Alors que les îles hawaïennes subissent des précipitations record pour la saison, transformant rues et infrastructures en véritables torrents, certains habitants des zones les plus touchées n’ont d’autre choix que de se déplacer sur des planches de surf pour circuler. Selon nos confréres de BMF - International, ces inondations, qualifiées d’historiques par les autorités locales, ont plongé plusieurs quartiers dans une situation de crise sans précédent. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des résidents progressant difficilement sur des planches de bois, évitant ainsi les eaux boueuses qui ont submergé les routes.

L’archipel, connu pour ses plages et son climat tropical, fait face à un phénomène météorologique inhabituel. Les météorologues évoquent une dépression persistante combinée à des températures océaniques anormalement élevées, favorisant des précipitations diluviennes. Les autorités locales ont déjà recensé plusieurs dizaines de millions de dollars de dégâts matériels, tandis que des milliers de foyers restent privés d’électricité et d’eau potable. Dans ce contexte, les autorités hawaïennes appellent à la prudence et exhortent les résidents à éviter les déplacements non essentiels.

Ce qu'il faut retenir

  • Des inondations sans précédent frappent Hawaï, forçant certains habitants à utiliser des planches de surf pour se déplacer.
  • Les autorités locales estiment les dégâts à plusieurs dizaines de millions de dollars, avec des milliers de foyers privés d’électricité.
  • Les météorologues attribuent ces intempéries à une dépression persistante et à des températures océaniques anormalement élevées.
  • Les autorités appellent à la prudence et demandent aux résidents d’éviter les déplacements non essentiels.

Un phénomène météorologique exceptionnel pour l’archipel

Hawaï, archipel paradisiaque du Pacifique, n’est pas épargné par les aléas climatiques. D’ordinaire, les îles bénéficient d’un climat tropical doux, avec des précipitations généralement modérées. Pourtant, depuis plusieurs jours, une dépression persistante stationne au-dessus de l’archipel, alimentée par des eaux océaniques dont les températures dépassent de plusieurs degrés les normales saisonnières. Selon le National Weather Service d’Hawaï, certains secteurs ont enregistré plus de 500 mm de pluie en 48 heures, un record absolu pour la période. Ces précipitations, combinées à un sol déjà saturé par des pluies précédentes, ont provoqué des crues éclair et des glissements de terrain.

Les experts en climatologie rappellent que ces événements s’inscrivent dans une tendance plus large de multiplication des phénomènes extrêmes. Une étude publiée en 2025 par l’Université d’Hawaï à Mānoa soulignait que la fréquence des épisodes de pluies intenses avait augmenté de 40 % au cours des deux dernières décennies, en lien avec le réchauffement climatique. « Ces inondations ne sont pas une surprise, mais leur intensité l’est », a déclaré le Dr. Kiana Frank, océanographe et co-autrice de l’étude. « Nous assistons à une accélération des phénomènes météorologiques violents, et Hawaï en paie le prix fort. »

Des images virales qui illustrent l’ampleur de la crise

Parmi les images les plus marquantes de cette crise, celles de résidents progressant sur des planches de surf ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Ces scènes, à première vue insolites, illustrent l’ingéniosité des habitants face à l’adversité. Selon les témoignages recueillis par BMF - International, plusieurs familles des quartiers de Kailua et Kaneohe, sur l’île d’Oahu, ont adopté cette solution pour rejoindre les centres de distribution d’aide ou se rendre à l’hôpital. « On n’a pas le choix, l’eau arrive jusqu’aux genoux dans certaines rues », a expliqué M. David Lee, un résident de Kailua, joint par téléphone. « Ma planche de surf, c’est notre seul moyen de transport pour l’instant. »

Les autorités locales ont confirmé que les services de secours étaient débordés et appelaient les habitants à ne pas tenter de secourir eux-mêmes leurs proches. « Nous avons reçu des centaines d’appels de personnes bloquées chez elles », a indiqué le lieutenant-colonel John Perreira, porte-parole des services d’urgence d’Hawaï. « Nous faisons tout notre possible pour les évacuer, mais la situation est complexe en raison des routes impraticables. » Les garde-côtes ont également lancé des opérations de sauvetage en mer, où des courants dangereux menacent les embarcations improvisées.

— Côté conséquences, les dégâts matériels s’élèvent déjà à plus de 50 millions de dollars, selon les premières estimations de la Federal Emergency Management Agency (FEMA). Les infrastructures les plus touchées sont les routes, les réseaux électriques et les systèmes d’adduction d’eau. Plusieurs écoles ont été fermées, et les autorités craignent une pénurie alimentaire si les livraisons ne reprennent pas rapidement.

Une réponse politique et logistique en cours de mobilisation

Face à l’ampleur de la crise, le gouverneur d’Hawaï, Josh Green, a déclaré l’état d’urgence ce week-end. Une mesure qui permet de débloquer des fonds fédéraux et de coordonner les efforts de secours à l’échelle de l’archipel. Le gouverneur, médecin de formation, a également insisté sur la nécessité de rester prudent face aux risques sanitaires. « Les eaux stagnantes peuvent favoriser la propagation de maladies comme la leptospirose ou des infections cutanées », a-t-il mis en garde. Des équipes médicales ont été déployées dans les zones les plus touchées pour distribuer des kits d’hygiène et des antibiotiques.

Le président américain, Joe Biden, a quant à lui exprimé son soutien à l’archipel et promis une aide fédérale. « Hawaï est une partie essentielle de notre nation, et nous allons tout faire pour aider ses habitants à surmonter cette épreuve », a-t-il déclaré dans un communiqué. La Maison-Blanche a annoncé l’envoi de 10 millions de dollars en fonds d’urgence, ainsi que des équipes de la FEMA pour évaluer les dégâts et organiser les réparations. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités locales pour identifier les besoins les plus urgents », a précisé un porte-parole de la FEMA.

Les élus locaux, eux, réclament des mesures structurelles pour éviter que cette crise ne se reproduise. « Ces inondations montrent que notre infrastructure n’est pas adaptée aux défis climatiques actuels », a souligné la sénatrice Maile Shimabukuro, représentante de l’île de Kauai. « Nous devons investir dans des systèmes de drainage plus robustes et des plans d’urgence révisés. » Une proposition de loi visant à renforcer la résilience climatique d’Hawaï est d’ailleurs en discussion à la législature de l’État.

Des répercussions économiques et touristiques à anticiper

Hawaï, dont l’économie repose à près de 20 % sur le tourisme, craint des répercussions à long terme. Les îles ont accueilli plus de 10 millions de visiteurs en 2025, et les opérateurs touristiques s’inquiètent de cancellations massives. « Plusieurs hôtels et agences de voyage nous ont contactés pour reporter des réservations », a indiqué Tom Begich, président de la Hawaii Hotel & Lodging Association. « Nous espérons que la situation s’améliorera rapidement, mais les clients sont naturellement inquiets. »

Les compagnies aériennes, elles, ont annoncé des perturbations sur les vols à destination de Hawaï, notamment en raison des conditions météo et des restrictions de décollage. Hawaiian Airlines et United Airlines ont toutes deux modifié leurs horaires pour les prochains jours, avec des retards pouvant atteindre plusieurs heures. « Nous suivons de près la situation et ajustons nos opérations en conséquence », a expliqué un porte-parole de Hawaiian Airlines.

Côté agriculture, les producteurs locaux s’attendent à des pertes importantes. Les cultures de café, de macadamia et d’ananas, emblématiques de l’archipel, pourraient être affectées par les inondations et les glissements de terrain. « Certains champs sont totalement sous l’eau, et il faudra des semaines avant de pouvoir évaluer l’ampleur des dégâts », a déclaré Brian Miyamoto, directeur exécutif de la Hawaii Farm Bureau Federation. Les autorités ont appelé les résidents à éviter de consommer l’eau du robinet dans les zones inondées, par précaution sanitaire.

Et maintenant ?

Les prochains jours seront décisifs pour Hawaï. Les météorologues prévoient une accalmie progressive à partir de mercredi, mais les services de secours craignent que les eaux ne mettent plusieurs jours à se retirer complètement. Les autorités ont annoncé qu’elles prioriseraient les réparations des infrastructures critiques, comme les routes principales et les réseaux électriques, afin de rétablir un semblant de normalité. Une réunion d’urgence est prévue demain entre le gouverneur Green, la FEMA et les élus locaux pour coordonner les actions. « Nous devons agir vite, mais sans précipitation », a rappelé le gouverneur. « La priorité absolue reste la sécurité des habitants. »

Quant aux résidents, beaucoup se demandent quand ils pourront retrouver une vie normale. Les écoles et les administrations devraient rouvrir progressivement en début de semaine prochaine, mais les réparations des habitations prendront, elles, plusieurs semaines, voire des mois. « On a déjà connu des tempêtes, mais jamais comme ça », confie M. Lee, le résident de Kailua. « Cette fois, c’est différent. On a l’impression que l’île elle-même nous rappelle à l’ordre. »

Ces inondations sont exceptionnelles en raison de leur intensité et de leur durée. Les météorologues attribuent ce phénomène à une dépression persistante combinée à des températures océaniques anormalement élevées, favorisant des précipitations diluviennes. Selon le National Weather Service d’Hawaï, certains secteurs ont enregistré plus de 500 mm de pluie en 48 heures, un record absolu pour la période. Ces intempéries s’inscrivent également dans une tendance plus large de multiplication des phénomènes météorologiques violents, liée au réchauffement climatique.

Le président américain Joe Biden a promis une aide fédérale, incluant 10 millions de dollars en fonds d’urgence ainsi que des équipes de la FEMA pour évaluer les dégâts et organiser les réparations. Le gouverneur d’Hawaï, Josh Green, a également déclaré l’état d’urgence, ce qui permet de débloquer des fonds supplémentaires et de coordonner les efforts de secours à l’échelle de l’archipel.