La contrôleure générale des lieux de privation de liberté a publié un rapport dénonçant une gestion sécuritaire au détriment des droits des patients à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris. En 2025, 1 456 personnes ont été admises dans cet établissement. Située dans le 14e arrondissement, cette infirmerie accueille des patients en soins sans consentement, amenés par les services de police pour évaluation psychiatrique en raison de troubles avérés à l'ordre public ou lors de garde à vue.
Ce qu'il faut retenir
- Gestion sécuritaire critiquée au détriment des droits des patients
- 1 456 admissions en 2025 à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris
- Situation de quasi-isolement des patients dénoncée
Situation alarmante à l'IPPP
Les constats de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté mettent en lumière une gestion sécuritaire privilégiée au détriment des droits, de la dignité et des soins des patients. En 2025, 1 456 personnes ont été admises à l'infirmerie, contre 1 677 en 2024. L'établissement dispose de 14 places pour seulement 12 patients, lesquels sont complètement isolés, en pyjama imposé, sans accès à l'extérieur, toilettes, douches ou eau potable dans leur chambre.
Des pratiques contraires aux droits fondamentaux
Malgré la loi prévoyant un accueil de maximum 24 heures (pouvant aller exceptionnellement jusqu'à 48 heures), des patients ont été maintenus jusqu'à huit jours en raison de la saturation des structures hospitalières. L'IPPP, bien qu'étant un lieu d'évaluation psychiatrique, n'est pas qualifiée d'établissement de santé. En 2025, près d'un quart des patients sont restés enfermés au-delà du délai légal, sans accès à un avocat, à leurs proches, ni à un contrôle médical, ni recours.
La contrôleure générale des lieux de privation de liberté alerte sur ces dysfonctionnements majeurs, portant atteinte à la dignité des patients et les maintenant arbitrairement dans un lieu non soumis à un contrôle adéquat. Elle en appelle à la responsabilité de l'État pour assurer le respect des droits fondamentaux des patients.