Cinq jours d’affilée passés dans les flammes, des nuits réduites à quelques heures de sommeil dans un fossé ou à l’arrière d’un camion, et une chaleur si intense qu’elle effraie même les pompiers les plus expérimentés. Depuis le début de l’incendie qui ravage le massif forestier du Porge, en Gironde, des équipages venus de toute la France se relaient pour tenter de contenir les flammes. Selon Franceinfo – Faits divers, l’un de ces groupes, composé de six pompiers volontaires des Deux-Sèvres, a accepté de partager son quotidien au cœur de l’enfer.
Ce qu'il faut retenir
- Six pompiers volontaires des Deux-Sèvres ont combattu l’incendie de Gironde pendant cinq jours sans interruption
- Leur chef d’équipe, Nico, 46 ans, décrit une chaleur « énorme » qui « fait peur même entre pompiers »
- L’équipage n’a dormi que cinq heures en cinq jours, parfois dans leur véhicule ou à même le sol
- Les pompiers évoquent un incendie qui « joue avec eux » en changeant de direction sous l’effet du vent
- La fatigue est telle que l’équipe a enfin pu prendre une nuit de repos complète ce matin-là
Un repos bien mérité après cinq jours sans répit
Sur le stade de rugby du Porge, transformé en camp de base pour les renforts arrivés de toute la France, six pompiers volontaires des Deux-Sèvres patientent devant leur camion, parmi des dizaines d’autres véhicules. « On est prêts à partir et dès qu’il y a besoin de nous à un endroit, on part », indique une jeune femme, dont le visage porte les stigmates de l’épuisement. Dirigée par Nico, 46 ans, père de famille et « taulier » de l’équipe, cette unité est l’une des nombreuses à s’être déployée en Gironde depuis le début du sinistre.
Ce matin-là, enfin, les soldats du feu ont pu souffler. « On a versé une petite larme, ça fait du bien, confie Nico à Franceinfo – Faits divers. Je n’ai pas peur de le dire, je n’ai pas honte non plus. » L’homme explique que le groupe, habituellement stoïque, a craqué en déjeunant. « On se disait que c’était bizarre que certains n’aient pas encore réagi. Puis ce matin, on se regardait dans le blanc des yeux en déjeunant. » Après cinq jours sans véritable repos, l’équipage a enfin pu fermer l’œil une nuit entière.
« On a foncé tête baissée sur ce monstre » : l’intensité du combat
Le pompier décrit sans fard l’ampleur du sinistre : « On a foncé tête baissée sur ce monstre, comme on l’appelle. » Depuis vendredi jusqu’à lundi matin, les six hommes n’ont cumulé que cinq heures de sommeil, parfois dans un fossé ou à l’arrière de leur véhicule. À leur arrivée, l’incendie leur a immédiatement révélé sa dangerosité. « C’est une chaleur énorme, rapporte Nico. Déjà entre pompiers, ça nous fait peur. Mais on se dit qu’on est là pour ça, qu’il faut le stopper, l’attaquer. On pense à tous ces gens qui ont tout perdu. »
L’équipe, malgré son épuisement, reste mobilisée. « On a pris le temps de se poser. On commence à ouvrir les yeux un peu », précise le chef d’équipe, soulignant que la fatigue, bien que pesante, ne doit pas prendre le dessus. Pourtant, la nature même de l’incendie rend leur tâche particulièrement ardue.
« C’est impressionnant. Le vent qui tourne fait qu’il s’en va ailleurs. On est prépositionnés, prêts à l’attaquer, puis il arrive à 200-150 mètres de nous et hop ! Il fait demi-tour et va voir ailleurs. Il joue avec nous et en attendant il fait des dégâts sur son passage. »
Nico, pompier des Deux-Sèvres, à Franceinfo – Faits divers
Des conditions extrêmes et une impuissance relative
Les pompiers, pourtant habitués aux situations critiques, avouent parfois se sentir démunis face à la puissance des flammes. « On se sent impuissants, explique Nico. Le feu change de direction sous l’effet du vent, et en quelques minutes, il peut nous encercler. On est prépositionnés, prêts à intervenir, mais il nous échappe sans cesse. » Cette imprévisibilité ajoute une dimension psychologique à l’épreuve physique.
Sur le terrain, la température affichée au tableau de bord du camion atteint déjà 35°C en début de journée. « Ce n’est pas une bonne nouvelle », souligne le pompier, conscient que la chaleur ne fera qu’empirer avec l’avancée de l’été. Pourtant, malgré l’épuisement, l’équipe se prépare à repartir au front. « Les commandants vont nous envoyer sur le feu. Un incendie qui effraie des pompiers de trente ans de carrière », confie Nico.
Dans l’immédiat, les six pompiers des Deux-Sèvres espèrent pouvoir bénéficier d’un repos plus long avant de reprendre du service. Leur engagement illustre le dévouement des quelque 200 000 sapeurs-pompiers, dont une majorité de volontaires, qui protègent chaque année les Français des risques naturels et technologiques. Leur combat contre les flammes en Gironde rappelle, une fois encore, l’importance de la solidarité nationale face aux catastrophes.
Selon Franceinfo – Faits divers, les moyens aériens sont généralement cloués au sol la nuit en raison des conditions de visibilité réduites et des risques accrus pour les équipages. Les vols de nuit nécessitent des appareils et des pilotes spécialement formés, ainsi que des systèmes de navigation adaptés, ce qui limite considérablement leur utilisation en urgence.