Le président iranien Massoud Pezeshkian a annoncé lundi 1er juin 2026 que la République islamique faciliterait le transit des navires japonais dans le détroit d’Ormuz, selon Le Figaro. Cette déclaration intervient alors que le passage y est quasi bloqué depuis le 28 février, date du début de l’offensive déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Ce qu'il faut retenir
- Le président iranien Massoud Pezeshkian a promis un passage facilité aux navires japonais dans le détroit d’Ormuz, quasi bloqué depuis le 28 février.
- Cette annonce intervient lors d’un échange avec la première ministre japonaise Sanae Takaichi.
- Le Japon dépend à plus de 80 % de ce détroit pour ses importations de pétrole.
- L’Iran conditionne cette ouverture à une neutralité des pays dans le conflit en cours.
Lors d’un entretien avec la première ministre japonaise Sanae Takaichi, Massoud Pezeshkian a réaffirmé que « la République islamique d’Iran est pleinement disposée à faciliter le trafic maritime » dans ce point de passage stratégique. Le président iranien a également précisé que son pays « s’efforcerait d’assurer un passage aisé et sans encombre aux navires japonais », une mesure susceptible de soulager Tokyo, dont l’économie repose en grande partie sur les importations de pétrole transitant par cette voie.
Selon Le Figaro, cette proposition iranienne survient dans un contexte de tensions régionales accrues depuis le début du conflit le 28 février. Depuis cette date, l’Iran a multiplié les actions de blocage ou de contrôle dans le détroit d’Ormuz, où transite près d’un tiers du trafic pétrolier mondial. Pour le Japon, ce détroit représente une artère vitale : plus de 80 % de ses importations de pétrole en dépendent. Une interruption prolongée des livraisons pourrait avoir des répercussions majeures sur son économie et ses approvisionnements énergétiques.
Massoud Pezeshkian a également souligné que cette ouverture était conditionnée à la neutralité des pays concernés dans le conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël. « Nous attendons des pays qu’ils ne soutiennent pas les actions hostiles menées contre la République islamique », a-t-il déclaré, sans préciser quelles mesures concrètes seraient prises en cas de non-respect de cette condition.
Cette initiative diplomatique intervient alors que les relations entre l’Iran et plusieurs pays asiatiques, dont le Japon, restent sous haute surveillance. Tokyo, traditionnellement modéré dans ses prises de position sur le dossier iranien, a vu ses marges de manœuvre se réduire depuis le début des hostilités. Le gouvernement japonais a jusqu’ici cherché à préserver un équilibre entre ses alliances stratégiques avec les États-Unis et ses intérêts économiques en Iran, où il entretient des relations commerciales significatives.
Un détroit au cœur des tensions régionales
Le détroit d’Ormuz, large de seulement 54 kilomètres à son point le plus étroit, est l’un des passages maritimes les plus surveillés au monde. Il relie le golfe Persique au golfe d’Oman et constitue une route essentielle pour l’exportation du pétrole en provenance des monarchies du Golfe. Depuis le 28 février, l’Iran y a intensifié ses contrôles, invoquant des raisons de sécurité nationale. Plusieurs navires étrangers, notamment américains et israéliens, ont été interceptés ou retardés, ce qui a provoqué des tensions avec les puissances occidentales et leurs alliés.
Pour le Japon, l’enjeu est double. D’une part, éviter une rupture de ses approvisionnements énergétiques, qui pourraient peser sur sa croissance déjà ralentie par une inflation persistante. D’autre part, préserver ses relations avec Téhéran, où plusieurs entreprises japonaises sont implantées dans les secteurs de l’automobile, de l’énergie et des infrastructures. Une fermeture prolongée du détroit aurait des conséquences directes sur les prix à la pompe et la compétitivité de l’archipel.
Une manœuvre stratégique ou une ouverture sincère ?
Les analystes s’interrogent sur la portée réelle de cette annonce iranienne. Certains y voient une tentative de diviser les pays asiatiques, déjà divisés sur la question du conflit. D’autres estiment qu’il s’agit d’une manœuvre pour obtenir un soutien économique ou politique de Tokyo, alors que l’Iran subit des sanctions internationales renforcées depuis le début des hostilités.
Selon Le Figaro, Massoud Pezeshkian a également profité de cet entretien pour appeler les pays musulmans à rompre leurs relations avec Israël. Une déclaration qui rappelle la position historique de l’Iran sur le conflit israélo-palestinien, mais qui pourrait compliquer davantage la position du Japon, allié de Washington et de Tel-Aviv.
Quoi qu’il en soit, cette initiative rappelle que le détroit d’Ormuz reste un nœud gordien des relations internationales. Toute perturbation prolongée dans cette zone pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la région, affectant les marchés énergétiques mondiaux et les équilibres géostratégiques en Asie.
Le Japon importe près de 80 % de son pétrole via le détroit d’Ormuz, car les principales routes alternatives, comme celles passant par l’Afrique ou l’Amérique du Sud, sont plus longues et plus coûteuses. Ce détroit est la voie la plus directe pour recevoir du pétrole en provenance du Moyen-Orient, une région clé pour les approvisionnements énergétiques japonais.