Deux chasseurs Rafale français, stationnés en Lituanie, ont « intercepté » et « escorté » six avions militaires russes dans l’espace aérien balte le 2 juin dernier. L’information a été confirmée par l’état-major français ce jeudi 4 juin, selon BFM Business.

Cette opération s’inscrit dans le cadre de la mission permanente de l’OTAN, le Baltic Air Policing (BAP), qui vise à assurer la surveillance et la défense de l’espace aérien des pays baltes depuis leur adhésion à l’Alliance en 2004. Les appareils russes interceptés étaient composés de trois chasseurs (un Su-35, un Su-34 et un Su-24), d’un avion de transport Il-76, ainsi que de deux avions de renseignement, un An-12 et un An-30.

Ce qu'il faut retenir

  • Six avions russes interceptés et escortés par deux Rafale français dans l’espace aérien balte le 2 juin 2026.
  • Les appareils concernés : trois chasseurs (Su-35, Su-34, Su-24), un avion de transport Il-76 et deux avions de renseignement (An-12, An-30).
  • Deux Rafale français, basés à Šiauliai en Lituanie, ont été mobilisés pour cette mission.
  • Aucun contact radio n’a été établi avec les appareils russes lors de l’interception.
  • Cette opération s’inscrit dans le cadre du Baltic Air Policing, mission OTAN de surveillance aérienne.
  • Le 22 avril 2026, les Rafale français étaient déjà intervenus à deux reprises en une journée pour des avions russes similaires.

Une mission OTAN renforcée face aux tensions avec Moscou

Depuis plusieurs années, l’espace aérien des pays baltes est régulièrement le théâtre d’incursions d’appareils russes, souvent interprétées comme des provocations par l’OTAN. Ces dernières semaines, les interventions françaises se sont multipliées. Le 22 avril 2026, les Rafale étaient déjà intervenus deux fois dans la même journée pour « prendre en charge » des avions russes. Quelques jours plus tôt, l’état-major avait signalé « quatre interventions en une semaine » pour « identifier et accompagner six avions russes ».

Côté OTAN, le commandement aérien confirme la participation de deux avions de chasse suédois Gripen à l’opération du 2 juin, aux côtés des Rafale français. Aucun échange radio n’a été établi avec les appareils russes, une pratique courante dans ce type de situation, où l’objectif principal reste la surveillance et la dissuasion.

Le dispositif Baltic Air Policing, pilier de la défense aérienne de l’OTAN

Dans le cadre du BAP, quatre Rafale et une centaine de militaires français sont actuellement déployés sur la base aérienne de Šiauliai, en Lituanie. Ce dispositif, mis en place en 2004 après l’adhésion des pays baltes à l’OTAN, consiste en une « police du ciel » permanente. Il vise à protéger l’espace aérien de l’Alliance contre toute intrusion non autorisée, en particulier face à la menace croissante exercée par la Russie sur le flanc est de l’OTAN.

L’état-major français a partagé une vidéo de l’interception sur ses réseaux sociaux, accompagnée d’une musique rock and roll, soulignant l’aspect opérationnel et dynamique de ces missions. Selon les autorités militaires, ces opérations sont menées quotidiennement par les alliés, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes.

Un contexte de pression accrue sur le flanc est de l’OTAN

Les incursions russes dans l’espace aérien de l’OTAN se sont intensifiées ces derniers mois, reflétant une stratégie de pression constante de Moscou sur les frontières orientales de l’Alliance. La Lituanie, la Lettonie et l’Estonie, toutes membres de l’OTAN, sont régulièrement ciblées par des démonstrations de force aérienne russe, destinées à tester les réactions occidentales.

Le Baltic Air Policing, initialement prévu pour une durée déterminée, est devenu une mission permanente en raison de l’évolution du contexte sécuritaire. Les pays baltes, dépourvus d’aviation de combat, comptent sur leurs alliés pour assurer leur protection aérienne. La France, aux côtés de l’Allemagne, du Royaume-Uni et d’autres nations, participe activement à ce dispositif, avec des rotations régulières de chasseurs.

Et maintenant ?

Alors que les tensions persistent, l’OTAN pourrait renforcer son dispositif dans les pays baltes, notamment en augmentant le nombre d’appareils ou en prolongeant les rotations des unités déjà déployées. Une réunion des ministres de la Défense de l’Alliance est prévue en juillet 2026, où la question de la sécurité aérienne en Europe de l’Est devrait être abordée. Pour l’heure, aucun changement n’a été annoncé, mais la situation reste sous haute surveillance.

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des missions de surveillance, en réponse aux mouvements militaires russes signalés près des frontières baltes. Les autorités françaises et l’OTAN ont d’ores et déjà indiqué que ces opérations continueraient de se dérouler « dans le strict respect des règles internationales », sans pour autant exclure de nouvelles mesures si la situation venait à s’aggraver.

Cette série d’incursions russes rappelle que le flanc est de l’OTAN reste une zone de friction majeure, où chaque interception, chaque démonstration de force, compte dans l’équilibre stratégique actuel.

La France participe au Baltic Air Policing dans le cadre de son engagement au sein de l’OTAN. Cette mission vise à assurer la défense aérienne collective des pays baltes, membres de l’Alliance depuis 2004. En déployant des Rafale et des militaires, la France contribue à la surveillance permanente de l’espace aérien balte, en réponse aux incursions russes récurrentes.