Le massif de l’Esterel, situé entre les départements du Var et des Alpes-Maritimes, reste fermé en raison des incendies qui ravagent la région depuis plusieurs semaines. Selon BFM Business, les professionnels installés à ses pieds subissent de plein fouet cette interdiction, qui perturbe durablement leur activité économique. Des salariés de La Poste, empêchés d’accéder à leur lieu de travail, se retrouvent contraints de poser des RTT ou de rattraper leurs heures.
Ce qu'il faut retenir
- Fermeture prolongée du massif de l’Esterel en raison des incendies, avec un impact direct sur les entreprises et les salariés locaux.
- 1 200 hectares brûlés dans le Var depuis le début des feux, selon les derniers bilans des services de secours.
- Salariés de La Poste dans l’impossibilité de travailler, contraints de recourir aux RTT ou à des heures supplémentaires pour compenser.
- Secteur agricole et touristique particulièrement affecté, avec des pertes estimées à plusieurs millions d’euros.
- Risque de flambée des prix des fruits et légumes locaux en raison des récoltes compromises par la sécheresse et les incendies.
Un massif fermé, des activités paralysées
Depuis le début des incendies dans le massif de l’Esterel, les autorités locales maintiennent la fermeture totale du site, une mesure nécessaire pour des raisons de sécurité mais qui plonge les professionnels locaux dans une situation délicate. D’après BFM Business, cette interdiction d’accès touche particulièrement les petites entreprises et les indépendants, dont l’activité dépend directement de l’accès aux zones naturelles et aux sentiers environnants. Côté Var et Alpes-Maritimes, les commerçants, artisans et prestataires de services subissent des pertes financières importantes, faute de clientèle et d’accès aux sites touristiques.
Parmi les secteurs les plus impactés figurent l’hôtellerie-restauration et les activités de plein air, comme les locations de pédalos ou les randonnées guidées. « On a perdu 40 % de notre chiffre d’affaires depuis le début des incendies », témoigne un gérant de restaurant à Fréjus. Les réservations, déjà en baisse depuis la crise sanitaire, se sont effondrées avec les restrictions d’accès. Autant dire que la situation est critique pour ces professionnels, qui peinent à anticiper une reprise.
Des salariés de La Poste en difficulté
Les incendies n’ont pas seulement perturbé les activités touristiques et commerciales. Selon BFM Business, les salariés de La Poste en charge de la distribution dans les communes autour de l’Esterel se retrouvent également dans l’impossibilité de travailler. Empêchés d’accéder aux zones sinisées, ils sont contraints de poser des RTT ou de rattraper leurs heures en dehors de leur temps de travail habituel. « On nous demande de poser des jours de congé ou de faire des heures supplémentaires pour compenser, mais c’est compliqué quand on a des contraintes familiales », explique un facteur basé à Saint-Raphaël.
La direction régionale de La Poste a confirmé cette situation, tout en soulignant que des solutions alternatives étaient à l’étude pour limiter l’impact sur les salariés. Cependant, aucune date de réouverture du massif n’a été communiquée à ce jour. Les syndicats s’inquiètent des conséquences à long terme sur l’organisation du travail et la motivation des équipes.
Des répercussions sur l’agriculture locale
Le massif de l’Esterel n’est pas seulement une destination touristique prisée. Il abrite également des exploitations agricoles, notamment des vergers et des cultures maraîchères, qui souffrent de la sécheresse et des incendies. Selon Daniel Sauvaitre, secrétaire général d’Interfel, « les manques commencent à apparaître ». Les récoltes de fruits et légumes locaux, déjà fragilisées par les épisodes de canicule, pourraient subir une nouvelle baisse de production, entraînant mécaniquement une hausse des prix en magasin.
Les professionnels du secteur pointent du doigt un double phénomène : d’un côté, la réduction des surfaces cultivables en raison des feux, et de l’autre, la baisse des rendements liée aux restrictions d’accès à l’eau. « Si la situation ne s’améliore pas d’ici la fin de l’été, on risque une flambée des prix des fruits et légumes locaux », prévient un maraîcher de Bormes-les-Mimosas. Les consommateurs pourraient donc subir une nouvelle hausse des tarifs, alors que l’inflation reste un sujet de préoccupation majeur pour les ménages.
Un impact économique difficile à chiffrer
À ce stade, il est encore difficile d’évaluer précisément l’ampleur des pertes subies par les professionnels de l’Esterel. Cependant, les premières estimations évoquent des dizaines de millions d’euros de manque à gagner pour le secteur touristique et agricole. Selon les élus locaux, la situation pourrait durer encore plusieurs semaines, en fonction de l’évolution des incendies et des conditions météorologiques.
Les collectivités tentent de mobiliser des aides d’urgence pour soutenir les entreprises et les salariés touchés. « On travaille avec l’État et la région pour mettre en place des dispositifs de solidarité », indique un conseiller départemental du Var. Pour autant, les professionnels restent dans l’expectative, faute de visibilité sur la réouverture du massif et la reprise de leur activité.
Plus largement, cette crise rappelle l’importance de renforcer la prévention des incendies dans les massifs forestiers, alors que le changement climatique augmente le risque de feux de forêt. Les pouvoirs publics pourraient être amenés à revoir leurs stratégies de gestion des crises, afin de mieux protéger à la fois les populations et les économies locales.
Aucune date officielle n’a été communiquée à ce jour. Les autorités dépendent de l’évolution des incendies et des conditions météorologiques. Une réouverture partielle pourrait intervenir d’ici la fin du mois d’août, mais elle reste soumise à validation.