Alors que l'intelligence artificielle s'impose comme un pilier de la transformation technologique mondiale, les investisseurs français disposent d'un levier fiscal particulièrement avantageux pour y accéder : le Plan d'Épargne en Actions (PEA). Selon Cryptoast, plusieurs entreprises tricolores, souvent méconnues du grand public, occupent des positions stratégiques dans la chaîne de valeur de l'IA. Ces sociétés, qui fournissent des puces, des infrastructures énergétiques ou encore des solutions cloud, sont toutes éligibles au PEA, offrant ainsi un cadre fiscal privilégié pour les épargnants.

Cette opportunité mérite d'être examinée de près. En effet, contrairement aux géants américains comme Nvidia ou Meta, dont les actions doivent être détenues dans un compte-titres ordinaire (CTO) soumis à la flat tax de 31,4 % sur les plus-values, les entreprises françaises de l'IA permettent de loger ces investissements dans un PEA. Dans ce cas, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu après 5 ans de détention, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus. Un avantage fiscal qui explique l'engouement croissant pour ces valeurs, alors que les data centers et les semi-conducteurs deviennent des maillons essentiels de l'économie numérique.

Ce qu'il faut retenir

  • 9 entreprises françaises exposées à l'IA sont éligibles au PEA en 2026, selon Cryptoast, avec des capitalisations allant de 153 milliards d'euros (Schneider Electric) à 107 millions d'euros (Kalray).
  • Ces sociétés couvrent l'ensemble de la chaîne de valeur de l'IA : énergie, puces, cloud, infrastructures et refroidissement des data centers.
  • Parmi elles, STMicroelectronics affiche la meilleure performance depuis janvier 2026 (+76,7 %), tandis que Soitec enregistre la plus forte hausse annuelle (+287 %).
  • Les risques varient considérablement : des valeurs défensives comme Air Liquide ou Legrand offrent stabilité et dividendes, tandis que des small caps comme Kalray ou 2CRSi présentent une volatilité extrême.
  • Les investisseurs doivent composer avec la cyclicité du secteur des semi-conducteurs et la dépendance à quelques hyperscalers américains (Microsoft, Amazon, Google).

Une exposition à l'IA via des entreprises stratégiques et fiscalement avantageuse

Derrière chaque modèle d'IA générative comme ChatGPT ou Claude se cache une infrastructure complexe. Les data centers, où sont entraînés ces modèles, nécessitent une alimentation électrique stable, un refroidissement performant et des puces spécialisées. « Ces maillons de la chaîne de valeur sont souvent méconnus du grand public, mais ils sont indispensables », souligne Clément Wardzala, directeur de publication de Cryptoast. En France, plusieurs entreprises se distinguent dans ces domaines, et toutes sont éligibles au PEA, un atout majeur pour les épargnants.

L'avantage fiscal du PEA est double. D'une part, il permet d'éviter la flat tax de 31,4 % appliquée aux comptes-titres ordinaires. D'autre part, après cinq ans de détention, les plus-values ne sont plus imposables à l'impôt sur le revenu. « C'est un argument de poids pour les investisseurs français, surtout dans un secteur aussi dynamique que l'IA », précise Cryptoast. Parmi les acteurs clés, on trouve des géants comme Schneider Electric, spécialiste de la gestion énergétique, ou Air Liquide, dont les gaz ultra-purs sont indispensables à la fabrication des semi-conducteurs.

Les neuf valeurs françaises de l'IA à surveiller en 2026

Cryptoast a établi un classement des principales entreprises françaises exposées à l'IA, classé par capitalisation boursière. Voici les neuf valeurs à suivre de près :

Schneider Electric (SU), leader mondial de la gestion de l'énergie, fournit les infrastructures électriques et de refroidissement des data centers. Sa performance depuis le début de l'année 2026 s'élève à +8,30 %, portée par des partenariats avec Nvidia et le rachat de Cognite pour renforcer son offre d'IA industrielle. « Schneider Electric incarne le profil d'un investissement solide et diversifié, adapté aux profils prudents », analyse Cryptoast.

Air Liquide (AI), dont les gaz ultra-purs sont utilisés par les fondeurs de puces comme TSMC ou Intel, affiche une performance de +18,60 % depuis janvier 2026. Cette valeur, marquée par un dividende en hausse continue depuis des décennies, est considérée comme défensive et régulière, idéale pour équilibrer un portefeuille.

STMicroelectronics (STM), franco-italien spécialisé dans les semi-conducteurs, mise sur l'IA avec des puces pour data centers et des contrats avec AWS et Nvidia. Malgré une hausse de +76,70 % depuis le début de l'année, le titre a connu un repli de 14 % le 23 juillet 2026, en raison de perspectives jugées trop prudentes. « Le risque est réel, mais le potentiel de croissance reste important », tempère Cryptoast.

Côté small caps, Soitec (SOI) a enregistré une performance spectaculaire de +287 % en un an, portée par ses wafers spécialisés pour puces et photonique. Cependant, son chiffre d'affaires a reculé de 34 % sur l'exercice 2025-2026, et l'entreprise affiche une perte nette de 220 millions d'euros. « L'investissement repose sur un redressement futur, pas sur les résultats actuels », avertit Cryptoast.

Autres pépites : OVHcloud (OVH), cloud souverain européen en pleine expansion avec l'entraînement de ses propres modèles d'IA, a progressé de +102 % depuis janvier 2026. 2CRSi (AL2SI), spécialiste des serveurs à refroidissement liquide, affiche +110 % sur la même période, tandis que Kalray (ALKAL), concepteur de processeurs DPU, a vu son action multipliée par plus de 32 entre fin 2024 et le printemps 2026 avant de se replier de moitié.

Des profils de risque variés : de la valeur défensive au pari spéculatif

Les entreprises françaises de l'IA ne présentent pas toutes le même niveau de risque. Les géants du CAC 40 comme Schneider Electric, Air Liquide ou Legrand offrent une exposition mesurée à l'IA, ajoutée à des activités industrielles solides. Leurs performances sont généralement stables, avec des dividendes réguliers, ce qui en fait des valeurs de « bon père de famille ».

À l'inverse, des sociétés comme STMicroelectronics ou Soitec affichent des valorisations tendues après des hausses fulgurantes en 2026. « À ces niveaux, la moindre déception peut entraîner des chutes brutales », met en garde Cryptoast. Les small caps, quant à elles, relèvent davantage du pari spéculatif. Kalray, par exemple, a connu une volatilité extrême, avec un cours passant de moins de 0,50 € fin 2024 à un plus haut de 16 € au printemps 2026, avant de redescendre. Ces entreprises, souvent cotées sur Euronext Growth, reposent sur des anticipations plus que sur des fondamentaux établis.

Où et comment investir dans ces actions via un PEA ?

Pour profiter du cadre fiscal avantageux du PEA, plusieurs plateformes permettent d'acheter ces actions. Trade Republic et XTB proposent des frais réduits, respectivement 1 € par opération et 0 % de commission jusqu'à 100 000 € par mois. Interactive Brokers se distingue par des spreads uniquement, tandis que eToro ou Revolut permettent d'investir via un CTO, avec des bonus à la clé pour les nouveaux clients.

« Investir dans ces actions via un PEA reste le moyen le plus efficace de capter le potentiel de l'IA française tout en limitant l'imposition », recommande Cryptoast. Cependant, les épargnants doivent être conscients des risques. Le secteur des semi-conducteurs est cyclique, et une partie de la demande dépend des investissements colossaux des hyperscalers américains (Microsoft, Amazon, Google). Une baisse de leurs dépenses d'IA pourrait impacter toute la chaîne de valeur, des gaz industriels aux serveurs.

Et maintenant ?

Pour les prochains mois, la clé résidera dans la capacité des entreprises françaises à concrétiser leurs promesses. STMicroelectronics devra prouver que ses contrats avec AWS et Nvidia se traduisent par une croissance durable, tandis que Soitec et Kalray devront démontrer un redressement de leurs résultats. Côté cloud, OVHcloud pourrait jouer un rôle central si son projet de modèles d'IA souverains aboutit. Enfin, les small caps comme 2CRSi ou Riber devront confirmer leur changement d'échelle pour justifier les valorisations actuelles. Une chose est sûre : la course à l'IA en Europe ne fait que commencer, et les investisseurs français ont un avantage à saisir.

Reste à voir si les anticipations du marché se concrétiseront. En attendant, la diversification et la patience restent les meilleurs alliés pour naviguer dans ce secteur en pleine effervescence.

Un PEA permet de loger des actions éligibles sans payer d'impôt sur le revenu après cinq ans de détention (seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent), tandis qu'un CTO est soumis à la flat tax de 31,4 % sur les plus-values dès leur réalisation, selon Cryptoast.

Les small caps comme Kalray ou 2CRSi sont des entreprises jeunes et de taille modeste, dont la valorisation repose davantage sur des anticipations de croissance que sur des résultats financiers établis. Leurs actions, souvent peu liquides, peuvent varier de plusieurs dizaines de pourcents en quelques séances, comme le souligne Cryptoast.