La directrice générale de la Sécurité intérieure (DGSI), Céline Berthon, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur inédite des ingérences étrangères en France. S’exprimant devant des entrepreneurs réunis par le Medef le mercredi 26 août 2026, elle a évoqué une « augmentation fulgurante et majeure » des actions hostiles menées depuis l’étranger, visant à fragiliser les institutions et à diviser la société française. Selon nos confrères de BFM - Faits Divers, ces opérations ciblent désormais plusieurs candidats à l’élection présidentielle, avec des méthodes de désinformation de plus en plus sophistiquées.
Ce qu'il faut retenir
- Céline Berthon, directrice de la DGSI, a signalé une hausse « fulgurante et majeure » des ingérences étrangères en France lors d’une intervention devant le Medef le 26 août 2026.
- Ces actions visent à déstabiliser les équilibres institutionnels, saper l’indépendance nationale ou fragmenter la société française.
- Au moins quatre opérations de désinformation ont ciblé le candidat Gabriel Attal depuis début août, imputées à des réseaux prorusses utilisant le mode opératoire « Matriochka ».
- D’autres candidats, comme Raphaël Glucksmann ou Édouard Philippe, auraient également été visés par des tentatives similaires.
- Ces opérations s’appuient sur la diffusion coordonnée de faux contenus sur les réseaux sociaux, amplifiés de manière systématique.
Une menace aux contours multiples et évolutifs
Pour Céline Berthon, le phénomène actuel est « assez inédit » : « Nous avons arrêté et jugé en France des individus dont il a été établi qu’ils agissaient pour le compte d’États étrangers et qui avaient commis des actions sur notre territoire », a-t-elle expliqué. Selon ses propos rapportés par BFM - Faits Divers, ces ingérences prennent des formes variées, allant de la manipulation de l’opinion publique à la compromission des processus démocratiques. L’objectif affiché reste inchangé : déstabiliser la France en exploitant ses divisions internes ou en sapant la confiance dans ses institutions.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les services de renseignement français, comme Viginum, observent une intensification des campagnes hostiles. Le mode opératoire « Matriochka », identifié depuis 2023, se caractérise par l’utilisation de faux comptes et la diffusion coordonnée de contenus trompeurs, souvent relayés par des relais locaux ou des médias étrangers complaisants. Jusqu’ici, ces opérations n’ont eu qu’un impact limité sur le partage des contenus, mais leur médiatisation amplifie leur portée.
Des candidats à l’élection présidentielle dans le viseur
Parmi les personnalités politiques ciblées, Gabriel Attal, candidat du parti Renaissance et ancien Premier ministre, a fait l’objet d’au moins quatre opérations de désinformation depuis le début du mois d’août. Ces dernières ont donné lieu à des plaintes déposées par son équipe. Comme le rapporte BFM - Faits Divers, d’autres figures politiques, telles que Raphaël Glucksmann ou Édouard Philippe, ont également été exposées à des tentatives similaires, bien que les détails de ces cas restent moins documentés.
Ces attaques s’inscrivent dans une logique de déstabilisation plus large, où les acteurs étrangers exploitent les failles des plateformes numériques pour diffuser des récits fallacieux. Les services spécialisés, comme Viginum, soulignent la difficulté à endiguer ces flux en temps réel, en raison de leur rapidité de propagation et de leur adaptation constante aux contre-mesures françaises.
Un défi pour les institutions et la société
Face à cette menace, la DGSI insiste sur la nécessité d’une réponse globale, combinant vigilance institutionnelle et sensibilisation du public. « Fragiliser nos équilibres institutionnels, saper notre indépendance ou fragmenter notre société » : autant de risques que les services de sécurité intérieure entendent anticiper. Pour Céline Berthon, l’enjeu dépasse la simple lutte contre la désinformation. Il s’agit de préserver la cohésion nationale dans un contexte géopolitique marqué par des tensions accrues entre grandes puissances.
Ces alertes surviennent alors que la France se prépare à un scrutin présidentiel hautement disputé. Les ingérences étrangères, bien que non nouvelles, prennent cette fois une dimension plus agressive, selon les observateurs. Les autorités appellent à une mobilisation collective pour contrer ces menaces, tout en évitant de tomber dans le piège de la paranoïa ou de la polarisation accrue.
Pour l’heure, les autorités appellent à la prudence et à la vigilance, sans céder à l’alarmisme. L’objectif est de protéger la démocratie française sans altérer ses fondements. Les prochaines élections pourraient ainsi servir de test pour évaluer la capacité du pays à résister à ces pressions extérieures.
Il s’agit d’une technique de désinformation utilisée par des réseaux prorusses, active depuis 2023. Elle repose sur la création de faux contenus, souvent relayés par des comptes coordonnés sur les réseaux sociaux, pour influencer l’opinion publique ou discréditer des personnalités politiques.