Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux Armées de déployer dès le samedi 25 juillet 2026 un avion de transport militaire A400M au-dessus de la Gironde pour soutenir la lutte contre les incendies qui ravagent la région, selon Franceinfo – Faits divers. Cet appareil, équipé d’un kit de largage prototype développé par Airbus, permettra de déverser jusqu’à 20 tonnes de produit retardant en une seule passe, soit l’équivalent de deux avions Dash. Initialement prévu pour une mise en service à la fin du mois, ce déploiement a été avancé en raison de l’urgence de la situation.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Premier ministre a ordonné le déploiement de l’A400M dès le 25 juillet, en anticipation des besoins opérationnels.
  • L’appareil est capable de larguer 20 tonnes de retardant par mission, contre 10 tonnes pour un Dash classique.
  • 140 000 personnes ont déjà été évacuées dans les Landes et en Gironde, dont 110 000 en Gironde seule.
  • Plus de 22 000 hectares ont été détruits par les feux en Gironde, un bilan qualifié d’historique par les autorités.
  • Le nombre de militaires mobilisés passe de 500 à 1 000 pour appuyer les sapeurs-pompiers.

Un déploiement accéléré face à une situation critique

L’A400M, avion de transport tactique conçu pour le ravitaillement en vol et le transport de troupes, sera utilisé pour la première fois dans une mission de lutte contre les incendies en France. Selon les informations recueillies par Franceinfo – Faits divers, son équipement inclut un système de largage de retardant, un produit ignifuge conçu pour stopper la progression des flammes en créant une barrière chimique. Ce kit, encore en phase de tests, offre une capacité de charge bien supérieure à celle des avions traditionnels utilisés par la sécurité civile.

Jusqu’à présent, le déploiement de l’A400M était envisagé pour la fin du mois d’août, après une série d’essais techniques. Mais l’aggravation des feux en Gironde a conduit le gouvernement à anticiper cette mesure. « On n’avait jamais vu ça, un feu convectif de cette ampleur », a commenté le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur TF1, soulignant l’ampleur inédite de la catastrophe.

Des moyens humains et matériels renforcés par l’armée

Face à l’ampleur des sinistres, le président Emmanuel Macron a appelé l’armée à se mobiliser « au maximum » pour soutenir la sécurité civile. Sébastien Lecornu a annoncé que le nombre de militaires déployés en appui des sapeurs-pompiers serait doublé, passant de 500 à 1 000 soldats. Ces renforts interviendront notamment pour des missions de logistique, de sécurisation des zones évacuées ou de déblaiement après les incendies.

Selon les dernières données du ministère de l’Intérieur, 140 000 personnes ont déjà dû quitter leur domicile, dont 110 000 en Gironde et 31 000 dans les Landes. Ces évacuations, parmi les plus massives jamais organisées en France, concernent des communes comme Saint-Médard-en-Jalles, Le Haillan, Saint-Jean-d’Illac ou encore Martignas-sur-Jalles. Sept nouvelles communes ont été ajoutées à la liste vendredi soir, portant le total à près d’une dizaine de zones impactées.

Une sécheresse historique et des vents défavorables aggravants

Les feux qui ravagent la Gironde et les Landes s’inscrivent dans un contexte climatique exceptionnel. Les sols et la végétation, desséchés par des mois de sécheresse et des vagues de canicule répétées, s’enflamment avec une facilité inédite. Une étude récente du groupe World Weather Attribution, citée par les autorités, confirme que le changement climatique, lié aux activités humaines, rend ces épisodes de sécheresse plus intenses et prolongés.

Les vents erratiques compliquent également la tâche des secours. En Espagne, où les incendies ont également pris des proportions inquiétantes, les pompiers doivent faire face à des rafales changeantes qui attisent les brasiers et rendent les opérations de lutte contre les feux particulièrement complexes. Au total, 63 000 personnes ont été évacuées en Espagne, et 25 000 hectares ont été détruits dans les régions de Madrid et d’Avila.

D’autres foyers actifs dans le Sud-Est

Si la Gironde concentre l’essentiel des moyens aériens et humains, d’autres départements du Sud-Est sont également touchés. Dans le Var, l’incendie du massif du Gros Bessillon a déjà ravagé 3 250 hectares et mobilise plus de 1 060 sapeurs-pompiers depuis cinq jours. Les pluies annoncées pour l’après-midi du 10 août pourraient apporter un répit, selon la sous-préfète du Var, qui se dit cautiously optimiste. Aucune habitation n’a été endommagée dans ce secteur, mais les évacuations restent en cours pour certains quartiers périphériques.

Dans le Tarn, en revanche, la situation semble mieux maîtrisée : l’incendie qui s’est déclaré dans le département a parcouru 600 hectares avant d’être maîtrisé. Les autorités locales restent vigilantes, mais aucun nouveau départ de feu n’a été signalé dans ce secteur depuis 48 heures.

Des critiques sur l’efficacité des moyens aériens

Le déploiement de l’A400M ne fait pas l’unanimité parmi les professionnels. Grégory Prats, pilote de Canadair expérimenté, a exprimé ses réserves sur l’efficacité de cet appareil dans un entretien accordé à Franceinfo – Faits divers. Selon lui, l’A400M ne pourra intervenir qu’à partir de trois bases en France (Orléans, Mont-de-Marsan et Istres), ce qui implique des rotations de plus de 45 minutes à une heure. « Il va délivrer 20 tonnes sur un chantier toutes les heures ou toutes les heures et demie, alors que quatre Canadair avec un plan d’eau à proximité peuvent déverser 120 tonnes à l’heure », a-t-il expliqué, se disant « désabusé » par cette mesure.

Le commandant de bord ajoute que seulement cinq des douze Canadair de la flotte française sont actuellement opérationnels, en raison de problèmes de maintenance. « À chaque fois qu’il y a un feu, il faut diviser nos forces par le nombre de sinistres, ce qui rend les norias insuffisantes », a-t-il dénoncé. Pour lui, l’action des Canadair, limités à deux appareils par feu, est « pratiquement totalement inefficace » dans ces conditions.

Et maintenant ?

Le gouvernement a acté un renforcement significatif des moyens, mais les prochaines 48 heures seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de l’A400M et des renforts militaires. Les conditions météo, notamment l’évolution des vents et les prévisions de pluie, joueront un rôle clé dans la maîtrise des incendies. Par ailleurs, les autorités pourraient être amenées à prolonger ou à étendre les évacuations si les feux persistent, alors que des milliers de personnes restent hébergées dans des centres d’urgence, comme le parc des Expositions de Bordeaux, transformé en refuge pour 3 500 sinistrés.

Plus largement, cet épisode interroge sur la préparation de la France face aux risques accrus d’incendies liés au changement climatique. Les appels à une revalorisation des moyens de la sécurité civile, déjà formulés après les grands incendies de 2022, pourraient resurgir, à l’image des revendications portées par les syndicats de pompiers depuis plusieurs années.

L’A400M était initialement prévu pour être opérationnel à la fin du mois d’août, après une phase de tests techniques. Son déploiement a été avancé en raison de l’aggravation de la situation en Gironde, où les feux ont pris une ampleur inédite. Le gouvernement a jugé nécessaire d’anticiper cette mesure pour renforcer rapidement les moyens aériens disponibles.

Selon les déclarations de pilotes et de responsables de la sécurité civile rapportées par Franceinfo – Faits divers, seulement cinq des douze Canadair de la flotte française sont actuellement opérationnels. Les autres appareils seraient immobilisés en raison de problèmes de maintenance, notamment liés à l’approvisionnement en pièces détachées.