« Les moyens ont doublé depuis trois ans, et on est encore en train d'en rajouter. Qui, en Europe ou dans le monde, a fait un tel effort ? Personne », a affirmé Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, lors d'une interview à Franceinfo – Faits divers le 24 juillet 2026. Depuis plusieurs semaines, la France fait face à une série d'incendies ravageurs, notamment en Gironde, dans le Var et en Corse, obligeant des milliers de personnes à évacuer.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 50 000 hectares ont déjà été ravagés par les incendies en France depuis le début de la saison.
- Les moyens de lutte contre les feux ont plus que doublé en trois ans, avec le déploiement de nouveaux Canadair et le renforcement des effectifs.
- Le gouvernement a activé le mécanisme européen de protection civile, mobilisant des renforts aériens croates, portugais, tchèques et slovaques.
- Les pompiers, dont les conditions de travail sont qualifiées d'« extrêmes », sont salués pour leur engagement malgré les critiques sur les moyens humains.
- La situation est qualifiée de « exceptionnelle » en raison des canicules précoces et du dérèglement climatique.
Une saison marquée par des mégafeux incontrôlables
Depuis plusieurs semaines, la France subit une vague d'incendies d'une intensité rarement observée. Dans le Var, en Corse et surtout en Gironde, autour de la commune de Lège-Cap-Ferret et du bassin d'Arcachon, des milliers d'habitants et de vacanciers ont dû être évacués en urgence. Selon Franceinfo – Faits divers, plus de 50 000 hectares ont déjà été réduits en cendres depuis le début de l'été, une superficie qui dépasse déjà celle enregistrée sur toute l'année 2025.
Les conditions météorologiques, marquées par des vents violents et des températures caniculaires, compliquent considérablement le travail des secours. « Il faut se rendre compte des conditions extrêmes dans lesquelles [les pompiers] sont en train de travailler », a souligné Jean-Didier Berger, rappelant que les priorités actuelles restent avant tout la protection des vies et des biens.
Des moyens renforcés, mais une situation qui reste sous tension
Face à l'ampleur de la crise, le gouvernement a mis en avant les efforts déployés pour renforcer les moyens de lutte contre les incendies. « Nous avons plus que doublé les moyens à disposition des forces de secours », a indiqué le ministre délégué. La France dispose désormais de 12 Canadair de nouvelle génération, dont deux supplémentaires doivent être livrés d'ici deux ans. Avec 90 appareils de ce type dans le monde, la France possède ainsi la flotte la plus importante d'Europe.
Pourtant, malgré ces renforts, la situation reste tendue. Les pompiers, dont les syndicats dénoncent un manque de moyens humains et financiers, continuent de travailler dans des conditions éprouvantes. « Ils sont épuisés pour certains, agacés pour d'autres », a confirmé Jean-Didier Berger, tout en insistant sur la mobilisation exceptionnelle des agriculteurs, qui apportent un soutien logistique en fournissant de l'eau aux équipes de secours.
La solidarité européenne comme levier de réponse
Conscient que la France ne peut faire face seule à cette crise, Emmanuel Macron a activé le 23 juillet le mécanisme européen de protection civile. Ce dispositif permet de mobiliser des renforts aériens en provenance de plusieurs pays européens : la Croatie, le Portugal, la République tchèque et la Slovaquie. Ces moyens supplémentaires, attendus rapidement, devraient permettre de soulager les équipes françaises déjà à l'œuvre sur le terrain.
« Cette solidarité entre également en ligne de compte », a rappelé le ministre délégué, avant d'ajouter : « Je pense qu'il faut vraiment se rendre compte de la force française. En moyenne, nous avons dix fois moins de surface brûlée par incendie que dans d'autres pays européens, comme l'Espagne. » Pour lui, cette capacité à circonscrire rapidement les départs de feu est le fruit d'un savoir-faire et d'une anticipation qui font la fierté du pays.
« Il faut se rendre compte que, le plus souvent, ce n'est pas l'Europe qui aide la France, mais la France qui aide l'Europe. Quand on dispose de tels moyens, il faut en être fier. Nous avons doublé les moyens depuis trois ans, et nous continuons à les renforcer. Qui, en Europe ou dans le monde, a fait un tel effort en la matière ? Personne. »
— Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur
Un contexte climatique aggravant et des critiques persistantes
Si le gouvernement met en avant les efforts consentis, la situation actuelle interroge sur la préparation à long terme. Les incendies de grande ampleur, ou mégafeux, sont de plus en plus fréquents en raison des canicules précoces et du dérèglement climatique. « Cette année est tout à fait exceptionnelle », a reconnu Jean-Didier Berger, tout en rappelant que les moyens ont été renforcés avant même l'apparition de cette vague de chaleur.
Pourtant, les syndicats de pompiers contestent cette version. Ils dénoncent un manque de moyens humains et financiers, ainsi qu'un épuisement des équipes après des années de mobilisation intense. « Ils sont vent debout », a confirmé un journaliste de Franceinfo, soulignant que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, doit s'exprimer ce matin depuis la place Beauvau pour tenter d'apaiser les tensions.
Cette crise met en lumière les défis posés par le changement climatique et la nécessité d'une adaptation constante des moyens de prévention et de lutte. Si la France affiche une volonté affichée de renforcer ses capacités, la question de la pérennité de ces investissements se pose avec acuité.
Le gouvernement français a fait appel à la solidarité européenne car la situation dépasse les moyens nationaux, notamment en raison de l'ampleur des incendies et des conditions météorologiques extrêmes. Ce mécanisme permet de mobiliser rapidement des ressources aériennes supplémentaires en provenance de plusieurs pays de l'Union européenne.