Le géant américain des semi-conducteurs Intel a connu une séance historique ce vendredi 24 avril 2026 à la Bourse de New York. L’action du fabricant de processeurs a enregistré un bond de 23,5%, atteignant un cours de 82,35 dollars en clôture, selon les données communiquées par BFM Bourse.

Le titre a même frôlé les 85,22 dollars en intraday, pulvérisant ainsi son précédent record de 75,81 dollars, établi le 28 août 2000 – une époque où Intel profitait pleinement de l’euphorie de la bulle internet. Un retour en force qui contraste avec les années de difficultés stratégiques que le groupe a traversées depuis.

Ce qu'il faut retenir

  • Un bond historique de 23,5% pour Intel à Wall Street, avec un cours de clôture à 82,35 dollars.
  • Le titre a dépassé son précédent record de 75,81 dollars, datant d’août 2000.
  • Les revenus du premier trimestre 2026 ont progressé de 7% sur un an, atteignant 13,6 milliards de dollars.
  • Le bénéfice par action s’est établi à 29 cents, en hausse de 123% par rapport à l’année précédente.
  • Les prévisions pour le deuxième trimestre 2026 dépassent largement les attentes, avec des revenus attendus entre 13,8 et 14,8 milliards de dollars.
  • Elon Musk a annoncé que Tesla utiliserait la technologie de gravure 14A d’Intel pour son projet Terafab au Texas.

Un rebond spectaculaire après des années d’épreuves

Le rebond d’Intel s’explique par des résultats financiers bien supérieurs aux attentes des analystes. Au premier trimestre 2026, le groupe a enregistré des revenus de 13,6 milliards de dollars, en progression de 7% sur un an, tandis que le bénéfice par action s’est établi à 29 cents, soit une hausse de 123%. Bank of America rapportait que les analystes tablaient sur 12,4 milliards de dollars de revenus et un bénéfice quasi nul de 1 cent, selon un consensus cité par l’institution.

Pour le deuxième trimestre, Intel anticipe des revenus compris entre 13,8 et 14,8 milliards de dollars, avec un bénéfice par action de 20 cents. Ces prévisions explosent les attentes, qui tablaient sur 13,03 milliards de dollars de revenus et 9 cents de bénéfice par action. Une performance qui reflète une demande accrue pour ses CPU (processeurs centraux), moins spécialisés que les GPU de Nvidia mais adaptés aux besoins des data centers et à l’essor de l’IA agentique.

Une demande en forte croissance pour les processeurs d’Intel

« Tout le monde commence à passer commande chez Intel, et je pense que nous n’en sommes qu’aux prémices », a déclaré Thomas Hayes, président de Great Hill Capital et investisseur chez Intel, sur Bloomberg Television. Il a ajouté : « On est passé du désespoir à l’euphorie en très peu de temps ».

Cette dynamique s’explique par la demande croissante en processeurs pour serveurs, stimulée par l’IA agentique – des systèmes capables de prendre des décisions autonomes. La banque Citi a d’ailleurs relevé sa recommandation à « achat » sur le titre, soulignant la hausse des ventes de CPU pour serveurs en 2026, attendue à « deux chiffres ». Intel prévoit que cette tendance se maintiendra en 2027.

La croissance s’explique également par une augmentation du nombre de processeurs vendus, ce qui se répercute favorablement sur les prix moyens de vente. Une inversion de tendance notable pour un groupe qui avait accumulé des retards stratégiques ces dernières années.

Un virage stratégique enfin récompensé

Intel a connu des difficultés majeures ces dernières décennies, notamment en ratant des opportunités clés. En 2007, le groupe avait refusé de développer un processeur pour l’iPhone d’Apple, une décision que l’ancien PDG Paul Otellini avait reconnue comme une erreur en 2013 dans une interview accordée à The Atlantic.

Plus récemment, le groupe a aussi peiné à anticiper l’essor de l’intelligence artificielle. En 2024, Pat Gelsinger, alors PDG d’Intel, avait admis dans le Wall Street Journal : « La poussée de l’IA a été beaucoup plus forte que ce à quoi je m’attendais, et il faut s’adapter à ce genre de choses ». Ces déclarations interviennent alors que le marché des semi-conducteurs est en pleine mutation.

Un partenariat stratégique avec Tesla

Le 22 avril 2026, Elon Musk, PDG de Tesla, a annoncé que son entreprise utiliserait le nœud de gravure 14A d’Intel pour son projet Terafab, une méga-usine de puces dédiée à la robotique et à l’IA, basée au Texas. Ce partenariat confirme l’intérêt croissant pour les technologies d’Intel dans des secteurs clés comme l’automobile et l’intelligence artificielle.

Selon les analystes de Bank of America, « les perspectives sont favorables, grâce à l’accélération de la demande et au pouvoir de fixation des prix dans le domaine des processeurs pour serveurs, qui stimulent les charges de travail liées à l’IA agentique ». Une analyse partagée par Citi, qui a relevé sa recommandation à « achat » ce vendredi.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront cruciaux pour Intel, qui devra maintenir cette dynamique positive. Les analystes s’attendent à ce que la demande en CPU pour serveurs continue de croître en 2026 et 2027, mais des incertitudes subsistent quant à la capacité du groupe à conserver son avance face à des concurrents comme Nvidia ou AMD. Les prochaines publications de résultats trimestriels seront suivies de près pour évaluer la durabilité de cette reprise.

Par ailleurs, l’achèvement du projet Terafab de Tesla, prévu pour 2027, pourrait offrir à Intel une vitrine technologique majeure et renforcer sa position sur le marché des semi-conducteurs pour l’IA.

Ce rebond spectaculaire d’Intel rappelle que les cycles technologiques sont imprévisibles. Après des années d’erreurs stratégiques, le groupe semble enfin avoir trouvé un nouveau souffle, porté par une demande en pleine expansion et des partenariats prometteurs.

Intel a accumulé des retards stratégiques ces dernières années, notamment en ratant des opportunités clés comme le refus de développer un processeur pour l’iPhone d’Apple en 2007. Le groupe a également peiné à anticiper l’essor de l’IA, un secteur où des concurrents comme Nvidia ont pris une avance significative. Ces erreurs ont freiné sa croissance pendant des années, avant que la demande en CPU pour serveurs ne redémarre.

L’IA agentique désigne des systèmes d’intelligence artificielle capables de prendre des décisions autonomes, contrairement aux modèles traditionnels qui se contentent d’exécuter des tâches prédéfinies. Ces systèmes nécessitent des processeurs puissants et adaptés, comme les CPU d’Intel, qui sont moins spécialisés que les GPU de Nvidia mais mieux adaptés à certaines charges de travail. Intel mise sur cette demande croissante pour relancer sa croissance.