Des sensations de malaise, d’irritabilité ou même de présence invisible dans des lieux réputés hantés pourraient trouver une explication bien terrestre. Selon Futura Sciences, une étude récente menée par des chercheurs de l’université MacEwan (Canada) révèle que les infrasons, ces sons de très basse fréquence imperceptibles à l’oreille humaine, pourraient être à l’origine de ces phénomènes.
Ce qu'il faut retenir
- Des chercheurs de l’université MacEwan ont étudié les effets des infrasons sur 40 volontaires.
- À une fréquence de 18 Hz, les participants ont vu leur taux de cortisol salivaire augmenter et ont ressenti une irritation accrue.
- Les infrasons, émis par des sources comme les vieilles canalisations ou les machines industrielles, pourraient expliquer des sensations de malaise dans certains bâtiments.
- Une exposition prolongée à ces fréquences pourrait avoir des conséquences sur la santé mentale et physique.
Des bâtiments « hantés » aux laboratoires : la science explore l’invisible
Les récits de maisons hantées peuplent le folklore mondial. Des châteaux comme celui de Brissac (Maine-et-Loire), associé à l’esprit de Charlotte de Valois, ou celui de Fougeret (Vienne), connu pour ses phénomènes paranormaux, alimentent ces croyances. Pourtant, pour des esprits scientifiques, attribuer ces sensations à des entités surnaturelles relève du domaine de l’inexplicable. Selon Futura Sciences, une équipe de chercheurs canadiens a choisi d’aborder ce sujet sous un angle différent, en explorant l’impact des infrasons sur la perception humaine.
Leur expérience a réuni une quarantaine de volontaires dans un laboratoire, où ils ont été exposés à des musiques associées à des ambiances apaisantes ou inquiétantes. Le paramètre clé de l’étude résidait dans la diffusion d’un son inaudible : des infrasons à une fréquence de 18 Hz. Les participants, sans en avoir conscience, ont réagi à ces fréquences de manière mesurable.
Un son qui agit sur le corps sans que l’on en ait conscience
Les infrasons, des sons de fréquence inférieure à 20 Hz, sont omniprésents dans notre environnement. Les orages, la circulation routière, les machines industrielles ou même les vieilles canalisations en produisent régulièrement. Certains animaux les utilisent pour communiquer, tandis que d’autres les évitent. Mais qu’en est-il des humains ? L’étude publiée dans Frontiers in Behavioral Neuroscience apporte des éléments de réponse concrets.
Les chercheurs ont observé que l’exposition à un infrason à 18 Hz provoquait une élévation du taux de cortisol salivaire chez les participants. Ce phénomène s’accompagnait d’une sensation d’irritabilité accrue et d’une perception plus négative de la musique diffusée. Le cortisol, souvent appelé « hormone du stress », joue un rôle dans la réponse de l’organisme face à une situation menaçante. Cependant, son augmentation prolongée peut avoir des effets délétères sur la santé, tant physique que mentale.
« L’exposition aux infrasons a eu des effets sur ces deux paramètres qui allaient au-delà de cette corrélation naturelle. »
Des implications pour la santé et la réglementation
Si cette étude ouvre une piste pour expliquer certaines sensations inexpliquées dans des lieux réputés hantés, ses implications dépassent le cadre des croyances paranormales. Une exposition prolongée aux infrasons pourrait, en effet, avoir des conséquences sur la santé des individus. Le cortisol, lorsqu’il est sécrété en excès, est associé à divers troubles : fatigue chronique, troubles du sommeil, anxiété ou même dépression. Les chercheurs soulignent ainsi la nécessité d’approfondir les recherches sur ce sujet, notamment en élargissant l’échantillon de volontaires et la gamme de fréquences étudiées.
À plus long terme, ces travaux pourraient influencer les normes de construction et les réglementations en matière de bruit. Les bâtiments modernes, équipés de systèmes de ventilation ou de climatisation, pourraient ainsi être repensés pour limiter l’exposition aux infrasons. Une avancée qui, si elle se confirme, pourrait bénéficier à l’ensemble de la population, bien au-delà des amateurs de sensations fortes.
Cette découverte rappelle que la science est parfois capable de démystifier des phénomènes qui, pendant des siècles, ont été attribués à des forces invisibles. Elle invite également à une réflexion plus large sur l’impact de notre environnement sonore, souvent sous-estimé, sur notre bien-être au quotidien.
À ce stade, les recherches sont encore préliminaires. Cependant, une exposition prolongée aux infrasons pourrait, selon les scientifiques, entraîner une augmentation chronique du cortisol, ce qui est associé à des risques pour la santé mentale et physique. Il est donc conseillé de limiter l’exposition à ces fréquences, notamment dans les environnements où elles sont concentrées, comme les vieux bâtiments ou les zones industrielles.