Plusieurs bureaux de poste en Gironde ont dû fermer leurs portes en raison des incendies qui ravagent la région, empêchant de nombreux salariés de se rendre à leur travail. D’autres ont été évacués de leur domicile, confrontés aux fumées toxiques ou à la progression des feux. Selon BFM Business, l’entreprise La Poste maintient les salaires de ses employés, mais exige qu’ils posent des jours de congé ou rattrapent leurs heures.

Ce qu'il faut retenir

  • Une vingtaine de bureaux de poste en Gironde ont été fermés en raison des incendies, dont la plateforme de tri de Cestas, paralysant la distribution de 700 000 plis dans dix départements du Sud-Ouest.
  • Les salariés dont le lieu de travail est inaccessible doivent rattraper leurs heures à raison d’une heure par jour maximum, sans rémunération supplémentaire.
  • Les employés évacués de leur domicile doivent poser des congés s’ils ne peuvent pas travailler, selon les règles appliquées par La Poste.
  • La CGT dénonce une « double peine » pour les postiers, déjà affectés par les feux, et réclame la mise en place d’autorisations spéciales d’absence (ASA).
  • Le syndicat a déposé un préavis de grève et signalé un danger grave et imminent en CSE, pointant l’absence de masques FFP2 pour les salariés vulnérables.

Des fermetures massives et des perturbations majeures

Les incendies en Gironde ont entraîné la fermeture de 20 bureaux de poste, dont celui de Cestas, qui joue un rôle clé dans le tri du courrier pour dix départements du Sud-Ouest. Selon BFM Business, cette fermeture a paralysé la distribution de 700 000 plis, aggravant les perturbations pour les particuliers et les entreprises. « Le travail a été fortement perturbé par les feux de forêt sans précédent qui ont ravagé des zones immenses en Gironde », précise la source.

Parmi les salariés concernés, certains n’ont pas pu se rendre sur leur lieu de travail en raison de la fermeture de leur bureau. D’autres ont dû fuir leur domicile, évacués en urgence face à l’avancée des flammes ou aux risques liés aux fumées toxiques. Ces situations ont plongé de nombreux employés dans une précarité immédiate, avec des conséquences sur leur activité professionnelle.

Rattrapage d’heures ou congés imposés : la réponse de La Poste

Face à ces absences forcées, La Poste a décidé de maintenir les salaires de ses employés, mais sous conditions. « Pour les collaborateurs touchés par les mesures d’évacuation, chaque situation est examinée individuellement », explique le groupe à France 3, cité par BFM Business. Lorsque les restrictions de circulation ou les évacuations empêchent l’exercice de l’activité, l’entreprise maintient la rémunération malgré la suspension temporaire du travail. Cependant, elle impose aux salariés de rattraper leurs heures perdues à raison d’une heure par jour maximum, sans compensation financière supplémentaire.

Johnny Perré, délégué syndical CGT-FATP en Gironde, dénonce cette mesure dans une vidéo publiée sur Facebook. « Ce sont des heures supplémentaires non payées », souligne-t-il. Pour les salariés évacués de leur domicile, La Poste exige qu’ils posent des jours de congé s’ils ne peuvent pas travailler. Une décision qui aggrave la situation des postiers déjà fragilisés par la crise.

Une gestion contestée par les syndicats et les salariés

Les représentants des salariés dénoncent une « double peine » : après avoir subi les conséquences des incendies, ils doivent faire face à des contraintes supplémentaires imposées par leur employeur. Une factrice interrogée par France 3 Aquitaine résume le sentiment général : « On n’est pas responsable de ce qu’il se passe. Je suis allée me réfugier loin du feu car, en tant qu’asthmatique, j’ai peur des fumées toxiques. Les autorités n’ont pas encore autorisé le retour des habitants dans ma ville, et les routes sont fermées. C’est complètement inadmissible. Ce qu’on demande, c’est un peu d’empathie, un peu de compassion pour nos collègues en difficulté qui dorment dans des gymnases, dans des salles des fêtes ou chez leur famille. »

De son côté, la CGT-FATP a déposé un préavis de grève et signalé un danger grave et imminent en Comité social et économique (CSE). Le syndicat accuse La Poste de ne pas protéger suffisamment ses salariés, notamment en ne fournissant pas systématiquement des masques FFP2 aux employés vulnérables. Johnny Perré a rappelé que « La Poste ne met pas à disposition des masques FFP2 », une mesure pourtant recommandée pour limiter l’exposition aux fumées toxiques.

Les masques FFP2 au cœur de la polémique

La question des équipements de protection individuelle (EPI) a cristallisé les tensions entre l’entreprise et les syndicats. Johnny Perré a souligné que « La Poste ne met pas à disposition des masques FFP2 », une absence de protection jugée inacceptable par les représentants des salariés. Face à ces critiques, l’entreprise a réagi en affirmant à France 3 qu’elle « applique les recommandations des autorités ». « Nous mettons à la disposition des postiers vulnérables, sur indication du médecin du travail, des masques FFP2 », précise La Poste, qui évoque également « la limitation des déplacements et du temps passé à l’extérieur pour réduire l’exposition à la fumée » ou « la limitation d’activités impliquant des efforts physiques ».

Cette divergence de vues illustre les difficultés rencontrées par les salariés pour concilier sécurité et continuité du service. Alors que les incendies progressent, les postiers doivent faire face à des risques sanitaires accrus, sans toujours disposer des moyens de protection adaptés.

Et maintenant ?

Les prochains jours seront décisifs pour les salariés de La Poste en Gironde, alors que les incendies continuent de menacer la région. La CGT-FATP a déposé un préavis de grève, et la situation pourrait s’envenimer si aucune solution n’est trouvée pour protéger les employés et maintenir leur rémunération sans contraintes supplémentaires. Une réunion en urgence avec la direction est attendue dans les prochains jours pour tenter de trouver un compromis.

Cette crise met en lumière les limites des dispositifs actuels pour les salariés des entreprises publiques confrontés à des crises exceptionnelles. Elle pose également la question plus large de la protection des travailleurs en cas de catastrophe naturelle ou d’événement imprévu, alors que les dispositifs comme le chômage partiel ne s’appliquent pas uniformément à toutes les entreprises.

L’entreprise maintient les salaires, mais considère que les jours non travaillés doivent être compensés par les salariés, soit en rattrapant les heures à raison d’une heure par jour maximum, soit en posant des congés. Cette mesure vise à assurer la continuité du service, malgré les fermetures de bureaux et les évacuations.

La Poste examine chaque situation individuellement. Si aucune autre solution n’est possible, l’entreprise maintient la rémunération, mais impose de poser des congés ou de rattraper les heures. Les syndicats réclament la mise en place d’autorisations spéciales d’absence (ASA), comme dans le secteur privé, pour éviter cette « double peine ».