Selon Franceinfo - Sport, la Fédération iranienne de football a vivement réagi vendredi 19 juin 2026 après la diffusion de montages vidéo générés par intelligence artificielle, accusant le joueur Mohammad Mohebi d’avoir arraché une affiche commémorative de Mahsa Amini à proximité de l’hôtel marquant la présence de la délégation iranienne lors de la Coupe du monde au Mexique. Ces images, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont rapidement fait l’objet d’une enquête de fact-checking menée par Les Révélateurs de France Télévisions, spécialisés dans la vérification d’images et de vidéos.
Ce qu'il faut retenir
- Des montages vidéo fabriqués avec l’IA accusent Mohammad Mohebi d’avoir arraché une affiche de Mahsa Amini, symbole des manifestations de 2022 en Iran.
- La Fédération iranienne de football a qualifié ces images d’« entièrement fabriquées » et dénoncé une manipulation via des outils d’intelligence artificielle.
- Aucun angle de prise de vue autour de l’hôtel Marriott de Tijuana (Mexique), où loge l’équipe, ne correspond à celui des images diffusées.
- Mohammad Mohebi avait déjà été au cœur d’une polémique après son match d’ouverture contre la Nouvelle-Zélande, certains y voyant une célébration controversée.
- L’équipe iranienne évolue dans un contexte géopolitique tendu, marqué par la guerre et la répression, tandis que des membres de la diaspora manifestent contre le régime.
Des images truquées visant à discréditer la délégation iranienne
Depuis le début de la Coupe du monde, plusieurs montages vidéo utilisant l’intelligence artificielle ont circulé sur les réseaux sociaux, visant à alimenter des polémiques. Après un faux commentaire raciste attribué à un journaliste argentin, c’est au tour du joueur iranien Mohammad Mohebi d’être mis en cause. Selon Franceinfo - Sport, des images le montrent en train d’arracher une affiche représentant Mahsa Amini, dont la mort en septembre 2022 avait déclenché un mouvement de contestation sans précédent en Iran, violemment réprimé par les autorités. Sur ces séquences, le footballeur semble ensuite jeter l’affiche dans une poubelle, accompagnée du slogan « Femme, vie, liberté », emblématique des manifestations.
La Fédération iranienne de football n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué diffusé vendredi 19 juin et relayé par l’agence de presse publique Irib, elle a dénoncé des images « totalement fausses », précisant qu’elles avaient été « créées à l’aide d’outils d’intelligence artificielle ». Une enquête a été ouverte pour identifier les auteurs de cette manipulation, alors que la « Team Melli », comme on surnomme l’équipe nationale iranienne, se trouve déjà sous le feu des projecteurs pour des raisons bien réelles.
Une série de contestations autour de la sélection iranienne
Mohammad Mohebi, milieu de terrain de l’équipe, n’en est pas à sa première polémique depuis le début du tournoi. Lors du match inaugural de l’Iran contre la Nouvelle-Zélande (score final 2-2), sa célébration avait déjà suscité des interprétations divergentes. Certains observateurs y avaient vu un geste mimant un tir de pistolet, une interprétation que le joueur a fermement rejetée. « L’idée de la célébration m’est venue spontanément, sur le moment. C’est juste une célébration, vous savez, c’est tout », avait-il déclaré à la presse après la rencontre. Pour autant, cette séquence avait suffi à alimenter les débats sur les réseaux sociaux, reflétant les tensions persistantes autour de la représentation de l’Iran dans le sport international.
Le contexte dans lequel évolue la sélection iranienne est particulièrement sensible. Depuis plusieurs jours, des membres de la diaspora iranienne ont manifesté leur opposition au régime en place lors des matchs de leur équipe, notamment à Los Angeles où s’est déroulé le premier match de la « Team Melli ». Ces protestations, bien que pacifiques, rappellent l’importance symbolique du football comme terrain d’expression politique pour une partie de la communauté iranienne en exil.
Des difficultés logistiques et administratives qui s’ajoutent aux tensions
Au-delà des polémiques médiatiques, l’équipe iranienne doit composer avec des défis bien concrets. Le camp de base initialement prévu en Arizona a été déplacé au Mexique à la dernière minute, une décision qui a perturbé l’organisation logistique de la délégation. Pire encore, plusieurs membres de l’équipe et du staff n’ont pas obtenu les visas nécessaires pour se rendre aux États-Unis, où se déroulent certains matchs. Face à cette situation, l’Iran a porté plainte auprès de la FIFA, invoquant des manquements administratifs de la part des autorités américaines et mexicaines.
Le sélectionneur Amir Ghalenoei n’a pas caché son amertume. « Nous sommes l’équipe la plus maltraitée de toute la Coupe du monde », a-t-il déclaré, soulignant les obstacles accumulés depuis le début du tournoi. Ces difficultés, ajoutées aux polémiques récurrentes autour de l’image de l’Iran, dessinent un tableau complexe pour une équipe qui doit désormais se concentrer sur sa performance sportive tout en gérant les enjeux extra-sportifs qui pèsent sur ses épaules.
Cette affaire interroge également sur la responsabilité des réseaux sociaux, souvent vecteurs de désinformation rapide. Les plateformes, déjà critiquées pour leur gestion des contenus trompeurs, pourraient être appelées à renforcer leurs modérations automatisées et humaines lors des événements internationaux. Une chose est sûre : l’épisode des faux montages autour de Mohammad Mohebi illustre une fois de plus les risques de manipulation auxquels sont exposées les compétitions sportives de grande ampleur.
L’équipe iranienne devait initialement s’installer en Arizona, aux États-Unis, mais des problèmes administratifs, notamment liés à l’obtention des visas pour certains membres de la délégation, ont conduit à un déplacement précipité du camp de base au Mexique, à quelques jours du début de la compétition. Cette décision a perturbé l’organisation logistique et ajouté une pression supplémentaire sur la sélection.
L’Iran affronte son deuxième match de groupe samedi 21 juin face à l’Angleterre. En cas de victoire ou de match nul, la qualification pour les phases finales pourrait encore être envisagée. Cependant, les enjeux extra-sportifs, comme les contestations politiques ou les polémiques médiatiques, pourraient influencer la dynamique de l’équipe sur le terrain.