Selon France 24, Téhéran évoque des progrès significatifs dans les négociations en cours avec Washington, une grande partie de l’accord étant déjà « finalisée ». Bien que le cessez-le-feu au Liban et le déblocage des avoirs iraniens semblent se dessiner, des questions épineuses comme le programme nucléaire iranien et la sécurité dans le détroit d’Ormuz restent en suspens. Ces éléments ont été détaillés par Siavosh Ghazi, correspondant de France 24 à Téhéran.

Ce qu'il faut retenir

  • Une grande partie des discussions entre l’Iran et les États-Unis serait déjà « finalisée », selon Téhéran.
  • Un cessez-le-feu au Liban est en discussion et pourrait être acté prochainement.
  • Le débloquage des avoirs iraniens, gelés à l’étranger, figure parmi les avancées concrètes.
  • Les questions du nucléaire iranien et du détroit d’Ormuz restent des points de friction majeurs.

Des négociations sous haute tension

Les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis, bien que non officiels, progressent dans un climat marqué par des années de tensions diplomatiques. Siavosh Ghazi, en poste à Téhéran, souligne que « la majorité des termes de l’accord est désormais actée », une affirmation qui contraste avec les années de blocage récurrent entre les deux pays. Parmi les sujets les plus avancés, on retrouve la question du Liban, où un cessez-le-feu entre les parties prenantes pourrait stabiliser une région instable depuis des mois. « Le Liban est un dossier prioritaire pour les deux camps », précise le journaliste.

Autre point de convergence : le débloquage des avoirs iraniens, estimés à plusieurs milliards de dollars et actuellement gelés à l’étranger. Ce sujet, souvent brandi comme un levier de pression par Washington, pourrait être résolu dans le cadre d’un accord global, selon les observateurs. « Cela pourrait redonner un souffle économique à l’Iran, mais aussi atténuer les tensions régionales », analyse un diplomate sous couvert d’anonymat.

Les dossiers qui freinent encore l’accord

Malgré ces avancées, deux sujets majeurs continuent de peser sur les négociations. Le premier concerne le programme nucléaire iranien, toujours au cœur des désaccords. Les États-Unis exigent des garanties strictes pour éviter toute prolifération, tandis que Téhéran refuse toute remise en cause de son droit à l’enrichissement d’uranium à des fins civiles. « Le nucléaire reste un point de blocage persistant », confie un haut responsable iranien cité par France 24.

Le second dossier, tout aussi sensible, porte sur la sécurité dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique où transitent des millions de barils de pétrole chaque jour. Les tensions récurrentes, notamment autour des attaques contre des navires commerciaux, ont poussé les États-Unis à renforcer leur présence militaire dans la zone. « La question de la liberté de navigation est non négociable pour Washington », rappelle un expert en géopolitique. Pour Téhéran, en revanche, toute discussion sur Ormuz équivaut à une reconnaissance de sa souveraineté sur ces eaux, ce que les Américains refusent catégoriquement.

Un calendrier encore flou

Si les discussions progressent, aucun calendrier précis n’a été dévoilé à ce stade. Les deux parties semblent vouloir éviter les erreurs du passé, où des accords étaient signés avant d’être abandonnés ou violés. « L’Iran et les États-Unis ont appris à leurs dépens que la prudence est de mise », explique un observateur basé à Beyrouth. Pour l’instant, les négociations se poursuivent en coulisses, sans annonce officielle majeure.

Côté iranien, la prudence domine. Les autorités de Téhéran, souvent critiquées pour leur manque de transparence, insistent sur le fait que « rien n’est encore gravé dans le marbre ». Une déclaration qui vise autant à rassurer la population qu’à maintenir la pression sur les États-Unis, perçus comme un partenaire peu fiable. « Nous avançons, mais chaque étape doit être validée », a précisé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, sans donner plus de détails.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une accélération des discussions, avec une possible rencontre entre des représentants iraniens et américains dans un pays tiers, comme Oman ou la Suisse. Si un accord final était trouvé, il pourrait être signé d’ici la fin de l’année, selon des sources diplomatiques. Cependant, son application dépendrait largement de la capacité des deux camps à faire des concessions sur les dossiers sensibles. « Tout reste possible, mais tout reste aussi à négocier », résume un analyste.

En attendant, la région reste sous haute surveillance. Une stabilisation durable dépendrait non seulement de l’issue des pourparlers, mais aussi de la capacité des acteurs régionaux à respecter leurs engagements. « Le Moyen-Orient n’a que trop souffert des revirements diplomatiques », rappelle un éditorialiste. Pour l’heure, l’espoir d’un dénouement pacifique l’emporte sur les craintes d’un nouvel échec.

Les deux principaux points de blocage restent le programme nucléaire iranien, pour lequel Washington exige des garanties strictes, et la sécurité dans le détroit d’Ormuz, où les exigences américaines en matière de liberté de navigation s’opposent aux revendications iraniennes sur cette voie maritime stratégique.