Avec plus de 116 000 hectares ravagés depuis le début de l’année et plus de 13 500 départs de feu recensés à ce jour, la France traverse une saison d’incendies « inédite et exceptionnelle », selon les termes du ministre de l’Intérieur évoqués ce lundi. Face à cette situation, le député La France Insoumise (LFI) Hadrien Clouet a vivement réagi, qualifiant la gestion gouvernementale de « scandale d’État » et réclamant l’organisation d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour adopter un projet de loi de finances rectificatif dédié à la lutte contre les incendies. Ces déclarations, formulées le 28 juillet 2026 sur franceinfo – Faits divers, interviennent alors que les services de sécurité civile, en première ligne, dénoncent un manque criant de moyens.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 116 000 hectares brûlés en France depuis le début de l’année 2026, selon les dernières données disponibles.
  • 13 500 départs de feu enregistrés, une saison qualifiée d’« inédite et exceptionnelle » par le ministre de l’Intérieur.
  • Hadrien Clouet (LFI) dénonce un « scandale d’État » et exige une session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour voter un projet de loi de finances rectificatif.
  • Le député pointe du doigt un gouvernement accusé d’avoir « vidé de sa capacité la sécurité civile » et de mentir sur les projets gouvernementaux.
  • Parmi les mesures réclamées : une commande urgente de kits de largage pour l’A400M et un renforcement des moyens alloués aux pompiers, notamment en matériel roulant et aéroporté.
  • Hadrien Clouet propose également de rediriger une partie de l’ISF vers le financement des sapeurs-pompiers, estimant qu’il s’agit d’un « investissement » plutôt que d’un coût.

Une situation « inédite » et des moyens jugés insuffisants

Le bilan des incendies en France s’alourdit chaque semaine. Selon les dernières estimations officielles, plus de 116 000 hectares ont été détruits depuis janvier 2026, un chiffre qui place cette année parmi les plus dévastatrices des dernières décennies. Le ministre de l’Intérieur, cité par franceinfo – Faits divers, a qualifié cette saison d’« inédite et exceptionnelle », soulignant l’ampleur des feux qui ont touché de nombreuses régions, de la Gironde aux Landes, en passant par le Var ou encore les Pyrénées-Orientales.

Pourtant, malgré l’urgence, les moyens déployés pour y faire face sont vivement critiqués. Hadrien Clouet, député LFI de Haute-Garonne et porteur de ces questions au sein de son parti, a pointé du doigt un gouvernement qu’il accuse d’avoir « vidé de sa capacité la sécurité civile ». Dans un entretien accordé à franceinfo, il a également dénoncé les déclarations de la porte-parole du gouvernement, qu’il juge « mensongères » sur les capacités réelles des services de secours et les projets en cours.

Des mesures concrètes réclamées pour les pompiers

Face à cette crise, Hadrien Clouet a détaillé une série de mesures qu’il juge urgentes pour renforcer les moyens de lutte contre les incendies. Parmi elles, la commande « dans les jours qui viennent » de kits de largage pour l’A400M, un avion de transport militaire dont la capacité de lutte aérienne est jugée essentielle. Le député a également rappelé l’absence de commande d’hélicoptères Super Puma pour l’année 2027, un manque qu’il qualifie d’« inacceptable ». « Avoir décommandé des Canadair, c’est en dessous de tout, n’avoir toujours aucune commande d’hélicoptères Super Puma pour l’année prochaine, c’est un problème », a-t-il déclaré.

Autre point de crispation : l’équipement des sapeurs-pompiers. Hadrien Clouet a révélé que ces derniers utilisent des cagoules à 12 euros pièce, jugées inefficaces contre les produits cancérogènes. « Ils sont sur le front, mais on leur donne des moyens qui ne les protègent pas », a-t-il dénoncé, évoquant une « improvisation totale » dans la gestion de cette crise.

Un financement proposé : l’ISF au service des pompiers

Pour financer ces mesures, Hadrien Clouet a proposé une solution originale : rediriger une partie de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) vers la lutte contre les incendies. « Il suffirait de quatre jours d’ISF pour acheter deux Canadair », a-t-il plaidé, estimant que « financer les sapeurs-pompiers, ce n’est pas un coût, c’est un investissement ». Cette proposition s’inscrit dans une logique de justice fiscale, selon le député, qui rappelle que les plus aisés pourraient contribuer davantage à la protection des territoires et des populations.

Cette idée s’accompagne d’une urgence politique, selon lui. « Je connais les macronistes : dans quatre ou cinq mois, ils nous diront que tout est sous contrôle et qu’il n’est plus nécessaire d’agir », a-t-il lancé, appelant à une réaction rapide de l’Assemblée nationale. « Incompréhensible de voir des députés nous dire “non, pas un euro de plus aux sapeurs-pompiers” après une telle séquence », a-t-il ajouté, soulignant que les moyens alloués aujourd’hui éviteront des dépenses bien plus lourdes demain.

Le gouvernement sous pression, mais des réponses encore en suspens

Les déclarations d’Hadrien Clouet interviennent alors que le gouvernement est déjà sous le feu des critiques pour sa gestion des incendies. Plusieurs élus locaux et professionnels des secours ont, ces dernières semaines, pointé du doigt un manque de préparation et des moyens insuffisants. Dans une récente interview, le président de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours avait d’ailleurs regretté que « depuis 2022, il ne se soit rien passé » pour renforcer les dispositifs de prévention et d’intervention.

Pour l’heure, aucune réponse officielle n’a été apportée aux revendications portées par le député LFI. Le gouvernement n’a pas encore réagi publiquement à l’appel à une session extraordinaire de l’Assemblée nationale, ni aux propositions de financement avancées. Contacté par franceinfo – Faits divers, Matignon n’a pas donné suite dans l’immédiat.

Et maintenant ?

Si la proposition d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale était acceptée, celle-ci pourrait se tenir d’ici quelques semaines, à condition que les groupes parlementaires parviennent à un accord sur l’urgence de la situation. Une commission d’enquête pourrait également être envisagée pour faire la lumière sur les dysfonctionnements éventuels dans la gestion des crises incendies. Par ailleurs, la question du financement des services de secours devrait revenir sur la table lors des prochains débats budgétaires, prévus à l’automne. Reste à voir si les promesses de moyens supplémentaires, tant attendues par les pompiers, se concrétiseront avant la prochaine saison estivale.

Une chose est sûre : la crise des incendies en France, qui s’inscrit dans un contexte de réchauffement climatique et de multiplication des épisodes de sécheresse, pose désormais la question plus large de la résilience des territoires face aux risques naturels. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la capacité du pays à s’adapter à ces nouveaux défis.

D’après les dernières données disponibles, les régions les plus affectées sont la Gironde, les Landes, le Var et les Pyrénées-Orientales. Ces départements ont subi des feux d’une ampleur exceptionnelle, avec des surfaces brûlées dépassant parfois plusieurs milliers d’hectares en quelques jours.

Les principales revendications portent sur le renforcement des moyens humains et matériels : achat de Canadair et d’hélicoptères Super Puma, amélioration de l’équipement des sapeurs-pompiers (notamment contre les produits cancérogènes), et augmentation des budgets alloués à la prévention et à l’intervention. Plusieurs élus locaux réclament également une meilleure coordination entre l’État et les collectivités territoriales.