
- Les parents des victimes réclament chacun 2,5 millions de francs pour préjudice moral et pertes professionnelles.
Une soirée qui a basculé en quelques minutes
Fabienne et Gilles, arrivés au « Constellation » peu après minuit le 31 décembre 2025, se sont retrouvés piégés par l’incendie déclenché par des fusées étincelantes. Selon le récit rapporté par BMF - International d’après le média suisse Blick, les flammes se sont propagées rapidement en raison de la mousse phonique du plafond, transformant la sortie principale en un véritable piège.
Fabienne a décrit un « rouleau de feu » l’ayant submergée alors qu’elle tentait de fuir. Son frère, Gilles, a réussi à la pousser hors de l’établissement malgré la cohue, mais tous deux ont subi de graves brûlures. Fabienne a vu ses cheveux brûler, tandis que Gilles portait des blessures à la nuque, au dos et aux mains avant de s’évanouir au rez-de-chaussée. Secourus par des clients d’un bar voisin, ils ont ensuite été transportés d’urgence à l’hôpital.
Des séquelles physiques et psychologiques lourdes
Quatre mois après les faits, les deux victimes ont entamé une procédure judiciaire pour obtenir réparation. Fabienne, brûlée à 10 % de son corps, souffre depuis de douleurs persistantes, d’angoisses et de difficultés à reprendre une vie sociale normale. « Depuis cette nuit, je souffre de souvenirs très présents, de fortes angoisses et de grandes difficultés à reprendre une vie sociale normale », a-t-elle déclaré. Gilles, dont les brûlures couvrent 30 % de son corps, a quant à lui été plongé dans un coma artificiel dès son arrivée à l’hôpital en raison de la gravité de ses blessures.
Transféré entre Zurich, Lucerne et enfin le CHUV de Lausanne, il a subi plusieurs greffes de peau et des interventions chirurgicales, loin de sa famille basée dans le canton de Vaud. « À mon arrivée à l’hôpital, j’ai dû être immédiatement intubé et plongé dans un coma artificiel pendant plusieurs jours, ma vie était sérieusement menacée », a-t-il expliqué. Ces séquelles ont eu un impact majeur sur leur quotidien, nécessitant des soins prolongés et un accompagnement psychologique.
Une action collective contre les responsables
Fabienne et Gilles ne sont pas les seuls à engager des poursuites. Leurs parents, chacun réclamant 2,5 millions de francs, ont également déposé une plainte pour préjudice moral, frais de voyage et pertes professionnelles liées à l’incendie. Leur troisième enfant, frère de Fabienne et Gilles, demande quant à lui 1 million de francs pour les répercussions sur ses études et sa famille. L’ensemble des plaignants s’appuie sur les services de l’avocat Sébastien Fanti, qui a indiqué que « toutes les possibilités, y compris internationales », seraient explorées pour obtenir gain de cause.
Les victimes visent non seulement les gérants du bar, mais aussi des responsables politiques locaux, dont Nicolas Féraud, président de la commune de Crans-Montana. Plusieurs fonctionnaires, en poste ou non au moment des faits, sont également mis en cause pour leur rôle dans la gestion des risques ou l’absence de mesures de sécurité adaptées. L’incendie, l’un des plus meurtriers de Suisse ces dernières années, a soulevé des questions sur la responsabilité des autorités dans la prévention des risques pyrotechniques en milieu clos.
Cette affaire rappelle celle d’autres incendies meurtriers dans des établissements publics, comme celui de l’hôtel « Kiss » au Brésil en 2013 ou de la boîte de nuit « Colectiv » en Roumanie en 2015, où les victimes avaient également engagé des procédures contre les gérants et les autorités locales. En Suisse, l’incendie de Crans-Montana a relancé le débat sur la réglementation des spectacles pyrotechniques et la sécurité des lieux de divertissement.
Fabienne réclame 25 millions de francs suisses pour ses brûlures (10 % du corps) et les séquelles psychologiques, tandis que Gilles demande 25 millions de francs pour ses brûlures (30 % du corps) et les opérations subies. Leurs parents réclament chacun 2,5 millions de francs, et leur frère 1 million de francs.
Les victimes attaquent les gérants du bar, Jacques et Jessica Moretti, Nicolas Féraud (président de Crans-Montana), ainsi que plusieurs fonctionnaires locaux mis en cause pour leur rôle dans la gestion des risques ou l’absence de mesures de sécurité.
