Dans un contexte de tensions géopolitiques inédites depuis la guerre froide, le secteur de la défense s’impose comme l’un des thèmes d’investissement les plus dynamiques de la décennie. Selon Cryptoast, les budgets militaires mondiaux atteignent des niveaux records, portés par des conflits persistants en Ukraine, au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique. En Europe, le réarmement s’accélère, avec des enveloppes budgétaires dépassant plusieurs centaines de milliards d’euros. Face à cette demande structurelle, les investisseurs disposent aujourd’hui d’un éventail d’options : actions françaises éligibles au PEA, ETF thématiques, ou encore géants américains du secteur.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois catalyseurs majeurs expliquent la croissance du secteur : l’instabilité géopolitique mondiale, un réarmement sans précédent des puissances militaires, et une révolution technologique (IA, cybersécurité, drones autonomes).
  • Cinq entreprises françaises cotées** sont éligibles au PEA : Thales, Dassault Aviation, Safran, ainsi que Rheinmetall et Leonardo (éligibles via des indices européens).
  • Deux ETF phares** permettent une exposition diversifiée : le BNP Paribas Easy Europe Defense (éligible PEA) et le VanEck Defense UCITS ETF (monde).
  • Les risques sont multiples** : dépendance aux contrats gouvernementaux, valorisations déjà élevées, cycles de production longs, et questions éthiques pour les investisseurs sensibles.
  • Les plateformes d’investissement** comme eToro, Trade Republic ou XTB offrent un accès simplifié à ces actifs, avec des frais variables selon les brokers.

Un secteur dopé par l’instabilité mondiale et la révolution technologique

Le nombre de conflits armés actifs dans le monde n’a jamais été aussi élevé depuis des décennies. La guerre en Ukraine, débutée en 2022, a révélé les faiblesses des arsenaux européens et accéléré les programmes de réarmement. Au Moyen-Orient, les tensions entre Israël et ses voisins, couplées à l’instabilité chronique dans le Golfe, maintiennent une pression constante sur les budgets militaires. En Asie, la question de Taïwan et les essais balistiques nord-coréens ajoutent une dimension supplémentaire de risque stratégique. « Cette multiplication des foyers de tension crée une demande durable pour l’ensemble de la chaîne de valeur de la défense », explique Cryptoast.

Parallèlement, le secteur vit une transformation technologique majeure. Les drones low-cost, capables de neutraliser des équipements valant plusieurs millions de dollars comme l’a démontré le conflit ukrainien, ont bouleversé les doctrines militaires. L’intelligence artificielle, la cybersécurité, les systèmes hypersoniques ou encore le spatial militaire deviennent des leviers de croissance pour les industriels. Les entreprises positionnées sur ces nouvelles technologies bénéficient d’un double moteur : la hausse des budgets et l’adoption accélérée par les armées.

Comprendre les segments clés pour investir avec discernement

Avant de sélectionner des actifs, il est essentiel de distinguer les différents maillons de la chaîne industrielle. Les maîtres d’œuvre**, comme Dassault Aviation ou Lockheed Martin, conçoivent des systèmes d’armes complets (avions, sous-marins, chars). Les spécialistes de l’électronique de défense** (Thales, RTX Corporation) fournissent radars, systèmes de communication et solutions de guerre électronique. Les fabricants de munitions et armements terrestres** (Rheinmetall) voient leurs carnets de commandes gonfler, notamment en Europe où les stocks doivent être reconstitués. Enfin, les acteurs de la cybersécurité** (Palantir Technologies) et du renseignement jouent un rôle croissant dans les opérations modernes.

Pour les investisseurs souhaitant éviter la sélection d’actions individuelles, les ETF thématiques offrent une diversification automatique. Ces fonds répliquent des indices couvrant l’ensemble des segments, avec des frais de gestion souvent inférieurs à 0,20 % par an. Une option idéale pour limiter les risques liés à la volatilité d’une seule entreprise.

Les valeurs françaises et européennes à suivre en 2026

La France compte trois géants de la défense cotés sur Euronext Paris et éligibles au PEA : Thales, Dassault Aviation et Safran. Thales, leader mondial de l’électronique de défense, réalise la moitié de son chiffre d’affaires dans le militaire, avec des projets phares comme le système de défense maritime SEACURE ou le cockpit du futur EPIIC. Dassault Aviation, fabricant du Rafale, mise sur le Système de Combat Aérien du Futur (SCAF) et une demande internationale soutenue. Safran, motoriste du Rafale et équipementier aéronautique, allie exposition civile et militaire, offrant un profil équilibré.

En Europe, Rheinmetall (Allemagne) et Leonardo (Italie) sont également accessibles aux investisseurs français via le PEA. Rheinmetall, spécialisé dans les blindés et les munitions, profite directement du réarmement allemand. Leonardo, présent aux États-Unis via sa filiale Leonardo DRS, couvre l’électronique de guerre et les hélicoptères militaires. Ces entreprises illustrent la consolidation du secteur en Europe, avec des coentreprises comme Leonardo Rheinmetall Military Vehicles (LRMV) pour développer des chars de nouvelle génération.

Les géants américains, incontournables mais non éligibles au PEA

Aux États-Unis, les actions de défense sont cotées sur le NYSE ou le NASDAQ, nécessitant un Compte-Titres Ordinaire (CTO) pour les investisseurs français. Lockheed Martin, premier groupe mondial de défense, domine le marché avec son avion F-35, commandé par plus de 15 pays. Northrop Grumman mise sur les drones et les bombardiers furtifs, tandis que RTX Corporation (ex-Raytheon) est le leader des missiles Patriot et des systèmes de défense antimissile. Palantir Technologies, spécialiste de l’IA appliquée au renseignement, séduit les agences gouvernementales avec ses plateformes Gotham et Foundry.

Ces acteurs bénéficient de contrats pluriannuels avec le Pentagone et une visibilité sur plusieurs décennies. Leur taille et leur diversification (civil/militaire pour RTX) en font des valeurs refuges, mais leur valorisation reflète déjà une partie des anticipations de croissance. « Investir dans ces géants revient à parier sur une continuité des dépenses militaires américaines, un scénario qui n’est pas garanti », souligne Cryptoast.

Quels ETF choisir pour une exposition diversifiée ?

Pour les investisseurs souhaitant une approche passive, deux ETF se distinguent en 2026. Le BNP Paribas Easy Europe Defense** (ISIN : LU3047998896), éligible au PEA, réplique l’indice Bloomberg Europe Defense Select. Il couvre une trentaine d’entreprises européennes comme Thales, Rheinmetall, Leonardo ou Saab, avec des frais de 0,18 % par an. Son avantage ? Un cadre fiscal avantageux pour les résidents français. Le VanEck Defense UCITS ETF** (ISIN : IE000YYE6WK5) offre une exposition mondiale, incluant les États-Unis (55 % des actifs) et l’Europe. Ses positions phares sont RTX Corp, Thales et Palantir. Il applique un filtre éthique excluant les armes controversées (mines antipersonnel, armes à sous-munitions).

Ces deux produits permettent de s’exposer aux segments porteurs du secteur sans avoir à analyser chaque entreprise individuellement. Leur performance dépendra cependant de l’évolution des budgets militaires et des cycles technologiques.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir une consolidation du secteur, avec des annonces sur les budgets européens pour 2027 et les programmes d’armement en Asie. Les investisseurs devraient surveiller les indicateurs comme les commandes militaires trimestrielles ou les partenariats industriels (ex : coentreprises franco-allemandes). Une résolution des conflits en Ukraine ou au Moyen-Orient pourrait temporairement peser sur les valorisations, mais le réarmement structurel en Europe et en Asie-Pacifique devrait soutenir la demande à moyen terme. Les prochaines élections américaines de novembre 2026 pourraient aussi influencer les dépenses militaires des États-Unis, premier marché de la défense mondiale.

Comment investir : plateformes, frais et risques

Les actions et ETF de défense sont accessibles sur la majorité des plateformes en ligne. Les courtiers comme eToro, Trade Republic ou XTB proposent des frais compétitifs, mais seuls certains offrent le PEA (ex : Trade Republic, XTB). Les frais varient de 1 € par ordre (Trade Republic) à des spreads majorés (eToro). Les dividendes sont versés selon les entreprises, mais le secteur reste très dépendant des contrats gouvernementaux. « Les investisseurs doivent être conscients que 80 % à 95 % du chiffre d’affaires des entreprises de défense provient des États », rappelle Cryptoast.

Les risques incluent des valorisations déjà élevées depuis 2022, des cycles de production longs (plusieurs décennies pour les programmes d’armement), et des incertitudes géopolitiques. Une détente diplomatique soudaine pourrait entraîner des corrections brutales, comme observé lors d’annonces de négociations de paix en Ukraine. Enfin, la dimension éthique ne doit pas être négligée : de nombreux fonds ESG excluent le secteur, et l’adéquation avec ses valeurs personnelles est un critère de choix.

Questions fréquentes

Un ETF défense permet d’investir dans un panier d’entreprises du secteur via un seul produit, réduisant ainsi les risques liés à la volatilité d’une seule action. Il offre une diversification automatique et des frais de gestion généralement inférieurs à 0,20 % par an. À l’inverse, une action individuelle expose l’investisseur à la performance et aux risques spécifiques d’une entreprise, mais peut offrir un potentiel de rendement plus élevé.

Oui, certaines actions et ETF défense sont éligibles au PEA. En France, Thales, Dassault Aviation, Safran, ainsi que des valeurs européennes comme Rheinmetall et Leonardo (via des indices européens) sont accessibles. Le PEA offre un avantage fiscal après 5 ans de détention, avec une exonération d’impôt sur les plus-values. En revanche, les géants américains (Lockheed Martin, RTX) ne sont pas éligibles et nécessitent un Compte-Titres Ordinaire.

Investir dans la défense et l’armement en 2026 s’adresse à des profils prêts à accepter une volatilité élevée et une exposition aux cycles géopolitiques. Entre opportunités liées au réarmement structurel et risques inhérents au secteur, les investisseurs doivent peser le pour et le contre avant de s’engager. Une analyse approfondie des fondamentaux des entreprises et des tendances macroéconomiques reste indispensable pour naviguer dans ce marché complexe.