Avec une aide exceptionnelle d’un milliard de dollars, le gouvernement indien tente de stabiliser un secteur aérien mis à rude épreuve par la hausse vertigineuse du prix du kérosène. Selon BFM Business, cette décision intervient dans un contexte où le carburant représente entre 40 % et 60 % des coûts d’exploitation des compagnies aériennes, une pression insoutenable pour un pays fortement dépendant des importations de pétrole.

Depuis le début de l’année, le prix du kérosène a presque triplé, une conséquence directe de la paralysie partielle du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour les livraisons de pétrole vers l’Inde. Cette situation s’aggrave à mesure que la guerre au Moyen-Orient perturbe les approvisionnements, forçant New Delhi à agir pour éviter un effondrement du transport aérien national, qui emploie directement ou indirectement 7,7 millions de personnes.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Inde déploie un plan de sauvetage de 1 milliard de dollars pour soutenir son secteur aérien.
  • Le prix du kérosène a presque triplé depuis mars 2026, en raison des tensions au Moyen-Orient.
  • Le carburant représente 40 à 60 % des coûts des compagnies aériennes.
  • Cette aide prend la forme de prêts à taux zéro pour plafonner les prix du kérosène.
  • Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de préserver les liaisons aériennes, intérieures et internationales.

Un secteur aérien sous pression et un carburant devenu inaccessible

L’Inde, troisième consommateur mondial de pétrole, importe près de 80 % de ses besoins énergétiques. Une grande partie de ces importations transite par le détroit d’Ormuz, actuellement perturbé par le conflit opposant l’Iran à une coalition internationale. La conséquence est immédiate : le coût du kérosène, carburant indispensable pour les compagnies aériennes, a explosé, rendant les opérations de plus en plus difficiles à rentabiliser.

Cette flambée des coûts a poussé plusieurs opérateurs, dont Air India, la principale compagnie du pays, à réduire drastiquement le nombre de ses vols, tant sur le territoire national qu’à l’international. Malgré une hausse des tarifs, les pertes se creusent. Selon le rapport annuel de Singapore Airlines, actionnaire majoritaire d’Air India, l’entreprise a enregistré une perte record de plus de 2 milliards de dollars pour l’exercice 2025-2026, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise.

Une aide ciblée pour éviter l’effondrement des compagnies

Pour contrer cette dynamique, le gouvernement indien a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 1 milliard de dollars, distribuée sous forme de prêts à taux zéro aux sociétés chargées de commercialiser le pétrole. L’objectif est clair : plafonner le prix du kérosène vendu aux compagnies aériennes, afin de leur permettre de maintenir leurs activités sans subir de plein fouet la hausse des coûts énergétiques.

Dans un communiqué, les autorités ont souligné que cette mesure vise à « protéger et soutenir les liaisons aériennes intérieures et internationales ». Une déclaration qui résume l’enjeu : éviter un désastre économique et social dans un secteur stratégique pour l’économie indienne. « Sans cette aide, de nombreuses compagnies n’auraient d’autre choix que de suspendre des lignes ou de licencier massivement », estime un analyste du secteur aérien cité par BFM Business.

« Nous agissons pour préserver un secteur qui fait vivre des millions de familles et qui est vital pour l’intégrité économique du pays. »
— Un porte-parole du gouvernement indien

Air India en première ligne d’une crise qui dépasse ses frontières

Parmi les entreprises directement touchées, Air India cristallise les difficultés du secteur. La compagnie, déjà en proie à des restructurations coûteuses, voit ses plans de redressement compromis par la crise actuelle. La réduction de ses vols, combinée à la hausse des prix du carburant, a creusé ses déficits, au point de menacer sa viabilité à moyen terme.

La situation est d’autant plus préoccupante que la demande en transports aériens reste élevée en Inde, pays en pleine expansion économique. Les observateurs s’interrogent : cette aide d’urgence suffira-t-elle à éviter un ralentissement durable du trafic, avec des répercussions en cascade sur l’emploi et la croissance ?

Et maintenant ?

Cette aide exceptionnelle devrait permettre aux compagnies aériennes de tenir jusqu’à la fin de l’année, le temps que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient s’apaisent. Les autorités indiennes tablent sur une stabilisation progressive des approvisionnements en pétrole d’ici la fin 2026, mais des incertitudes persistent quant à la durée des perturbations actuelles. D’ici là, d’autres mesures pourraient être envisagées, notamment si la crise venait à s’aggraver.

Dans l’immédiat, le gouvernement indien devra surveiller de près l’impact de cette enveloppe sur le marché du kérosène, ainsi que la réaction des compagnies aériennes. Une chose est sûre : sans cette intervention, le secteur aurait été contraint de réduire drastiquement ses activités, avec des conséquences économiques et sociales difficiles à mesurer.

Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits. Une chose est certaine, en Inde comme ailleurs, le transport aérien reste un indicateur clé de la santé économique d’un pays.

Le détroit d’Ormuz est une voie maritime par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial. L’Inde, qui importe près de 80 % de son pétrole, en dépend largement pour ses approvisionnements. Toute perturbation dans cette zone, comme celle causée par la guerre au Moyen-Orient, a donc un impact direct sur les coûts énergétiques du pays, et par ricochet, sur l’économie toute entière.