Alors que la saison estivale s’achève, les autorités françaises font face à une recrudescence des départs de feu volontaires. Selon Franceinfo – Faits divers, 70 % des incendies de forêt enregistrés en France sont d’origine criminelle, un chiffre rappelé par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Depuis le début de l’été, 275 interpellations ont été réalisées à travers le pays, dont 31 ont conduit à des détentions. Parmi les régions les plus concernées, la Gironde, où les habitants et les services de secours restent en alerte maximale après plusieurs incidents suspects.
Ce qu'il faut retenir
- 275 interpellations pour départs de feu volontaires ou suspectés en France cet été, selon le ministre de l’Intérieur.
- En Gironde, un incendie criminel a été signalé le 29 juillet près de Lacanau, avec un individu aperçu en train d’allumer un feu.
- Deux individus incarcérés en Gironde pour incendie volontaire, et neuf autres déférés pour avoir fumé ou allumé un barbecue en zone forestière.
- Parmi les 275 interpellations, un tiers concerne des mineurs, et certains suspects présentent des troubles psychiatriques.
- Les peines encourues varient : de la réclusion criminelle à perpétuité en cas de mort causée par l’incendie, jusqu’à des peines de prison ferme et des amendes pour les cas involontaires.
Un incendie criminel filmé et signalé en Gironde
Mercredi 29 juillet, vers 20 heures, un départ de feu suspect a été observé à la lisière d’une forêt près de Lacanau, en Gironde. Un homme aurait été vu par des habitants en train d’allumer un brasier. Catherine Veran, résidente de Sainte-Hélène (Gironde), a alerté les secours après avoir assisté à la scène. « J’ai vu quelqu’un jeter quelque chose et ça s’est embrasé, mais embrasé impressionnant, quoi ! », a-t-elle déclaré. « Après, je l’ai vu remonter dans une voiture et il est parti là, par la forêt ».
Le feu, rapidement maîtrisé par les pompiers, a tout de même ravagé près d’un hectare de végétation. Deux jerricans ont été retrouvés sur place. Les habitants, déjà marqués par les récents incendies, expriment une colère et une exaspération croissantes. « On avait l’impression qu’on était sortis d’affaires et on se dit qu’en fait, ça peut repartir tous les jours s’il y a des tarés comme ça », témoigne une riveraine. Un autre habitant, ayant participé aux recherches de l’individu en fuite, explique : « On est tous arrivés, nous, on avait les lances, la DFCI y est arrivée donc on est parti dans la forêt faire des tours pour voir si on le trouvait ».
Des interpellations record et des profils variés
Les autorités ont intensifié leurs actions contre les incendiaires et pyromanes cet été. Laurent Nuñez a indiqué que 275 interpellations ont été menées, avec des condamnations à la prison ferme dans plusieurs départements, dont l’Allier et les Landes. « Dans l’Allier, on a eu des condamnations à la prison ferme, ça a été aussi le cas dans les Landes », a précisé le ministre. Ces chiffres illustrent l’ampleur du phénomène, qui dépasse largement la Gironde.
Noémie Schulz, spécialiste police-justice à France Télévisions, souligne la diversité des profils des suspects. « Il y a ceux qui mettent volontairement le feu. Eux, la peine encourue est très lourde, ça peut aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité, s’il y a un mort dans l’incendie », explique-t-elle. « Ensuite, il y a ceux qui vont mettre le feu involontairement, par exemple en jetant un mégot de cigarette depuis la voiture. Là, les peines encourues sont moins lourdes, mais c’est quand même potentiellement de la prison ferme et de lourdes amendes ».
En Gironde, deux individus ont été incarcérés pour incendie volontaire. Neuf autres ont été déférés pour avoir enfreint les règles de sécurité en zone forestière, comme fumer ou allumer un barbecue. Parmi les 275 interpellations nationales, un tiers concerne des mineurs, et certains suspects souffrent de pathologies psychiatriques. « Certains agissent par pathologie, d’autres par acte de malveillance ou par négligence », précise Noémie Schulz.
Un phénomène national qui dépasse la Gironde
Si la Gironde est particulièrement touchée, les départs de feu suspects se multiplient ailleurs en France. Selon Laurent Nuñez, 70 % des incendies de forêt sont d’origine criminelle. Cette statistique, rappelée par le ministre, met en lumière l’ampleur du problème. Les autorités ont renforcé les moyens de surveillance, avec des patrouilles de gendarmerie et des contrôles accrus dans les zones à risque.
Les incendies volontaires ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur augmentation cet été interroge. Les services de secours, déjà mobilisés par les vagues de chaleur et la sécheresse, doivent désormais faire face à une menace supplémentaire : l’action malveillante ou négligente de certains individus. « On est tous sur le qui-vive », confie un habitant de Lacanau. « Après chaque incendie, on se demande si ce sera le dernier ou si un autre va suivre ».
Les enquêtes se poursuivent pour identifier les auteurs des départs de feu suspects, notamment celui de Lacanau. Les forces de l’ordre examinent les images de vidéosurveillance et recueillent les témoignages des habitants. Dans l’attente des résultats, les riverains restent mobilisés, prêts à réagir en cas de nouvelle alerte.
Les peines varient selon la gravité des faits. En cas de mort causée par l’incendie, la réclusion criminelle à perpétuité peut être prononcée. Pour les autres cas, les peines peuvent aller jusqu’à 20 ans de prison et des amendes pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros.