Un homme de 34 ans a été condamné mardi 28 juillet 2026 à quatre ans de prison ferme, dont 18 mois avec sursis, par le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan pour avoir déclenché deux incendies volontaires à Morcenx-la-Nouvelle, dans les Landes, et pour avoir agressé sexuellement deux gendarmes intervenus sur place. Selon Franceinfo – Faits divers, qui rapporte l’information, l’accusé, déjà connu des services de police pour de multiples antécédents judiciaires, a été reconnu coupable des faits lors d’un procès où il a maintenu sa version des faits, niant toute responsabilité dans les départs de feu.

Ce qu'il faut retenir

  • Un homme de 34 ans condamné à quatre ans de prison ferme, dont 18 mois avec sursis, pour deux départs de feu volontaires à Morcenx-la-Nouvelle (Landes) et agressions sexuelles sur des gendarmes.
  • Les incendies, déclenchés avec des mégots jetés par la fenêtre de sa voiture, ont ravagé 2 hectares de forêt.
  • L’accusé, sans domicile fixe et déjà condamné pour violences, vols et outrages, affirmait ne pas se souvenir des faits, invoquant une consommation importante d’alcool.
  • Le tribunal a retenu des circonstances aggravantes, notamment la période de crise liée aux incendies en cours dans la région au moment des faits.
  • Il devra verser 1 000 euros de dommages et intérêts aux deux gendarmes victimes de ses agressions.

Des départs de feu déclenchés au cœur de la crise des incendies

Les deux incendies, survenus le 11 août 2025 en pleine crise des feux de forêt dans les Landes, ont été attribués à l’homme condamné. Selon les éléments du dossier, il aurait jeté des mégots par la vitre de sa voiture alors qu’il circulait à proximité de Morcenx-la-Nouvelle. Les départs de feu, qui ont parcouru quelque 2 hectares de végétation, se sont produits à seulement une soixantaine de kilomètres de Biscarrosse, où un important incendie faisait alors rage.

Le prévenu, défendu par son avocat maître Julien Chauvin, a toujours nié les faits. Lors de l’audience, il a affirmé ne pas avoir de souvenirs précis des événements, invoquant une consommation excessive de bière avec son frère, également présent sur les lieux ce soir-là. « En pleine panique du feu de Biscarrosse, il a eu un comportement a minima d’une négligence extrême », a souligné la procureure Léa Montet, qui a requis une peine exemplaire en raison de la gravité des faits et du contexte.

Agressions sexuelles sur des gendarmes : un comportement jugé « sans limites »

Outre les départs de feu, l’homme a été condamné pour des faits d’exhibitionnisme et d’agressions sexuelles envers deux gendarmes intervenus pour verbaliser son comportement. Selon l’accusation, il aurait à plusieurs reprises attrapé les parties intimes des militaires, baissé son pantalon pour se toucher et proféré des insultes et des menaces de mort. « Il s’autorise désormais à humilier les gendarmes, les agresser publiquement, il n’a plus aucune limite », a dénoncé la procureure lors de son réquisitoire.

Les faits remontent au 11 août 2025, alors que les deux gendarmes intervenaient sur place pour un contrôle routier. L’accusé, déjà connu pour son casier judiciaire chargé, avait été interpellé sur place. Son avocat a tenté de minimiser les agissements de son client, évoquant un état d’ébriété avancé qui aurait altéré son jugement.

Un casier judiciaire déjà très fourni

L’accusé, sans domicile fixe, cumule un lourd passé judiciaire. Selon les éléments présentés lors du procès, il a été condamné à de multiples reprises pour des faits de violences, vols, outrages et refus d’obtempérer. Sa présence sur les lieux des incendies, alors que la région était en état d’alerte maximal, a été interprétée comme une provocation supplémentaire par les magistrats.

Le tribunal a finalement retenu une peine de quatre ans de prison ferme, assortie d’une période de sursis probatoire de deux ans. Il devra également indemniser les deux gendarmes à hauteur de 1 000 euros chacun pour préjudice moral. La défense a annoncé son intention de faire appel de la décision, estimant que les preuves étaient insuffisantes pour établir la culpabilité de son client.

Et maintenant ?

La condamnation de l’accusé ne clôt pas totalement l’affaire, puisque sa défense a annoncé son intention de faire appel. Le recours pourrait être examiné dans les prochains mois, prolongeant ainsi l’instruction judiciaire. Par ailleurs, cette affaire rappelle l’importance des contrôles dans les zones à risque, notamment pendant les périodes de sécheresse et de vents forts, où le moindre mégot peut déclencher un incendie dévastateur.

Les incendies de l’été 2025 dans les Landes avaient déjà mobilisé des moyens humains et matériels considérables, avec des centaines d’hectares ravagés et des évacuations massives. Les autorités locales avaient alors appelé à une vigilance accrue de la part des automobilistes, rappelant que jeter un mégot par la fenêtre est un délit passible de sanctions pénales.

En France, un départ de feu involontaire peut être sanctionné par jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, selon l’article 322-6 du Code pénal. En cas de mise en danger d’autrui ou de dégradation de biens publics, les peines peuvent être alourdies.

La sécheresse assèche la végétation, qui devient un combustible idéal pour les incendies. Les vents forts propagent plus rapidement les flammes, et les sols durcis limitent l’absorption de l’eau, rendant les interventions des secours plus difficiles. En 2025, les Landes ont enregistré l’un des étés les plus secs jamais mesurés.