Alors que l’Europe subit une vague de chaleur exceptionnelle, plusieurs pays des Balkans et d’Italie sont frappés par des incendies de forêt d’une intensité inédite. Selon Euronews FR, les températures dépassant les 40°C alimentent des brasiers qui ravagent des réserves naturelles, des forêts et menacent des villages entiers. En Serbie, plus de 700 hectares de la réserve de Deliblato Sands, près de Belgrade, ont été réduits en cendres, tandis que les autorités hongroises ont dû arrêter leur unique centrale nucléaire en raison du niveau historiquement bas du Danube.
Ce qu'il faut retenir
- En Serbie, 700 hectares de la réserve naturelle de Deliblato Sands ravagés par les flammes, mobilisation massive des secours.
- En Hongrie, la centrale nucléaire de Paks a été arrêtée en raison de la baisse critique du Danube, qui atteint des niveaux jamais enregistrés.
- En Italie, une alerte maximale à la chaleur a été déclenchée dans toutes les grandes villes, avec un incendie actif en Émilie-Romagne.
- En France, l’incendie du Var, fixé après 18 jours, couvre plus de 60 km², le plus vaste depuis des décennies.
- Le rapport European State of the Climate 2025 confirme que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale.
Serbie : des incendies dévastateurs dans les réserves naturelles
Les autorités serbes et les équipes de secours sont en première ligne pour lutter contre une série d’incendies qui ravagent plusieurs régions du pays. Dans le nord-est, près de Belgrade, la réserve naturelle spéciale de Deliblato Sands, l’une des plus importantes d’Europe, a été en partie détruite. Selon les derniers bilans, 700 hectares de cette zone protégée ont été réduits en cendres, mobilisant des moyens aériens et terrestres. « Les dégâts sont énormes. C’est une jeune pinède, ces pins ont été plantés dans les années 80 », a déclaré un habitant à l’agence Associated Press.
Parallèlement, près de la ville de Kraljevo, plusieurs foyers continuent de brûler, forçant l’évacuation des habitants des villages voisins. Jeudi, un incendie majeur a également balayé la vallée de l’Ibar, dans le centre du pays. Les pompiers, soutenus par des avions bombardiers d’eau, ont dû faire face à un terrain escarpé pour protéger les zones habitées. Les températures, souvent supérieures à 40°C, aggravent la situation et rendent les opérations de lutte contre les flammes particulièrement difficiles.
Hongrie et Serbie : le Danube au plus bas, une crise énergétique s’installe
La vague de chaleur qui frappe l’Europe du Sud-Est a également un impact direct sur les fleuves du continent. En Hongrie, le niveau du Danube a atteint des niveaux historiquement bas, une situation qui a contraint les autorités à arrêter la centrale nucléaire de Paks, dépendante du fleuve pour son refroidissement. « C’est une première dans l’histoire du pays », a confirmé un porte-parole du gouvernement hongrois. La Serbie, de son côté, a dû réduire la production de ses centrales hydroélectriques, dont les deux principales installations ne fonctionnent qu’à 20 % et 30 % de leurs capacités.
Ces restrictions énergétiques s’ajoutent aux difficultés déjà rencontrées par les populations locales. Selon les météorologues, la baisse du niveau des fleuves est liée à la sécheresse prolongée et aux températures exceptionnelles qui sévissent depuis plusieurs semaines. Les experts s’interrogent désormais sur l’impact à long terme de ces phénomènes sur les écosystèmes et les infrastructures.
Italie : alerte maximale à la chaleur et incendies en Émilie-Romagne
L’Italie n’est pas épargnée par la canicule. Toutes les grandes villes du pays, de Milan à Rome en passant par Naples, ont été placées en alerte maximale à la chaleur. Dans la région d’Émilie-Romagne, un incendie s’est déclaré jeudi dans une zone isolée près de Vedriano. Les opérations de lutte contre les flammes sont toujours en cours, avec des moyens importants déployés pour limiter la propagation.
Les autorités italiennes ont également mis en garde contre les risques accrus d’incendies, notamment dans les régions du nord et du centre, où la végétation est particulièrement sèche. Les pompiers restent en alerte permanente, prêts à intervenir à tout moment pour éviter une catastrophe similaire à celle qui a frappé la Grèce ou la Turquie ces dernières années.
France : l’incendie du Var enfin fixé, mais la vigilance reste de mise
En France, l’incendie qui ravage le département du Var depuis le 20 juillet a enfin été fixé après 18 jours de mobilisation intense. Selon le Bataillon de marins-pompiers de Marseille, le feu ne progresse plus, mais les équipes restent en alerte maximale. « C’est un feu qui peut durer longtemps. Le matin, par exemple, il s’agit de se positionner, car les risques d’incendie avec le vent et la montée de la chaleur augmentent l’après-midi », a expliqué le chef sergent Anthony.
Avec plus de 60 km² de végétation détruits, cet incendie constitue le plus vaste jamais enregistré dans la région depuis plusieurs décennies. Les autorités appellent à la prudence, car les conditions météo, bien que légèrement améliorées, restent favorables à une reprise des flammes. Les pompiers continuent de surveiller la zone, tandis que les habitants des communes voisines sont invités à signaler tout signe de reprise de feu.
Le rapport European State of the Climate 2025, cité par Euronews FR, rappelle que les vagues de chaleur deviendront plus fréquentes et plus intenses à l’avenir. Les scientifiques insistent sur la nécessité d’adapter les infrastructures et les politiques publiques pour faire face à ces nouveaux défis.
Le niveau exceptionnellement bas du Danube est lié à la sécheresse prolongée et aux températures élevées qui sévissent en Europe du Sud-Est. Ces conditions ont entraîné une évaporation accrue et une réduction des précipitations, ce qui a fait chuter le débit du fleuve à des niveaux critiques.
L’arrêt de la centrale nucléaire de Paks, dépendante du Danube pour son refroidissement, pourrait entraîner des perturbations dans l’approvisionnement électrique de la Hongrie. Les autorités ont indiqué que des solutions alternatives étaient en cours d’examen pour limiter l’impact sur le réseau.